#Rétro2018 : les événements marquants à travers dans le monde

De h. en b. et de g. à d., le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, l'homme d'affaires Carlos Ghosn, la salle de presse du Grand Sérail à Beyrouth et le mur frontalier entre le Liban et Israël. Photo d'archives An-Nahar et AFP

rétrospective 2018

De la tension à la frontière sud du Liban sans gouvernement depuis plus de sept mois, à l'affaire Khashoggi, en passant par la chute de Carlos Ghosn...

OLJ/AFP
28/12/2018

La tension à la frontière sud du Liban, toujours sans gouvernement depuis plus de sept mois après les élections législatives, l'ascendant pris par Bachar el-Assad en Syrie et le retrait des troupes US, l'affaire Khashoggi, le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, la chute de Carlos Ghosn : rappel des événements marquants de 2018 au Liban et dans le monde.


Le Liban toujours sans gouvernement

Plus de sept mois après la désignation de Saad Hariri au poste de Premier ministre, le Liban n'a toujours pas de gouvernement, principalement en raison des "nœuds" crées par les revendications de différentes formations politiques chrétiens, druzes et sunnites.  

Ce contretemps, qui met en péril les engagements économiques pris par la communauté internationale lors de la conférence CEDRE, intervient après les élections législatives de mai dernier, les premières depuis 2009, organisées sur le mode de la proportionnelle et auxquelles les Libanais de la diaspora participaient pour la première fois.

Sur un autre plan, le 4 décembre, Israël lance l'opération "Bouclier du Nord" pour détruire des tunnels construits, selon l'Etat hébreu, par le Hezbollah. Ces tunnels, affirme Israël, partent du Liban, traversent la frontière sud et débouchent en territoire israélien. Selon un dernier décompte, l'armée israélienne dit avoir mis au jour cinq tunnels sous la frontière, longue de 80 km, précisant que l'opération allait encore durer quelques semaines.




Victoire d'Assad, mais la Syrie morcelée

Le 14 avril, l'armée annonce la reconquête des territoires rebelles dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas, au terme de deux mois d'un déluge de feu (plus de 1.700 morts) et d'accords d'évacuation imposés aux insurgés.

L'annonce intervient le jour de frappes militaires menées par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, en représailles à une attaque chimique à Douma, dont les Occidentaux accusent le pouvoir, qui nie.

Depuis, le régime de Bachar el-Assad, puissamment soutenu par la Russie, enchaîne les victoires militaires contre rebelles et jihadistes, contrôlant désormais deux tiers du territoire. Mais la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre complexe (plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés), est en ruines et reste un pays morcelé.

Le 19 décembre, le président américain Donald Trump ordonne le retrait prochain des quelque 2.000 militaires américains déployés en Syrie, combattant le groupe Etat islamique aux côtés des Unités de protection du peuple (YPG), l'aile militaire du principal parti kurde syrien. Le président turc Recep Tayyip Erdogan envoie dans les jours suivants des renforts militaires à la frontière entre la Turquie et les régions kurdes syriennes en préparation d'une éventuelle offensive. Après un appel à l'aide des forces kurdes face à ces menaces, l'armée syrienne annonce le 28 décembre son entrée dans la ville-clé de Manbij (nord du pays), à 30 km de la frontière turque. Les YPG affirment s'en être militairement retirés depuis l'été.

Sur le plan diplomatique, les Émirats arabes unis rouvrent le 27 décembre leur ambassade à Damas et le Bahreïn signifie son intention de faire de même, signe d'un possible réchauffement des relations entre les pays arabes et le régime Assad.


Assassinat de Khashoggi


AFP/Mohammed Al-Shaikh


Le 2 octobre, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critique du prince héritier et exilé aux Etats-Unis, disparaît après être entré dans le consulat de son pays à Istanbul. Après avoir nié la disparition de Khashoggi, Riyad reconnaît qu'il a été tué et démembré dans son consulat lors d'une opération "non autorisée". Le meurtre suscite une vague d'indignation mondiale et ternit considérablement l'image de l'Arabie saoudite, dont le prince héritier Mohammad ben Salmane dément toute implication en dépit de nombreuses accusations.

Dans ce sillage, le roi Salmane procède le 27 décembre à un remaniement ministériel, retirant notamment à Adel al-Jubeir la diplomatie qu’il attribue à Ibrahim al-Assaf.


