
Chère lectrice, cher lecteur,
Mardi 23 juin, onze heures trente. La façade du ministère du Tourisme à Hamra garde les traces timides d’une gloire passée et m’intimide encore.
Il est bientôt midi, la salle Leila el-Solh Hamadé se remplit peu à peu. Des visages familiers arrivent, mus par une passion commune : la cuisine libanaise. Ce jour-là, ils sont réunis autour d’Anissa Helou, venue lancer son dernier ouvrage : « Lebanon : Cooking the Food of My Homeland » pour lequel elle a obtenu le « Lifetime Achievement Award du Guild of Food Writers ». Ils se connaissent, s’apprécient et partagent à la fois l’amour de la terre et de son goût, irremplaçable.
Rien ne les a découragés, ni les embouteillages fous, ni l’absence d’air conditionné pour cause de « black-out général de l’électricité » comme l’a précisé, navrée, la ministre Laura Lahoud. Ils sont là, chefs, cuisiniers du dimanche, gourmands, journalistes, venus écouter des histoires de rencontres, de patrimoine, de terroirs. Cette résistance culinaire et de qualité que nous tentons tous de poursuivre, partager et pour certains, exporter.
Il se trouve que je modérais cette rencontre. Trouver des questions -dans un anglais francophone - qui parlaient d’émotion, d’enfance, de transmission était pour moi essentiel, loin des prévisibles : « Pourquoi ce livre ? » « Combien de pages ? « Combien de recettes ? ».
Le plaisir, immense, d’un moment d’échanges riche de confidences murmurées, est venu confirmer une fois de plus que la cuisine réconcilie les Libanais entre eux, elle les réconcilie avec leur exil, leur retour. Elle console leur nostalgie. Et surtout, elle reste ce langage universel qui fait du bien et qui nous représente le mieux. Sans discours superflus, mais avec la juste dose de (bon) goût.
Pour faire vivre un peu plus longtemps ce moment, retrouvez les recettes des chefs présents autour d’Anissa Helou.
Comme les jarrets d'agneau avec oranges, nèfles, grenade et fèves vertes par Hussein Hadid, la siyadieh au tahine de Hoda Baroudi, le cake aux bananes de Caline Chaoul, les beignets de courgettes et fenouil de Walid Mouzannar, Alia et Nicolas Mogabgab, la meringue et son coulis de mûres à l'arak de Karim Arsanios ou encore le cocktail « sour » d’arak et jus de mûre de Pierre Farah.
Des recettes qu’ils ont partagées avec nous pour que nous les partagions avec vous.

(Cheffe) Carla Henoud


Portrait de chef : Bethany Kehdy, la cheffe qui raconte le monde par la cuisine

De Baskinta à Dubaï en passant par Montréal et Londres, Bethany Kehdy explore les liens entre cuisine, histoire et culture. La cheffe s’intéresse moins à la notion d’authenticité qu’aux circulations des ingrédients, des épices, des techniques et des peuples. Car avant d’être cheffe, auteure ou chercheuse culinaire, Bethany Kehdy raconte surtout des histoires.
Ouverture

Dans un contexte où les investissements privés restent rares au Liban, Stir Social House fait le pari du long terme. Fondé par Omar Karam et Rayan Maalouf avec le soutien d’investisseurs privés, ce nouvel établissement de Gemmayzé, installé dans les anciens locaux du Alyas Café Librairie, se transforme au fil de la journée : café de spécialité le matin et l’après-midi, il devient progressivement un cocktail bar en soirée.
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