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Politique - Analyse

Joseph Aoun, ou le chemin de l’« impossible »


Être le président de la République aujourd’hui, c’est devoir choisir entre plusieurs périls. Pourtant, ce n’est pas ainsi que le général imaginait son mandat.

 Joseph Aoun, ou le chemin de l’« impossible »


Le président Joseph Aoun recevant le chef du législatif Nabih Berry au palais de Baabda, en septembre 2025. Photo présidence.

« Mon devoir, en vertu de ma position et de ma responsabilité, est de faire l’impossible – et ce qui est le moins coûteux – pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple. » En prononçant cette phrase, Joseph Aoun n’a pas seulement parlé de la guerre. Il a résumé, en quelques mots, le piège de sa présidence. Car le problème du Liban aujourd’hui n’est plus de savoir quelle est la bonne solution. Mais quelle voie sera la moins dévastatrice.Négocier avec Israël pour tenter d’arrêter la guerre expose le président à un procès en trahison orchestré par le Hezbollah et ses alliés. Refuser d’aller jusqu’au bout – sans les éternelles tergiversations libanaises – condamne le pays à la mort. Affronter le Hezbollah fait peser le risque de l’implosion interne. Mais continuer à le ménager reviendrait à entériner l’échec du projet même sur lequel...
« Mon devoir, en vertu de ma position et de ma responsabilité, est de faire l’impossible – et ce qui est le moins coûteux – pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple. » En prononçant cette phrase, Joseph Aoun n’a pas seulement parlé de la guerre. Il a résumé, en quelques mots, le piège de sa présidence. Car le problème du Liban aujourd’hui n’est plus de savoir quelle est la bonne solution. Mais quelle voie sera la moins dévastatrice.Négocier avec Israël pour tenter d’arrêter la guerre expose le président à un procès en trahison orchestré par le Hezbollah et ses alliés. Refuser d’aller jusqu’au bout – sans les éternelles tergiversations libanaises – condamne le pays à la mort. Affronter le Hezbollah fait peser le risque de l’implosion interne. Mais continuer à le ménager...
commentaires (22)

Nous conaissions toutes les agissements de la milice et ses affiliations 100% iraniennes. Notre Président a eu le mérite d'essayer le dialogue même si c'était voué a l'échec. Maintenant regardons le présent et le futur et avançons. Joseph Aoun et Nawaf Salam seront aussi importants pour notre histoire que B El Khoury et R El Solh s'ils parviennent a aller au bout, rendre a l'état sa véritable souveraineté et entamer le redressement économique. Pour y parvenir ils doivent utiliser n'importe quel moyen y compris une assistance étrangère si besoin tant quelle agit en amie et non en suzerainne.

Liban Libre

09 h 55, le 21 mai 2026

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Commentaires (22)

  • Nous conaissions toutes les agissements de la milice et ses affiliations 100% iraniennes. Notre Président a eu le mérite d'essayer le dialogue même si c'était voué a l'échec. Maintenant regardons le présent et le futur et avançons. Joseph Aoun et Nawaf Salam seront aussi importants pour notre histoire que B El Khoury et R El Solh s'ils parviennent a aller au bout, rendre a l'état sa véritable souveraineté et entamer le redressement économique. Pour y parvenir ils doivent utiliser n'importe quel moyen y compris une assistance étrangère si besoin tant quelle agit en amie et non en suzerainne.

    Liban Libre

    09 h 55, le 21 mai 2026

  • OLJ : SVP ne parlez pas de faire confiance à Nabih Berri. Un enfant de 5 ans exploserait de rire à cette idée. Sur le fond: Il y a des lois. Soit la milice respecte les lois soit il faudra la criminaliser. Les lois sont faites pour etre respectées et le role des institutions (dont le Président et l'armée) est de les faire appliquer. Si hezballah et sa populace ne comprennent pas ça qu'ils vivent seuls dans une partie du Liban qui sera un etat poubelle à eux. Et qu'ils ne demandent pas au reste des libanais de les financer, ni qu'ils utilisent le meme passeport pour trafiquer en toute impunité.

    Moi

    16 h 45, le 20 mai 2026

  • A la mode des zizanies : Hier c’était la faute DE : Iran, HB, Syrie + + (EUX) Ce matin c’est la faute du PRESIDENT ???? Au fait le mieux c’est la faute des ITALIENS…C'est comme cela qu'on construit SON pays

    aliosha

    11 h 29, le 20 mai 2026

  • M. Aoun doit se sentir humilié par le haut perché qui lui a fait croire à une amitié sporadique en le couvrant de mots doux et d’étreintes faussement amicales pour l’endormir, afin de permettre à ses alliés de se remplumer et de lui faire la surprise d’une guerre annoncée que seul notre président n’a pas vu venir. Et ça n’est pas faute de l’avoir prévenu. On se demande toujours si notre président est complice ou victime de ses actes inexplicables pour le commun des mortels. L’avenir nous le dira.

