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LE LIBAN À TABLE
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Les ouvertures au Liban - RESTAURATION

Ouverture de Stir Social House à Gemmayzé

Entre café de spécialité et cocktail, le nouvel établissement a ouvert ses portes début mars en place et lieu de l’ancien Alyas café librairie.

Ouverture de Stir Social House à Gemmayzé

Photo fournie par l'établissement

Dans un contexte où les investissements privés restent rares et prudents au Liban, l’ouverture de nouveaux établissements continue de témoigner de la capacité d’une partie du secteur de la restauration à miser sur le long terme. C’est le pari qu’a fait Stir Social House, un nouvel espace de restauration et de convivialité inauguré début mars sur la rue Gouraud, à Gemmayzé, dans les locaux de l’ancien Alyas.

Derrière le projet se trouvent Omar Karam et son associé principal, Rayan Maalouf, entourés d’un groupe d’investisseurs privés. Ensemble, ils ont mobilisé près d’un million de dollars, coûts opérationnels inclus, pour établir leur groupe et développer ce premier concept,

« Dès le départ, nous avions pris la décision d’investir dans ce pays. C’est notre pays, nous n’en avons qu’un seul et nous voulons lui apporter quelque chose », explique Omar Karam.

L’établissement a ouvert ses portes le 7 mars, avec une journée de retard sur le calendrier initial. Quelques jours auparavant, la nouvelle escalade meurtrière dans la guerre entre le Hezbollah et Israël avait provoqué un climat de forte inquiétude dans le pays, compliquant les derniers préparatifs.

« Ce n’était vraiment pas le bon moment, reconnaissent les partenaires. Mais quand cela s’est produit, nous nous sommes dit que nous devions continuer. Nous ne pouvions pas nous arrêter. »

L’équipe a notamment dû composer avec les difficultés de déplacement de plusieurs employés et membres de la cuisine, certains résidant dans des zones directement affectées par la guerre.

Un concept hybride du matin au soir

Le matin et l’après-midi, l’établissement fonctionne comme un café de spécialité proposant différentes méthodes d’extraction et accueillant une clientèle de travailleurs indépendants, de télétravailleurs et de consommateurs de café haut de gamme. À partir du soir, l’ambiance évolue progressivement vers celle d’un cocktail bar. L’offre de restauration est continue, du petit-déjeuner au dîner, sans interruption de service.

Installé dans un immeuble datant des années 1940, le local dispose d’une capacité standard comprise entre 80 et 85 places assises. Grâce à une configuration flexible et à ses espaces extérieurs, la capacité peut toutefois atteindre 120 personnes lors des périodes de forte affluence. L’établissement emploie entre 20 et 26 personnes réparties entre la salle et la cuisine.

Le ticket moyen varie fortement selon le moment de la journée. Un café accompagné d’un déjeuner représente généralement entre 15 et 20 dollars, tandis qu’un repas du soir avec boissons peut atteindre 40 à 50 dollars par personne. Cette approche se traduit également par une politique tarifaire que l’entrepreneur souhaite maintenir raisonnable malgré la hausse continue des coûts d’exploitation. « Nous voulons démontrer qu’il est possible de faire un bon business tout en gardant des prix raisonnables », souligne Omar Karam.

Pour ses fondateurs, l’ouverture de Stir Social House dépasse la simple logique entrepreneuriale. Durant les semaines marquées par les tensions sécuritaires, l’établissement est resté ouvert malgré une fréquentation parfois insuffisante pour couvrir les coûts d’exploitation. « Certains jours, nous perdions de l’argent, reconnaît le duo. Mais c’était notre façon de résister, notre façon de continuer à vivre dans ce pays. » À plus long terme, les fondateurs envisagent également le développement d’une activité de vente à emporter et d’autres concepts complémentaires.

Dans un secteur de la restauration qui continue d’attirer des capitaux malgré les crises successives, Stir Social House illustre ainsi une tendance observée depuis plusieurs années : celle d’investisseurs locaux qui continuent de miser sur Beyrouth, convaincus que l’activité économique et la consommation finiront par retrouver leur dynamisme. « Si nous opérons ici, ce n’est pas par cupidité, conclut Omar Karam. C’est un message adressé à nous-mêmes, à nos familles, à notre équipe et à nos clients. »



Dans un contexte où les investissements privés restent rares et prudents au Liban, l’ouverture de nouveaux établissements continue de témoigner de la capacité d’une partie du secteur de la restauration à miser sur le long terme. C’est le pari qu’a fait Stir Social House, un nouvel espace de restauration et de convivialité inauguré début mars sur la rue Gouraud, à Gemmayzé, dans...
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