La ministre des Affaires sociales, Hanine Sayed, au Sérail, le 7 mars 2026. Photo tirée de son compte X
Le futur directeur général des Affaires sociales est au centre d’un bras de fer opposant le tandem Amal-Hezbollah à la ministre des Affaires sociales, Hanine Sayed, et derrière elle au chef du gouvernement, Nawaf Salam. Théoriquement, le poste devrait être pourvu conformément au mécanisme mis en place pour les nominations administratives. Mais dans un pays rongé par la pratique du partage d’influence, les choses sont plus compliquées. La coutume voudrait que le poste soit réservé à la communauté chiite. Le tandem veut donc avoir son mot à dire sur le choix des candidats, ce que la ministre refuse jusqu’ici. Sauf que, sans Amal et le Hezbollah, le Conseil des ministres aura du mal à pourvoir à ce poste en pleine crise sociale.
Depuis plusieurs semaines, des médias affirment que la ministre a rejeté les candidatures de plusieurs candidats du Hezbollah à la direction générale des Affaires sociales. De quoi donner le sentiment que la position de Hanine Sayed s’inscrit dans la confrontation politique entre la milice chiite et le Premier ministre. Une impression que Mme Sayed elle-même s’est efforcée de rejeter. Dans un communiqué la semaine dernière, elle a tenu à préciser qu’elle se conformait au mécanisme des nominations imposé par les lois en vigueur, ainsi qu’à la procédure officielle selon laquelle les candidatures sont déposées via une plateforme électronique mise en place par le ministère d’État pour la Réforme administrative. Affirmant qu’elle ne cherche pas à viser le Hezbollah, elle a souligné que « les candidatures sélectionnées sont celles qui remplissent les conditions imposées par le mécanisme de nomination ».
Sauf que la ministre semble malgré tout être dans le viseur du Hezbollah. Vendredi, alors qu’elle devait se rendre sur le front de mer de Beyrouth pour inviter des déplacés de la guerre (dont de nombreux partisans du parti chiite) qui y ont trouvé refuge à déménager plutôt dans la Cité sportive, mieux équipée pour les accueillir, elle a été empêchée de mener sa tournée par des manifestants. « La Cité sportive est protégée par l’armée libanaise, et cela me rassure », a-t-elle lancé, à l’heure où des commandants du Hezbollah sont accusés d’avoir infiltré les rangs des déplacés civils.
« Dans le bon sens » ?
La tension semble donc grimper entre Hanine Sayed et le Hezbollah. « Les noms présentés par le Hezbollah pour pourvoir au poste de directeur général des Affaires sociales ne remplissaient aucunement les critères requis », confie à L’Orient-Le Jour une source gouvernementale. « De son côté, la ministre a proposé des noms qui méritent de prendre le poste », dit la même source. Sauf que ceux-là se heurtent, jusqu’ici, au contre-veto du tandem Amal-Hezbollah. « Ils ont déjà refusé six candidats, indique une autre source du gouvernement. Soyons réalistes, le Conseil des ministres ne pourra pas nommer ce nouveau directeur sans le feu vert du tandem chiite. » Car en plus de refuser tout autre candidat, le tandem Amal-Hezbollah bloque d’autres nominations pour forcer la main à la ministre. En effet, selon nos informations, le président de la Chambre, Nabih Berry, fait de cette nomination une condition sine qua non à celle du directeur du département des affaires pétrolières au ministère de l’Énergie (poste qui doit revenir à un sunnite) et du directeur général de la Santé (druze), un poste pour lequel les joumblattistes appuient Wi’am Abou Hamdane, responsable des affaires sociales et humanitaires au sein du Parti socialiste progressiste. « Nous ne cherchons pas à imposer notre volonté. Nous sommes favorables à toute nomination qui remplirait les critères requis », se contente de dire à L’OLJ le ministre du Travail, Mohammad Haïdar (Hezbollah), à l’heure où un proche du parti de Dieu affirme que les choses progressent « dans le bon sens », en attendant l’issue des contacts.
Il est donc clair que le gouvernement de Nawaf Salam se retrouve rattrapé par les pratiques politiciennes traditionnelles qui l’empêchent de remplir son engagement à privilégier les critères de la compétence et du mérite en matière de nominations, notamment dans les postes de première catégorie. Pourra-t-on sortir de cette spirale ? « Oui, le jour où se tiendront des législatives qui pourraient renverser les équilibres politiques du pays », espère un proche du Sérail.



Courage a Mme Sayyed, ministre honete et integre, qui fait son travail! A bas les voyous mercenaires, qui veulent toujours usurper l'etat et les resources apres avoir detruit les institutions et le pays.....Ca suffit!
15 h 35, le 09 mai 2026