Rechercher
Rechercher

Société - Justice

Après la diffusion d’une vidéo choc dénonçant la maltraitance des animaux, une militante arrêtée plusieurs heures

L’arrestation a déclenché une vague de solidarité, de nombreux sympathisants estimant que c’est plutôt l’auteur présumé des faits qui aurait dû être interpellé.

Après la diffusion d’une vidéo choc dénonçant la maltraitance des animaux, une militante arrêtée plusieurs heures

Ghina Nahfaoui. Photo tirée de son compte Facebook

L’arrestation pendant plusieurs heures, mardi, d’une militante pour les droits des animaux, Ghina Nahfaoui, pour avoir diffusé une vidéo montrant une voiture traînant sur l’asphalte un chien couché sur son flanc, a suscité un fort émoi et de vives protestations sur les réseaux sociaux. L’activiste avait publié la semaine dernière sur X des images documentant la maltraitance d’un chien dans la localité d’al-Azzouniyé (Aley). Elle avait identifié le conducteur du véhicule comme étant un cheikh druze, qu’elle a fortement fustigé. Ce dernier a alors déposé une plainte contre elle auprès du parquet d’appel de Baabda, l’accusant « de diffamation, d’injures et d’atteinte au sentiment religieux ». Ghina Nahfaoui a alors été convoquée le 15 mai au poste de police de Baabda pour un interrogatoire fixé mardi matin.

Une source judiciaire indique que c’est l’avocat général près le parquet de Baabda, Bilal Halaoui, de permanence ce jour-là, qui a pris connaissance de la plainte et ordonné la convocation de la militante. Au commissariat de police, il a été demandé à Ghina Nahfaoui de supprimer la vidéo et des commentaires jugés offensants, ainsi que le nom du cheikh druze. Ce qu’elle a d’abord refusé de faire. Le juge Halaoui a alors décidé son arrestation, avant de transmettre le dossier au procureur général près la cour d’appel de Baabda, Sami Sader, qui, vers 17h30, a donné l’instruction de la relâcher après qu’elle a finalement accepté de retirer le nom du dignitaire druze et les commentaires générés, sans toutefois supprimer la vidéo montrant le traitement infligé au chien. Une solution que l’avocat de la militante, présent lors de l’interrogatoire, avait suggérée tout au long de la journée. Si, parmi les réactions associées à la vidéo, figuraient celles dénonçant le fait d’« arrêter ceux qui élèvent la voix contre les abus, plutôt que ceux qui les commettent », d’autres ont été plus virulentes, ciblant le cheikh par des insultes comme « enfant de malheur » et « dépourvu d’humanité ».

Le dignitaire druze a assuré ne pas avoir attaché de chien à son véhicule, soutenant qu’il s’agit d’une manœuvre effectuée par un tiers, indique la source précitée. Il a, dans ce cadre, porté plainte contre X, afin que l’auteur des faits soit identifié, ajoute cette source, estimant qu’en l’absence de caméras de surveillance sur les lieux, l’enquête s’avère difficile. Contactée, Ghina Nahfaoui met en doute l’hypothèse d’un piège visant le cheikh druze. Elle indique que, dans certaines localités, les chiens errants sont nombreux et provoquent l’irritation des habitants, qui cherchent parfois à s’en débarrasser de manière expéditive. Selon elle, le cheikh aurait recouru à cette solution en déplaçant le chien dérangeant.

« Pas d’atteinte à un religieux »

Quant aux accusations d’« insultes à un homme religieux » qui figurent dans la plainte contre la militante elle-même, celle-ci les réfute. « Lorsque des vidéos de maltraitance me parviennent, j’en vérifie l’authenticité et je cherche à identifier le lieu où l’incident s’est produit, ainsi que l’auteur du mauvais traitement, notamment grâce à la plaque d’immatriculation du véhicule, le cas échéant », indique-t-elle. « Dans ce cas précis, j’ai simplement signalé l’identité du cheikh, je n’ai pas eu l’intention de porter atteinte à son statut, ni à sa personne », assure-t-elle.

Ghina Nahfaoui a reçu de nombreuses marques de solidarité, notamment du président de l’ordre des vétérinaires, Ihab Chaabane. « Défendre un animal victime de maltraitance et réclamer que l’auteur d’un tel acte soit tenu responsable ne devraient pas devenir une accusation. Il s’agit avant tout d’un acte de violence documenté, moralement et humainement inacceptable, ainsi que du droit de la société à dénoncer les scènes de cruauté envers les animaux », a-t-il déclaré.

La loi sur la protection animale (n° 47/2017) prévoit des amendes variables à l’encontre de toute personne qui « cause de la souffrance à un animal ». Les sanctions peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement dans les cas de cruauté sévère et de torture.

Plutôt que de voir ces sanctions s’appliquer aux contrevenants, c’est donc une militante pour les droits des animaux qui a failli faire l’expérience de la prison. Elle a été menottée pour être conduite dans la cellule de détention du commissariat, avant d’être convaincue in extremis de se conformer aux exigences de la justice. « Si la procédure a été effectuée selon les règles légales, et les agents sécuritaires ont été très corrects, il n’empêche que le fait d’avoir été menottée et que l’intimité de mon corps ait été atteinte lors de la fouille me glacent encore », confie-t-elle.


L’arrestation pendant plusieurs heures, mardi, d’une militante pour les droits des animaux, Ghina Nahfaoui, pour avoir diffusé une vidéo montrant une voiture traînant sur l’asphalte un chien couché sur son flanc, a suscité un fort émoi et de vives protestations sur les réseaux sociaux. L’activiste avait publié la semaine dernière sur X des images documentant la maltraitance d’un chien dans la localité d’al-Azzouniyé (Aley). Elle avait identifié le conducteur du véhicule comme étant un cheikh druze, qu’elle a fortement fustigé. Ce dernier a alors déposé une plainte contre elle auprès du parquet d’appel de Baabda, l’accusant « de diffamation, d’injures et d’atteinte au sentiment religieux ». Ghina Nahfaoui a alors été convoquée le 15 mai au poste de police de Baabda pour un interrogatoire fixé...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut