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"Gilets jaunes": la nouvelle fronde populaire anti-Macron ternie par un accident mortel

France

Une manifestante est décédée dans les Alpes françaises après avoir été heurtée par une voiture dont la conductrice a été prise de panique à un barrage organisé par ces "gilets jaunes".

OLJ/AFP
17/11/2018

Des accidents, dont un mortel, ont entaché samedi le mouvement des "gilets jaunes", fronde populaire contre Emmanuel Macron déclenchée par la hausse des taxes sur les carburants, qui a rassemblé plus de 100.000 manifestants perturbant la circulation à travers la France.
Une manifestante est morte dans les Alpes françaises après avoir été heurtée par une voiture dont la conductrice a été prise de panique à un barrage organisé par ces "gilets jaunes", en référence aux vestes que tout automobiliste doit détenir dans sa voiture afin de le rendre visible en cas d'accident. D'autres incidents ont fait 47 blessés, dont trois graves.

Quelques échauffourées ont par ailleurs eu lieu avec les forces de l'ordre ou entre "gilets jaunes" et usagers de la route non manifestants.

Le ministère de l'Intérieur a estimé à plus de 2.000 le nombre de rassemblements, mobilisant 124.000 personnes. Le pays n'était pas paralysé, objectif revendiqué des "gilets jaunes", mais certaines autoroutes ont été totalement bloquées, comme l'A63 entre la France et l'Espagne.
Les chiffres officiels de participation ont été vivement contestés. Guillaume Peltier, vice-président des Républicains (droite), a dénoncé une "manipulation des chiffres" visant à "minimiser l'immense colère populaire".
"Le gouvernement annonce 2.000 rassemblements et 124.000 participants. Faites le calcul: cela fait une moyenne de 62 personnes par rassemblement. Je vous invite donc à publier toutes vos photos de rassemblements pour montrer le nombre", a tancé Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la gauche radicale.


(Pour mémoire : France : grève et manifestations des fonctionnaires, pour leur statut et les services publics)


"Nous sommes là, c'est le peuple. Nous, les petits ouvriers, on ne peut plus vivre", tempête Evelyne Raliere Binet, bloquant une autoroute dans le Jura (est) où une banderole lançait le "SOS d'une nation en détresse".

A Paris, les Champs-Elysées ont été partiellement fermés par la police afin d'éviter que les manifestants puissent y marcher, comme ils l'avaient voulu.

Les "gilets jaunes" entendent protester contre la hausse des taxes sur les carburants, une fiscalité écologique, mais également contre la politique "injuste" du gouvernement qui grèverait le pouvoir d'achat.

Visiblement fébrile face à ce mouvement apolitique et asyndical, et donc à l'ampleur difficile à prévoir, le gouvernement a ces derniers jours multiplié caresses et menaces. "On peut manifester" mais bloquer un pays n'est "pas acceptable", a répété vendredi le Premier ministre Edouard Philippe.
Mercredi, le gouvernement annonçait une hausse des aides aux plus modestes pour changer de véhicules et payer leurs factures d'énergie. Le même jour, Emmanuel Macron tentait un mea culpa inédit, admettant ne pas avoir "réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants", pourtant une promesse de campagne phare du président.


(Pour mémoire : Plusieurs universités bloquées en France)


"Mécontentement général" 
Ce mouvement de contestation intervient après une année difficile pour le président, avec des manifestations qui se sont multipliées contre son vaste programme de "transformation" de la France, sans cependant réussir à stopper la locomotive réformatrice. La popularité de M. Macron, sous les 30%, est la plus basse depuis son élection en 2017. Les "gilets jaunes" sont en revanche, eux, soutenus par 73% des Français, selon le sondeur Elabe. "54% des électeurs de Macron soutiennent ou ont de la sympathie pour ce mouvement. Ce n'est pas anodin", souligne Vincent Thibault, chargé d'études à l'institut.
"C'est d'ores et déjà un succès en termes d'opinion", en conclut pour l'AFP Jérôme Sainte-Marie, président de PollingVox, autre institut de sondage.

"Qu'ils soient quelques milliers ou plusieurs millions, qu'ils parviennent ou non à bloquer le pays, les gilets jaunes ont gagné", estime le quotidien Le Parisien. "Ils ont rappelé à nos dirigeants que (...) la fiscalité écologique (...) est vouée à l'échec si elle néglige la réalité quotidienne de ceux qu'elle est censée aider".

Pour Jérôme Sainte-Marie, "Emmanuel Macron est en grande difficulté face à ce peuple central, ce Français moyen, qui n'a pas l'impression d'être aimé par Macron: il incarne une forme d'élite parisienne, sociale et intellectuelle".
"L'image de président des riches, c'est encore très présent. Il a du mal a s'en défaire", résume Vincent Thibault.

Fédérant mécontentements et frustrations, le mouvement des "gilets jaunes" est également "la conséquence d'accusations, l'accumulation incessante de petites phrases, comme quand il avait parlé des +gens qui ne sont rien+", juge M. Sainte-Marie en référence à une des saillies dont le président Macron est coutumier. "Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien", avait-il dit en juillet 2017, suscitant un vif émoi.

La hausse du prix de l'essence n'est ainsi qu'un "élément déclencheur", note Vincent Thibault: "Le mécontentement est plus général". 


Pour mémoire

Contestations sociales : Macron "entend les inquiétudes" mais va continuer à réformer

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Sarkis Serge Tateossian

Macron : Je vous entends mais je vais continuer à "reformer".
C'est à dire

Je vous entends, mais je ne vous ecoute pas.

C'est aussi une manière de gouverner....
Chacun appréciera.

ON DIT QUOI ?

J'ai l'impression que depuis le tweet du clown américain Il y a une fatwa anti macron.

Ça rappelle la mise à mort d'un certain "puissant" héritier tortionnaire charcutier.

On assisterai sans doute à une nouvelle forme de message du cirque en voyant le pouce de Jules César dirigé vers le bas.

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