    Sissi zayyat

    10 h 51, le 20 mai 2026

  • IMPOSSIBLE, non ; DIFFICILE, oui. TOUS on peut TOUT. Mettre de côté les ZIZANIES des petits quartiers. Avec les vandales au sud ( à ce stade ..) ON N’a PAS LE TEMPS. On risque gros. Suffit toutes ces explications Historique,« d’un verre à un autre verre ». Qui ETAIT FAUTIF ? On verra cela DEMAIN…

    aliosha

    10 h 50, le 20 mai 2026

  • Une excellente anakyse. Merci Madame Rita Sassine. Je rejoins le point de vue de Madame @ Marie Claude mettre le pays sous mandat d'un pays civilisé , par exemple la France puisque le Liban ne peut pas s'auto-gérer.

    CHALHOUB Liliane

    10 h 47, le 20 mai 2026

  • Mme Sassine vous avez encore trouvé les mots pour expliquer l'inextricable complexité qui nous submerge ! Ce président aura été d'une naïveté surprenante pour croire ce que le vieux du perchoir lui sussurait et ce que le Haykal lui assurait ! Une erreur de jugement inexcusable à ce niveau de responsabilité. Bref ... il peut encore reprendre la main par les négo ... ou laisser Bibi finir le sale boulot ...

    What a Guy !

    10 h 39, le 20 mai 2026

  • Une possible explication à wson inaction: en tant que chef de l'armée, il a pris l'habitude, comme ses prédécesseurs, fe copiner avec la milice, pourtant illégale. Peut-être croyait-il pouvoir convaincre ses "amis" que le saint du pays nécessitait le sacrifice de leur arsenal. Ce qu'il n'avait pas compris, c'est que le salut du Liban, ils n'en avaient rien à f...!

    Yves Prevost

    10 h 29, le 20 mai 2026

  • Excellent article qui en quelques lignes décrit la complexité de notre problème que les politiciens qui se sont succédés ont rendu insolvable et pour cause. Chacun avait intérêt à faire semblant que la présence de cette milice était indispensable pour la protection de notre pays alors qu’elle ne faisait que grignoter sa souveraineté en torpillant ses institutions qui ne profitaient qu’aux seuls politiciens véreux qui y trouvaient leur compte avec les guerres injustifiées pour noyer le poisson. Ils sont toujours là. Un pays ne peut être construit avec des mafieux à sa tête pour le détruire.

    Sissi zayyat

    10 h 03, le 20 mai 2026

  • Suite..Ne pas oublier que HAYKAL a menti… il avait affirmé que le sud du LITANI etait sous son contrôle !!! AOUN était-il de mèche ?? Si oui ? C’est grave. Si non? Pourquoi le garde t-il à son poste? Il représente un danger pour le liban libre. Même actuellement, il avance à pas de tortue. Et encore, la tortue est plus rapide. Il faut qu’il change de conseillers ,qu’il vire Haykal ,qu’il demande l’aide des forces étrangères ONU européens ou US pour assister l’armée sur le terrain dans le désarmement du Hezbollah. Faut qu’il remette en question la doctrine SYR inculquée à l’armée. Post 1992.

    LE FRANCOPHONE

    09 h 52, le 20 mai 2026

  • Il lui a fallu BEAUCOUP de temps pour réaliser ce qu’un enfant de 10 savait dejà:Impossible de libaniser le Hezbollah et le faire revenir dans le giron de l’état.Son incompétence, ses très mauvais conseillers et ce chef de l’armée actuel Haykal ont poursuivi la chute en enfer du Liban.Son incompétence est impardonnable. Combien de fois, à travers ces commentaires dans l’OLJ, nous lui avons demandé de « BOUGER » dans le bon sens? De ne plus cajoler le Hezbollah et Berri? Faut arrêter de le défendre.Même actuellement, il perd du temps en trainant dans les negociations. Tjrs des trains de retard

