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Nos lecteurs ont la parole

De l’acceptation de soi face aux diktats établis

Avez-vous déjà ressenti cette sensation de claustrophobie pernicieuse qui viendrait non pas de l’environnement extérieur, mais bel et bien d’une sensation immanente

de vous ?

Celle que l’on ressent quand on est amené à faire, dire ou porter quelque chose contre son gré.

Cette sensation qui naît quand nous sommes acculés à un choix inique.

Nous sommes tous différents, c’est un fait. Là est toute la beauté de l’humanité, et c’est là aussi que réside l’intérêt de tout anticonformisme.

Nous, êtres humains, il nous est donné cette chance incroyable d’avoir la capacité de se différencier soit par l’intellect soit par l’apparence et, admettons-le, très souvent par les deux.

Car les deux sont intimement liés; une sorte de « dis-moi comment tu t’habilles et je te dirai qui tu es », ou l’inverse « dis-moi qui tu es et j’aurai une idée assez précise de comment tu aimes à te présenter au monde ».

Le communautarisme revient souvent comme une marotte dans mes pamphlets, ce qui prouve, s’il en était besoin de le dire, son importance et son influence sur chacun de nous en général et sur moi en particulier.

Difficile d’agir ou d’être soi sans prendre en compte la communauté qui nous entoure.

Les codes vestimentaires, les us et coutumes de nos environnements respectifs nous imposent plus ou moins leurs influences.

Influences qui sont quasi inexistantes dans des sociétés au modèle occidental, ou encore plus « libérales », là où seule la mode arrive à imposer tel ou tel critère.

Même si sortir tout nu de chez soi avec un slip sur la tête vous enverrait tout droit faire un séjour gratuit dans un département de haute psychiatrie pour une durée indéterminée.

La liberté oui, mais elle a aussi ses garde-fous, il ne s’agirait pas non plus de faire tout et n’importe quoi, allons donc, il y a des règles !

Et a contrario dans les sociétés plus conservatrices, plus religieuses, plus traditionnelles, les codes sont bien plus nombreux et bien plus invasifs.

Tout est scrupuleusement codifié, rien n’y échappe, hommes, femmes, jeunes gens, jeunes filles, la longueur des vêtements, les bijoux, même le voile a ses propres règles, son port change de forme, son pli diffère selon les années ou l’appartenance à une branche de l’islam, rien n’échappe à l’œil inquisiteur de la communauté.

Me qualifiant moi-même de conservateur, dans le sens de celui qui est attaché aux valeurs plus traditionnelles, celui qui s’oppose à un « tout libéral » et ses dérives, j’ai pourtant moi aussi beaucoup de mal à m’accommoder de ce modèle.

Qui plus est, ici, au Sud-Liban, où je le trouve trop intrusif, trop théocratique, hyperconservateur au point d’en devenir rétrograde et clairement sectaire.

Par nature, je suis un défenseur de l’opprimé, du plus faible et même des minorités, mais je change aussitôt de positionnement dès lors où ces dernières font preuve d’excès de zèle, ou qu’elles commencent à vouloir faire de leurs particularités une norme imposée au plus grand nombre, comme on peut malheureusement le constater depuis quelques années dans plusieurs domaines.

Je ne sais pour quelles raisons les minorités ne se contentent plus de l’égalité, elles veulent à présent dominer.

Coupables d’hubris ? C’est possible.

Victimes d’idéologies, de politisation ? Sans aucun doute.

Mais une chose est certaine, c’est que dans les deux cas, ce choix les dessert, il transforme leurs revendications légitimes en des postulats bellicistes.

Comme si, et peut-être est-ce le cas, il y avait un esprit revanchard, voire un désir de vengeance inavoué.

Et c’est là où l’on bascule dans l’excès et le fanatisme, et selon moi, cela nuit à nos sociétés.

C’est aussi là que je descends du train et me rattache à mes valeurs consacrées.

Les excès nuisent quels qu’ils soient, tout le monde sait ça.

Malheureusement, il ne peut y avoir un modèle sociétal pour chacun de nous sur cette planète.

Alors nous devons tous, chaque jour, n’importe où autour de ce globe, faire des compromis, pousser certaines lignes, transgresser quelques règles et en accepter d’autres.

Nous jouons à un jeu permanent d’équilibriste afin d’être bien dans sa peau et de ne pas détonner par rapport à la masse.

Être bien dans sa peau. Voilà le sujet du jour.

À partir de quand, où et à quel niveau chacun décide d’être lui-même sans être montré du doigt ?

Pas facile, n’est-ce pas ?

Cette problématique, des millions de gens la vivent au quotidien, cela va du code vestimentaire en entreprise au piercing et autres tatouages, ou de la pilosité de nos faciès à la longueur de nos cheveux, d’où s’arrête le short à où commence un bermuda, de la longueur de nos jupes ou robes à la burqa, du choix des couleurs, et tellement d’autres critères encore.

Mais au final, n’est-ce pas le propre d’une société que d’avoir une pluralité d’individus ?

Je veux dire, par définition, par le fait, n’est-elle pas société parce qu’elle abrite en son sein cette richesse dans la tolérance ?

Et vous, quelles sont les concessions et les efforts consentis dans vos communautés respectives au quotidien ?

Quelle partie de votre moi rognez-vous pour ne pas être catalogué, étiqueté ?

Quelle frange de votre personnalité sacrifiez-vous pour vous faire accepter ?

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Avez-vous déjà ressenti cette sensation de claustrophobie pernicieuse qui viendrait non pas de l’environnement extérieur, mais bel et bien d’une sensation immanente de vous ?Celle que l’on ressent quand on est amené à faire, dire ou porter quelque chose contre son gré.Cette sensation qui naît quand nous sommes acculés à un choix inique.Nous sommes tous différents, c’est un fait. Là est toute la beauté de l’humanité, et c’est là aussi que réside l’intérêt de tout anticonformisme.Nous, êtres humains, il nous est donné cette chance incroyable d’avoir la capacité de se différencier soit par l’intellect soit par l’apparence et, admettons-le, très souvent par les deux.Car les deux sont intimement liés; une sorte de « dis-moi comment tu t’habilles et je te dirai qui tu es », ou...
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