Chute de Carlos Ghosn

Le 19 novembre, Carlos Ghosn, tout-puissant patron du numéro un mondial de l'automobile Renault-Nissan-Mitsubishi, est arrêté à son arrivée au Japon pour soupçon de malversations financières, qu'il nie. Il est destitué par Nissan et par Mitsubishi Motors. Il est inculpé le 10 décembre pour dissimulation de revenus sur cinq ans et sa garde à vue est prolongée.

Alors qu'il espérait pourtant être libéré sous caution fin décembre, l'homme d'affaires franco-libano-brésilien de 64 ans est sous le coup d'un nouveau mandat d'arrêt, le troisième, sur des charges supplémentaires concernant cette fois l'abus de confiance. Le 23 décembre, la justice décide de prolonger sa détention jusqu'au 1er janvier, avec possibilité d'extension de 10 jours supplémentaires.





Trump se retire de l'accord avec l'Iran

Le 8 mai, Donald Trump annonce le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire signé en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances, pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique, et le rétablissement des sanctions contre ce pays et les entreprises ayant des liens avec lui.

Le président américain reproche à l'accord d'être trop laxiste sur le volet nucléaire, et de ne pas englober les missiles balistiques de Téhéran, ni ses interventions directes ou indirectes dans plusieurs conflits régionaux, comme en Syrie ou au Yémen.

Le 5 novembre, après une première série de sanctions économiques en août, Washington rétablit des mesures punitives contre les secteurs pétrolier et financier iraniens, vitaux pour le pays.


Hodeida, principal front au Yémen

Le 13 juin, les forces progouvernementales, appuyées par les Saoudiens et les Emiratis, lancent l'assaut contre les rebelles houthis à Hodeida, principal point d'entrée de l'aide humanitaire au Yémen.

Le conflit armé qui oppose depuis 2014 le gouvernement, soutenu par Riyad, aux rebelles appuyés par Téhéran a fait au moins 10.000 morts et menace jusqu'à 20 millions de personnes de famine.

Début décembre, des consultations politiques inter-yéménites sont organisées en Suède par le nouveau médiateur de l'ONU, en poste depuis février. Après une semaine de consultations, les deux parties se mettent d’accord sur un cessez-le-feu à Hodeida et sur le retrait des troupes loyalistes et rebelles de la ville et trois de ses ports-clés. La trêve reste toutefois fragile, les deux protagonistes s'accusant de ne pas la respecter.




Ambassade américaine à Jérusalem

Le 14 mai, l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, qui entérine la reconnaissance par les Etats-Unis de la ville comme capitale d'Israël, se traduit par un bain de sang dans la bande de Gaza: une soixantaine de Palestiniens sont tués par des tirs israéliens.

Les tensions sont exacerbées depuis le début, le 30 mars, de "la grande marche du retour", caractérisée par des manifestations de Gazaouis le long de la frontière avec Israël.


Crise des "gilets jaunes" en France


Des manifestants du mouvement des gilets jaunes sur les Champs-Elysées, à Paris, le 24 novembre 2018. AFP / Lucas BARIOULET



Le 17 novembre, les "gilets jaunes", qui tirent leur nom du gilet fluorescent que doit posséder chaque automobiliste, lancent leur première journée de mobilisation contre une hausse prévue des prix du carburant et la baisse du pouvoir d'achat.

Pendant plusieurs semaines, les manifestants organisent des blocages de routes sur tout le territoire. Le mouvement est marqué par des violences, voire des scènes de guérilla urbaine à Paris et dans plusieurs grandes villes.

Après avoir annulé la hausse sur les carburants, le président Emmanuel Macron annonce le 10 décembre plusieurs mesures sociales pour tenter d'apaiser la colère.

Le mouvement crée des émules en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, notamment au Liban, où plusieurs manifestations contre les conditions de vie difficiles et la corruption sont organisées.


Sommet Trump-Kim


Kim Jong-un et Donald Trump échangent leur première poignée de main, le 12 juin 2018 à Singapour. SAUL LOEB / AFP


Le 12 juin, Donald Trump et Kim Jong Un se rencontrent lors d'un sommet à Singapour et signent un document dans lequel le dirigeant nord-coréen s'engage sur une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne".

Dès février, les deux Corées ont ouvert la voie à un réchauffement diplomatique, en permettant l'envoi au Sud d'une délégation du Nord pour les jeux Olympiques d'hiver 2018. Et en avril, Pyongyang a annoncé la fin des essais nucléaires et des tests de missiles intercontinentaux. Mais les négociations sur le programme nucléaire nord-coréen marquent depuis le pas.


