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Lifestyle - Dans la peau d’une femme

Viviane Debbas, engagée contre la maltraitance des enfants

C'est en voyant un de ses petits-fils, Roby, accepter de faire ce qu'elle lui demandait après avoir obtenu un bonbon, que Viviane Audi Debbas a pris conscience de la facilité d'attirer un enfant dans le piège de la pédophilie avec quelques friandises. Plutôt que de vivre dans cette angoisse pour ceux qu'elle aime, elle a consulté une amie suisse ayant une ONG appelée « Innocence en danger » et elle a fondé en 2009 Himaya, une association qui lutte contre la maltraitance des enfants et surtout contre les agressions pédophiles.
Ce n'était certes pas sa première association sociale car, depuis longtemps, Viviane Debbas est impliquée dans ce domaine. Ayant connu de près la sœur Marie Abel, une religieuse miraculée de saint Charbel, morte il y a 20 ans, Viviane a construit, avec un groupe d'amis, un centre à Baabdate à la demande de cette dernière pour accueillir les enfants qui présentent des cas sociaux. Le centre en abrite 35. Mais elle se sentait surtout concernée par la pédophilie, sachant que, selon les statistiques, les enfants ayant été victimes de pédophilie finissent par se droguer, se suicider ou par faire subir à d'autres enfants le traumatisme qu'ils ont eux-mêmes vécu.


Avec l'aide de Pierre Issa, d'arcenciel, Himaya est donc née et n'a cessé de se développer. L'association a commencé à fonctionner avec une assistante sociale, un psychologue et un psychiatre, puis elle s'est agrandie, s'étendant à plusieurs centres à Beyrouth, Chiyah, Tripoli et Zghorta. Himaya fait aussi de la prévention, et ses équipes donnent des conférences dans les écoles publiques et privées pour alerter les enfants sur la pédophilie. L'association est devenue un recours en matière de maltraitance des enfants, au point qu'elle est contactée par les hôpitaux dès qu'ils ont un doute sur le cas d'un enfant. Elle coordonne même son action avec les ministères des Affaires sociales et de la Justice, et a signé des contrats avec l'Unicef pour s'occuper des enfants de réfugiés syriens maltraités en même temps que de Libanais.
Enfant rebelle, qui a été chassée de plusieurs écoles, Viviane Audi Debbas n'a pas oublié le mal-être des adolescents. C'est pourquoi elle a voulu concentrer l'action de Himaya sur la tranche d'âge 8-16 ans, parce qu'ils sont fragiles et parce que les associations existantes s'occupent essentiellement des plus jeunes. Son slogan est « Parler au lieu de cacher », car elle est convaincue que le pire ennemi de la maltraitance des enfants c'est le silence des adultes qui dicte celui des victimes.


Souvent d'ailleurs, dans les nombreux cas que Himaya a traités, la mère se tait par peur du scandale et par crainte d'une réaction violente du père, de l'oncle, du grand frère, etc. Il faut donc réussir à mettre en confiance l'enfant ou l'adolescent pour parvenir à dégager la peur et parfois la haine. Il faut aussi apprendre aux enfants à respecter leur corps et à comprendre où on peut les toucher. C'est loin d'être simple. Plus Himaya grandit et plus la responsabilité devient importante. Pour Viviane Debbas, c'est donc un travail non-stop qui lui laisse moins de temps pour sa bijouterie, un écrin de luxe et de bon goût. Pourtant, cette dame qui aurait pu limiter son univers à l'élégance extrême a voulu sciemment côtoyer et tenter de traiter la grande misère des enfants maltraités. Dans les centres de Himaya, ils sont tous les bienvenus, indépendamment de leur confession ou de leur milieu social, car ce qui compte pour Viviane Debbas, c'est l'étendue de leur souffrance et les possibilités de les aider à s'en sortir. « On ne peut pas vivre dans une tour d'ivoire et ne pas voir ce qui se passe autour de nous, dit-elle. Et les enfants sont sans défense. Mais ils sont aussi l'avenir. C'est pourquoi, il faut tenter de les protéger. »

 

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