Photo fournie par l'établissement
Derrière le projet, un investissement de plus de deux millions de dollars et une conviction assumée : miser sur Beyrouth à contre-courant. « Nous investissons avec une vision de long terme, sans réagir aux cycles économiques de court terme », affirme Rabih Fakhreddine, à la tête de 7 Management, qui exploite le restaurant en partenariat avec Assaad Group.
Situé au centre-ville, Scalini Beirut occupe un espace de près de 500 mètres carrés, avec 60 places en salle, 85 en terrasse et une équipe d'une cinquantaine de salariés. L'établissement est exploité par Dolce DT SAL, une société créée spécialement pour ce projet afin de « garantir une gouvernance claire, une transparence financière et une gestion efficace des risques », explique son dirigeant.
L'ouverture intervient alors que plusieurs acteurs de la restauration continuent de croire au potentiel du marché libanais, malgré une économie toujours marquée par la crise et les séquelles de la guerre.
Reproduire l'expérience de Londres et Dubaï
Fondé dans le quartier de Chelsea à Londres en 1988, Scalini s'est imposé au fil des décennies comme l'une des références de la cuisine italienne haut de gamme, avant de s'étendre à Dubaï puis dans plusieurs destinations internationales.
L'objectif, insiste Rabih Fakhreddine, n'est pas d'adapter le concept au marché local, mais de reproduire fidèlement l'expérience internationale. « Beyrouth reçoit exactement la même expérience que Londres et Dubaï. Les recettes, les standards de qualité, la philosophie de service et l'expérience client sont identiques. Des équipes du réseau international Scalini nous ont accompagnés afin d'assurer cette cohérence dès le premier jour », explique-t-il.
Le menu reprend ainsi les spécialités emblématiques de la maison : pâtes fraîches faites main, fruits de mer, antipasti, pizzas, classiques italiens et desserts, accompagnés d'une importante carte de vins. Le ticket moyen est estimé à 80 dollars par personne.
Un partenariat entre acteurs locaux et internationaux
Le projet est le fruit d'un partenariat entre 7 Management et Assaad Group, déjà connu pour exploiter Joe & The Juice au Liban et à Chypre. Selon Rabih Fakhreddine, cette alliance combine « une expertise internationale dans l'hôtellerie-restauration et une solide connaissance du marché local ».
Les fonds ont été apportés exclusivement par les actionnaires et partenaires du projet. Le développement de Scalini Beyrouth aura nécessité près de deux années de préparation. «Nous étions convaincus que Beyrouth méritait la même expérience gastronomique internationale. »
Au-delà de ce partenariat, le groupe estime qu'il existait une place à prendre sur le marché. « Beyrouth possède une scène culinaire extrêmement dynamique, mais il lui manquait selon nous une véritable institution italienne disposant d'un héritage, d'une réputation internationale et d'une qualité constante. »
Dans un secteur où nombre d'investisseurs restent prudents, Rabih Fakhreddine revendique une stratégie à contre-courant. « Nous voyons les difficultés actuelles comme une opportunité de participer au renouveau de la ville. Nous croyons dans la résilience du Liban, dans ses talents et dans sa capacité à demeurer l'une des grandes destinations gastronomiques de la région. »
Le groupe table sur un retour sur investissement d'environ trois ans, tout en privilégiant, dit-il, « la construction de la valeur de la marque sur le long terme ».
Surtout, Scalini Beirut ne constitue qu'une première étape. Dans les prochains mois, 7 Management prévoit d'annoncer l'arrivée au Liban d'une nouvelle enseigne internationale de café ainsi que le lancement de plusieurs concepts développés à Dubaï, dont YUBI et Lady Bird.

