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Du début du soulèvement à la démission de Hariri : retour sur 13 jours de révolte inédite au Liban

Repère

Rappel des étapes clés de près de deux semaines de contestation populaire, qui ont amené le Premier ministre Saad Hariri à annoncer mardi la démission de son gouvernement.



OLJ/AFP
29/10/2019


"Chute du régime" 

Le 17 octobre, le gouvernement annonce l'adoption d'une taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie Internet comme WhatsApp dans un contexte de grave crise économique.

Cet impôt de trop a fait exploser la colère des Libanais qui sont aussitôt descendus dans la rue à Beyrouth, dans la banlieue sud, et dans d'autres régions du pays. Ils scandent "le peuple réclame la chute du régime", slogan phare du Printemps arabe, brûlant des pneus et coupant des routes.

Le gouvernement renonce à cette taxe, mais des milliers de personnes manifestent toute la nuit.



Barricades


REUTERS/Mohamed Azakir


Le 18, écoles, universités, banques et institutions publiques ferment.

Le Premier ministre Saad Hariri donne 72 heures à sa coalition gouvernementale pour soutenir ses réformes économiques, accusant des membres de la coalition d'entraver ses efforts.

En soirée, des forces de l'ordre interviennent à coup de gaz lacrymogène pour disperser la foule à Beyrouth. Des dizaines de personnes sont arrêtées.

Le lendemain, des dizaines de milliers de Libanais se rassemblent à Beyrouth, à Tripoli (nord), mais aussi à Tyr (sud), dans le Akkar (nord) et à Baalbeck (est). Plusieurs axes routiers sont bloqués par des barricades dressées par des manifestants ou des pneus et des bennes à ordure incendiés.



"Tous veut dire Tous"


Photo Dalati et Nohra. 



Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, allié de M. Hariri, annonce la démission de ses quatre ministres. Mais le slogan "Tous veut dire Tous" est aussitôt crié par les manifestants, pour exiger le départ de toute la classe politique jugée corrompue et inapte.

Le 20, la mobilisation culmine, avec des centaines de milliers de manifestants dans les rues, du Sud à majorité chiite aux villes chrétiennes, sunnites ou druzes du Nord et de l'Est.

Le lendemain, M. Hariri annonce l'adoption par la coalition de "mesures essentielles et nécessaires" et affirme soutenir la demande des manifestants d'élections anticipées. Mais les appels au départ de toute la classe politique continuent.



 L'armée se déploie



                              AFP / JOSEPH EID



Le 23, des soldats font leur apparition en masse dans les rues pour la première fois, mais les scènes de fraternisation avec la foule se multiplient.

A Nabatiyé (sud), une quinzaine de manifestants sont blessés lors de heurts avec la police soutenue, selon des témoins, par des militants du mouvement chiite Hezbollah et de son allié Amal.

Les chefs des églises chrétiennes ainsi que les clergés sunnite et druze implorent la classe politique de "bien mesurer l'ampleur de l'événement et sa gravité", dans un texte interprété comme un clair soutien aux manifestants.

Le 24, le président Michel Aoun se dit prêt à discuter avec des représentants des manifestants, mais il refuse la démission du gouvernement. Le président appelle à une "remise en question de la situation du gouvernement", affirmant que "ce n'est pas dans la rue qu'on peut changer le système politique".



Heurts



                                  REUTERS/Alkis Konstantinidis



Le 25, plusieurs dizaines de militants du Hezbollah se ruent sur des manifestants à Beyrouth. Les militants du Hezbollah, de plus en plus visibles dans les rues, sont excédés par les slogans visant leur leader Hassan Nasrallah, au même titre que les autres dirigeants.

Hassan Nasrallah appelle ses partisans à se retirer, mais il met en garde contre un "effondrement économique" en cas de "vide" institutionnel. Il affirme aussi que la contestation inédite contre le pouvoir "n'est plus un mouvement populaire spontané".

Des échauffourées éclatent le lendemain entre l'armée et des manifestants près de Tripoli.



Chaîne humaine


                                              Photo AFP 


Le 27, des dizaines de milliers de Libanais forment une chaîne humaine le long de la côte du pays, sur 170 km du nord au sud, une démonstration inédite d'unité.

Le gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé affirme le lendemain à la presse qu'une solution doit être trouvée "dans les prochains jours" pour éviter l'effondrement économique.


Démission


                                    REUTERS/Mohamed Azakir


Le 29, des heurts éclatent à Beyrouth où des dizaines d'assaillants détruisent les tentes érigées par les manifestants. Juste après, Saad Hariri présente sa démission au président de la République. Les manifestants célèbrent dans les rues de tout le Liban la chute du gouvernement, leur première grande victoire face à un pouvoir honni.



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Antoine Sabbagha

ON ne peut que saluer le courage de M.Hariri , bravo .

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