X

À La Une

Mattis avertit Riyad que l'affaire Khashoggi affaiblit la sécurité régionale

Diplomatie

Le meurtre du journaliste saoudien "dans une enceinte diplomatique doit tous nous inquiéter grandement", a déclaré le secrétaire d'Etat américain à la Défense au cours du "Dialogue de Manama" organisé par l'IISS (International Institute for Strategic Studies) de Londres.

OLJ/AFP/Sylvie LANTEAUME
27/10/2018

Le ministre américain de la Défense a prévenu samedi l'Arabie Saoudite que le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi "doit tous nous inquiéter grandement", car il affecte la sécurité dans la région et la "confiance" et le "respect" des Etats-Unis pour leur allié saoudien. Jim Mattis qui s'exprimait au cours d'une conférence régionale à Bahreïn, aux portes du royaume saoudien, a souligné que "quand les voix de l'opposition peuvent être entendues (...) une nation devient plus sûre".

"Si l'on garde à l'esprit que la paix et un engagement inébranlable envers les droits de l'homme sont dans notre intérêt collectif, le meurtre de Jamal Khashoggi dans une enceinte diplomatique doit tous nous inquiéter grandement", a déclaré M. Mattis au cours du "Dialogue de Manama" organisé par l'IISS (International Institute for Strategic Studies) de Londres. "Lorsqu'une nation cesse de respecter les normes internationales et la loi, elle affaiblit la stabilité régionale au moment où elle est la plus nécessaire", a ajouté le chef du Pentagone qui jusque là s'était montré très discret sur cette affaire, tandis que le président Donald Trump et le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo montaient en première ligne. Insistant sur la "gravité de la situation", M. Mattis a rappelé que les Etats-Unis avaient révoqué les visas de plusieurs suspects et qu'ils prendraient "d'autres mesures au fur et à mesure que la situation se clarifiera". "Mais avec notre respect doivent venir transparence et confiance", a-t-il prévenu. "Ces deux principes sont vitaux pour assurer la poursuite de (notre) collaboration".

L'affaire Khashoggi a dominé les débats du dialogue de Manama, auquel participait le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, aux côtés de dirigeants du Golfe, de diplomates européens et asiatiques et d'experts.

Critique du puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, Jamal Khashoggi a été tué dans le consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre. Ce meurtre, qui a terni l'image du prince Mohammed, a suscité une vague de critiques internationales et affecté les relations de Washington avec le royaume.


(Lire aussi : Riyad refuse d'extrader les meurtriers présumés de Khashoggi vers la Turquie)


"Hystérie"
Pressé de questions sur l'enquête sur le meurtre de Khashoggi et l'impact de cette affaire sur l'influence diplomatique du royaume saoudien dans le monde, M. Jubeir a dénoncé "l'hystérie dans les médias alors que l'enquête n'est pas achevée". Il a aussi annoncé que les suspects du meurtre de Khashoggi, dont la Turquie a demandé l'extradition, seraient "poursuivis en Arabie saoudite".

M. Mattis a aussi appelé les pays du Golfe engagés militairement au Yémen à entamer des négociations de paix dès novembre pour tenter de mettre fin à ce conflit qui a fait selon l'ONU quelque 10.000 morts. "Toutes les guerres doivent avoir une fin, et la tragédie du Yémen s'aggrave de jour en jour", a déclaré le chef du Pentagone. "Il est temps de mettre fin à cette guerre", a-t-il dit. "En Novembre nous devons commencer à négocier sur la substance du problème. Le combat doit faire place au compromis et les gens doivent être en paix pour se réconcilier". L'Arabie saoudite intervient depuis trois ans au Yémen à la tête d'une coalition militaire comprenant notamment les Emirats arabes unis pour soutenir les forces gouvernementales face aux rebelles Houthis appuyés par l'Iran.

M. Mattis a enfin prévenu les dirigeants arabes que la Russie qui assoit son influence en Syrie grâce à ses victoires militaires au bénéfice du régime de Bachar el-Assad, "ne peut pas remplacer les Etats-Unis" au Proche-Orient. "L'opportunisme de la Russie et son empressement à ignorer les activités criminelles d'Assad à l'encontre de son propre peuple prouve son manque d'engagement sincère envers les principes moraux les plus basiques", a ajouté le chef du Pentagone devant cette conférence de sécurité qui se tient tous les ans à Bahreïn.

"Aujourd'hui, je veux que ce soit clair: la présence de la Russie dans la région ne peut pas remplacer l'engagement ancien, permanent et transparent des Etats-Unis envers le Proche-Orient - un engagement que je réitère sans réserves", a-t-il poursuivi.

M. Mattis a par ailleurs annoncé que son homologue chinois, le général Wei Fenghe, était attendu la semaine prochaine à Washington, soulignant que "concurrence stratégique" entre les deux pays n'était pas "synonyme d'hostilité".



Lire aussi

Affaire Khashoggi : l’administration américaine dans la tourmente

Rula Jebreal : « Pour que le régime saoudien se réforme vraiment, il faudra des sanctions internationales »

De sable et de vent, l'éditorial de Issa GORAIEB

Mohammad ben Salmane, un prince isolé mais puissant

Le Qatar pourrait profiter des retombées de l’affaire Kashoggi

« Il suffit vraiment d’un rien pour que les rapports de force changent en défaveur de MBS»

La chef de la CIA a écouté un enregistrement audio du meurtre de Khashoggi

"Envie de crier et vomir" : la poignée de main "forcée" entre MBS et le fils de Khashoggi suscite l’indignation

Rohani : Le "meurtre odieux" de Khashoggi est impensable "sans le soutien" des USA

L’affaire Khashoggi, un cadeau au Hezbollah ?

Cinq mystères autour de l'affaire Khashoggi

Qahtani, ce bras droit de MBS dont le nom apparaît dans les affaires Khashoggi, Ritz-Carlton et Hariri...




À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

VIRAGE CONTRÔLÉ

"Aujourd'hui, je veux que ce soit clair: la présence de la Russie dans la région ne peut pas remplacer l'engagement ancien, permanent et transparent des Etats-Unis envers le Proche-Orient - un engagement que je réitère sans réserves", a-t-il poursuivi.

MAIS IL EST FOU A LIER .................

Comment il va faire pour faire partir les russes ? Eh ptit général d'évier bouché , depuis 90 les usa dominent la planète tu n'as pas remarqué que tout allait de travers ?

L'Irak , l'Afghanistan , la Lybie , le Liban etc...c'est le Moyen Orient ça , tu le savais au moins ?

OCCUPE TOI DE TON HERITIER CHARCUTIER , c'est mieux pour tout le monde !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LAISSEZ LA JUSTICE SUIVRE SON COURS DANS L,AFFAIRE KHASHOGGI QUELLE SOIT SAOUDITE INTERNATIONALEMENT SUPERVISEE OU INTERNATIONALE...
SEPAREZ L,ECONOMIE ET LA SECURITE CAR IL EN VA DE L,ENJEU REGIONAL OU EN AFFAIBLISSANT L,ARABIE VOUS RENFORCEREZ L,HEGEMONIE IRANIENNE CONTRAIREMENT A VOS VOEUX ET SURTOUT AU YEMEN OU VOUS LUI LIVREREZ BEB EL MANDEB, DETROIT D,IMPORTANCE INTERNATIONALE !
LA LOGIQUE DES INTERETS ECONOMIQUES, GEO-POLITIQUES ET SURTOUT MILITAIRES DEVRAIT PREVALOIR !

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants