France

#Rétro2018 : l'année des premières épreuves pour Macron

En 2018, "il y aura des difficultés, il y aura sans doute des choses que nous n'avons pas prévues" : le chef de l'État ne croyait pas si bien dire en présentant ses vœux aux Français le 31 décembre 2017.


Le président français Emmanuel Macron, lors d'une conférence de presse à l'Elysée, le 17 décembre 2018. AFP / POOL / BENOIT TESSIER

L'euphorie des débuts s'est évanouie. Elle a fait place au marasme pour Emmanuel Macron et son "nouveau monde" qui finissent l'année 2018, affaiblis par une succession d'épreuves, de l'affaire Benalla à la crise des "gilets jaunes".

En 2018, "il y aura des difficultés, il y aura sans doute des choses que nous n'avons pas prévues" : le chef de l'État ne croyait pas si bien dire en présentant ses vœux aux Français le 31 décembre 2017.

Emmanuel Macron affirmait alors que les "transformations" engagées depuis son élection en mai 2017 se poursuivraient "avec la même force" en 2018. "Toujours à la fin, je ferai", assurait ce jeune président qui venait de fêter ses 40 ans.

Mais les premières alertes ne vont pas tarder. L'annonce des 80 km/h, portée par le Premier ministre Édouard Philippe, fait grincer les dents en milieu rural. Puis l'incompréhension grandit avec l'augmentation de la CSG pour les retraités, une décision assumée pour que "le travail paie davantage". Ce dépit, Emmanuel Macron ne cessera alors d'y être confronté lors de ses déplacements en province, où il est systématiquement interpellé par des retraités. "On nous a vraiment pompés!", lui lance une femme en mars en Touraine.

Au printemps, l'exécutif engage un nouveau bras de fer avec les syndicats, surtout la CGT, sur le dossier explosif du statut de la SNCF. Après un marathon de 36 jours de grève par épisodes de deux jours, il en sort gagnant: le 27 juin, la loi est promulguée.

L'été débute dans l'euphorie de la victoire des Bleus au Mondial de foot à Moscou le 15 juillet. La photo d'Emmanuel Macron, extatique, les bras en l'air, fait le tour du monde.

Patatras, trois jours plus tard, éclate la première grande crise du quinquennat, lorsque Le Monde révèle qu'Alexandre Benalla, proche conseiller du président, a frappé un jeune homme en marge des manifestations du 1er mai. "Scandale d'État", crient les oppositions. L'Élysée est tétanisée durant plusieurs jours jusqu'à ce que Emmanuel Macron déclare, bravache: "Qu'ils viennent me chercher!". L'affaire "alimente la perception d'une gestion autocratique du pouvoir et d'un comportement arrogant", commente alors Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondages Harris Interactive.



(Pour mémoire : L'exécutif de nouveau sur le gril dans l'affaire Benalla)


"Aidez-moi!"
Depuis cet "été maudit", les revers s'accumulent pour Emmanuel Macron. Qui voit partir, impuissant, deux piliers de son gouvernement: l'écologiste Nicolas Hulot à la fin août, puis, un mois plus tard, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, "macroniste de la première heure", qui met en cause "l'hubris" isolant le président.

"Aidez-moi!", lance le chef de l'État fin septembre aux Antilles, en reconnaissant des erreurs sur son style, sur fond de sondages qui dégringolent. Mais rien n'y fait et la montée des colères culmine avec le mouvement inédit et populaire des "gilets jaunes". Qui oblige l'exécutif à reculer pour la première fois. "La jacquerie des gilets jaunes marque la fin de l'innocence" pour Emmanuel Macron "qui paie cher son audace et son impétuosité", résume le journaliste Alain Duhamel dans Libération.



(Pour mémoire : "Gilets jaunes": Macron fait des concessions pour déminer la crise)


Le chef de l'État a beau appeler à la patience, il paie également le manque de résultats économiques et sociaux : la croissance se traîne et le chômage recule peu.

Sur le plan international, l'image de la France s'est améliorée mais l'aura d'Emmanuel Macron s'est ternie. En témoigne le rafraîchissement de ses relations avec Donald Trump, qui le défie ouvertement dans des tweets.

Très forte il y a un an, son image de "sauveur de l'Union européenne" a fané et il se retrouve seul face aux dirigeants populistes, comme l'Italien Matteo Salvini. Il continue toutefois à consacrer beaucoup d'énergie à rallier "les progressistes" pour contrer "les nationalistes" aux élections européennes de mai 2019.

Son autre priorité internationale reste la lutte contre les jihadistes au Sahel dans un contexte de menace persistante du terrorisme en France, illustrée par l'attaque à Strasbourg. Emmanuel Macron devrait d'ailleurs se rendre auprès des soldats de l'opération Barkhane au Tchad en fin d'année.


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L'euphorie des débuts s'est évanouie. Elle a fait place au marasme pour Emmanuel Macron et son "nouveau monde" qui finissent l'année 2018, affaiblis par une succession d'épreuves, de l'affaire Benalla à la crise des "gilets jaunes".

En 2018, "il y aura des difficultés, il y aura sans doute des choses que nous n'avons pas prévues" : le chef de l'État ne croyait pas si bien...

commentaires (1)

De plus en plus les médias acquis à la macronie, essayent DE dévier le mouvement des gilets jaunes vers quelque chose d'antisémite, en nous rabachant les oreilles avec la " quenelle" de Dieudonné. Un vrai marqueur que ce président/produit des groupes financier et bancaire est aux abois. Finira-t-il l'année 2019 ?

FRIK-A-FRAK

14 h 47, le 26 décembre 2018

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Commentaires (1)

  • De plus en plus les médias acquis à la macronie, essayent DE dévier le mouvement des gilets jaunes vers quelque chose d'antisémite, en nous rabachant les oreilles avec la " quenelle" de Dieudonné. Un vrai marqueur que ce président/produit des groupes financier et bancaire est aux abois. Finira-t-il l'année 2019 ?

    FRIK-A-FRAK

    14 h 47, le 26 décembre 2018