    LE FRANCOPHONE

    09 h 42, le 20 mai 2026

  • Mission impossible mais pour se donner de meilleures chances, il faut d'abord, ne pas faire cavalier seul mais rallier à sa cause tous ses alliés dans la region et à l'internationale, pays arabes, l'Iran y compris, pays occidentaux, en externe et en interne, convaincre tous les partis, y compris le hzb, sans le diaboliser, de l'approche. ça risque de réussir et si ça échoue, au moins, le président aura mis toutes les chances de son côté. Mais se présenter seul devant Israel et l'Amérique qui imposent leur diktat avec un fusil sur la tempe est aller droit à l'échec ou la capitulation

    MeK

    09 h 29, le 20 mai 2026

  • explication(s) louables peut etre. vraies peut etre mais n'empeche que, comm l'adage dit que NUL N'EST SUPPOSE IGNORER LA LOI, un politicien -surtout au liban- ne peut convaincre les citoyens qu'il ignorait toutes ces verites non pas rattachees au pays, mais faisant partie de ses genes propres. et donc, pas tres excusable.

    L’acidulé

    09 h 23, le 20 mai 2026

  • Merci pour cette excellente analyse! En effect on vit dans une situation complexe ou il faut absolument trancher ce noeud Gordien! Que Dieu protege le Liban!

    Cadmos

    08 h 50, le 20 mai 2026

  • Mille merci mme Sassine pour une excellente et implacable analyse de la situation de tous les dangers dans laquelle se trouvent Joseph Aoun et comme vous le dites si bien notre pays en entier… L’armee, une possibilite de solution ????

    Madi- Skaff josyan

    08 h 49, le 20 mai 2026

  • Vous résumez bien la somme des contradictions dans lesquelles est plongé le Président Aoun. Celui-ci et le Gouvernement libanais vont-ils pouvoir lesquelles surmonter pour permettre enfin à l’état libanais d’exister en tant que tel , souverain dont dépendent les décisions de guerre et paix.

    Ghazal Michel

    08 h 46, le 20 mai 2026

  • "Une conviction : le Hezbollah n’était pas un ennemi". C'est cet aveuglement, difficilement explicable, qui l'a conduit à perdre une année en "dialogue" , pendant que la milice, se houant de lui, en profitait pour se reconstruire. "Voici en somme toute la tragédie de ce sexennat. Joseph Aoun a entamé son mandat en partant d’une logique certes honorable, mais bien plus dangereuse qu’il ne l’imaginait : éviter la rupture. Sauf que cette rupture est peut-être devenue la dernière chance de survie de l’État libanais". Voilà qui résume tout, à ce ci près que le "peut-être" est de trop.

    Yves Prevost

    07 h 52, le 20 mai 2026

  • Superbe madame Rita Sassine comme toujours. Le President Aoun se laisse influencer par les chantages, camoufles en conseils, du Maitre Chanteur chef de milice iranienne et oiseau de mauvais augure perche sur le perchoir legislatif du pays. Ce type convoie sans cesse au Chef de L,ETAT des menaces de guerre civile que le tandem, lui et Kassem, avec la haute instance religieuse chiite prononcent incessament contre les Patriotes Libanais. - Le chef de l,Etat et le P.M. doivent demander aux pays qui combattent le terrorisme une aide militaire en hommes et nmateriaux pour desarmer les ILLICITES.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    07 h 09, le 20 mai 2026

  • Et comment le général J. Aoun imaginait son mandat? Suivre les pas de ses prédécesseurs et continuer à mener le Liban à sa fin? Pour réussir à sauver le pays, il doit laisser Israël faire le travail qu’il ne peut pas réaliser et surtout ne pas faire confiance à Berry.

    Achkar Carlos

    06 h 54, le 20 mai 2026

  • Bof...mettez le Liban sous mandat d un pays civilisé.

    Marie Claude

    06 h 37, le 20 mai 2026

  • Félicitations pour cette analyse parfaite et sa conclusion irrémédiable. Si Aoun veut sauver le pays, il va être obligé d’agir contre ceux qui pour pouvoir exister, font de la paix une trahison, alors que le voisin va bientôt arriver à saida ! Aujourd’hui mieux que demain, car chaque jour il y a de nouveaux déplacés embrigadés qui mettent la faute de leur malheur à l’Etat ! D’ailleurs qui peut garantir que l’après natenyahu sera meilleur pour notre pays ? La réponse est claire, malgré ses défaites humiliantes, la milice d’Iran vit de la guerre et si elle finit, elle aussi sera finie.

    NG

    05 h 43, le 20 mai 2026

  • Waw, excellent article où le noeud gordien est dénoue sur papier, sa complexité clairement expliquée, arguments et contre arguments se font intelligemment face. Bravo “Altro che décryptage” comme diraient les italiens

    Zampano

    03 h 24, le 20 mai 2026

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