
Chère lectrice, cher lecteur,
Un dimanche comme les autres, ou presque. Déjeuner en famille, ou presque. Quelques amis se glissent et nous devenons une grande famille. Libanaise. Destination : un restaurant « arabe », en montagne. Chez nous au Liban, rien ne se passe comme ailleurs.
35 minutes de trajet plus tard, il est presque 14 heures. À peine arrivés, le voiturier, cigarette au bec, alors que votre voiture sent la lavande, se précipite pour vous donner votre petit ticket tout en précisant, quand vous lui lancez « combien » : « Ad ma betridé », « Autant que vous voulez ». Avant d’exiger ses 600 000 livres libanaises.
Notre table est bien placée, nous sommes des habitués. Les amandes baignant dans l’eau glacée, la bouteille d’eau, les cacahuètes sont déjà là. Les discussions commencent tandis que les « garçons », que nous appelons par leur prénom, servent ce que nous aimons : la salade de tomates jabalié, les frites, deux hommos, deux moutabbal, le taboulé sans bourgoul pour moi, les ras asfour, saucisses, soujouk, djeij, lahem mechoué, pour les autres. Le pain arrive à peine sorti du four, l’arak « baladé » est servi « telt btelten ». Entre discussions politiques et personnelles, souvenirs, regrets sans remords, le repas se déroule joyeusement. Les assiettes et les plats - pour certains encore pleins - sont retirés. Une fois de plus, nous avons eu les yeux plus gros que le ventre.
Vient alors une sélection de fruits de saison « on the house », de halawé et de loukoums avec l’incontournable biscuit Gandour, en même temps que le cliquetis des tasses se fait entendre, douce musique accompagnée de cet inoubliable parfum de café à la cardamome. Abou Ali, son sarouel et son sourire, nous sert son café avec tact et talent, dans une chorégraphie dont on ne se lassera jamais. Et nous repartons, quelques instants plus tard, sûrs de revenir revivre cet instant à l’identique. Ou presque.

(Cheffe) Carla Henoud
Notre sélection de recettes « Plus c’est long, plus c’est bon » :

Portrait de chef : Chez Téta Marie à Nice, le Liban se partage
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Sortir à Beyrouth : Ardo : des assiettes à partager et une clientèle de quartier à Saint-Nicolas
Une adresse de quartier, à Beyrouth, où l’on peut venir boire un verre, manger quelques assiettes à partager ou s’attabler pour un dîner : voilà ce que propose le restaurant Ardo, qui a ouvert ses portes en septembre dans le quartier de Saint-Nicolas à Achrafieh.