L'UE et Londres scellent l'accord de divorce

Le 25 novembre, l'Union européenne et le Royaume-Uni scellent un accord de divorce historique, après 17 mois d'âpres négociations.

Mais le 10 décembre, la Première ministre Theresa May annonce le report du vote sur l'accord prévu le lendemain au Parlement, en raison des profondes divisions des parlementaires et par crainte d'une probable défaite. Le 12 décembre, elle réchappe à un vote de défiance organisé par son propre parti conservateur.


Poussée démocrate aux États-Unis

Le 6 novembre, les élections de mi-mandat font basculer la Chambre des représentants dans le camp démocrate, mais renforcent la majorité républicaine au Sénat.

La fin de campagne a été endeuillée par la pire attaque antisémite de l'histoire du pays (onze morts dans une synagogue de Pittsburgh) et secouée par l'envoi de colis piégés à de hautes personnalités démocrates. Elle a été aussi marquée par des images de milliers de migrants marchant depuis le Honduras vers la frontière mexico-américaine.


L'affaire Skripal

Le 4 mars, l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia sont retrouvés inconscients à Salisbury (sud de l'Angleterre), empoisonnés par un agent innervant hautement toxique, le Novitchok. Ils sont hospitalisés dans un état critique pendant plusieurs semaines.

Londres met en cause les services de renseignement militaire russes, le GRU, et lance un mandat d'arrêt européen contre deux Russes soupçonnés d'avoir perpétré l'attaque. La Russie dément toute implication.

L'affaire provoque une grave crise diplomatique entre Moscou et les Occidentaux, et aboutit à une vague d'expulsions réciproques de diplomates ainsi qu'à de nouvelles sanctions contre la Russie.

En juin, deux autres personnes sont contaminées au Novitchok et hospitalisées à Salisbury. L'une d'elles décède.


Virage à l'extrême droite pour le Brésil

Le 28 octobre, le Brésil, plus grand pays d'Amérique latine, bascule dans l'extrême droite avec l'élection du très controversé Jair Bolsonaro, plus de 30 ans après la fin de la dictature.

La campagne a été alimentée par des discours de haine et émaillée de violences, Jair Bolsonaro lui-même ayant été victime d'un attentat à l'arme blanche en septembre.


Les populistes au pouvoir en Italie

Le 1er juin, le nouveau chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, prête serment, ainsi que ses deux vice-Premiers ministres, Luigi Di Maio du Mouvement 5 Etoiles (M5S antisystème) et Matteo Salvini de la Ligue (extrême droite), ministre de l'Intérieur.

Ce dernier va notamment bloquer les ports italiens aux navires humanitaires secourant des migrants en Méditerranée.

Déjà, en avril, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, icône des droites populistes européennes, qui avait fait du rejet de l'immigration l'axe de sa campagne électorale, est sorti renforcé de l'écrasante victoire de son parti aux législatives.


Détente dans la Corne de l'Afrique

Le 9 juillet, l'Érythrée et l'Éthiopie signent une "déclaration conjointe de paix et d'amitié", après vingt ans d'état de guerre.

Ce rapprochement, sous la houlette de l'Arabie saoudite, permet la réouverture des ambassades à Asmara et Addis Abeba et conduit à un apaisement des relations de l'Erythrée avec Djibouti.

Le 30 juillet, la Somalie et l'Érythrée, longtemps accusée de soutenir les islamistes shebab somaliens, rétablissent des liens diplomatiques. En novembre, l'ONU lève les sanctions pesant sur l'Erythrée depuis 2009.


Les "enfants de la grotte" en Thaïlande

Le 10 juillet, les derniers des 13 membres d'une équipe de football junior, piégés pendant 17 jours dans une grotte inondée en Thaïlande, sont évacués lors d'une opération de secours internationale, extrêmement compliquée et qui coûte la vie à un sauveteur thaïlandais, sous les objectifs des médias du monde entier.


Records de chaleur et incendies

En juillet-août, l'Europe suffoque sous la canicule, qui s'accompagne de feux de forêt meurtriers en Grèce, au Portugal et en Espagne. L'Asie et l'Ouest américain sont aussi frappés par des vagues de chaleur. La Californie, victime de sécheresse chronique depuis plusieurs années, connaît aussi plusieurs incendies meurtriers.

Selon l'ONU, l'année 2018 "devrait être l'une des quatre les plus chaudes jamais enregistrées. Les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère sont à un niveau record et les émissions continuent à augmenter".



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