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À La Une - crise gouvernementale

Hariri à l'Elysée : Je ferai connaître ma position après m'être entretenu avec Aoun à Beyrouth

De Paris, le Premier ministre démissionnaire annonce son retour au Liban pour la fête de l'Indépendance, le 22 novembre.

Le Premier ministre démissionnaire libanais, Saad Hariri, lors d'un point presse, à sa sortie du palais de l'Elysée, le 18 novembre 2018. AFP / Thomas Samson

Deux semaines après l'annonce de sa démission depuis Riyad où il était retenu contre son gré selon Beyrouth, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé samedi depuis Paris son retour au Liban "dans les prochains jours" et au plus tard le 22 novembre, fête de l'Indépendance du pays du Cèdre. C'est à Beyrouth, a-t-il affirmé, qu'il se prononcera sur la situation politique libanaise, après s'être entretenu avec le président Michel Aoun.

"Je remercie le président Emmanuel Macron pour son soutien. Il a fait preuve d'une amitié infaillible et je ne l'oublierai jamais", a-t-il déclaré à la sortie de l'Elysée, en lisant son allocution préparée en français. "La France a montré encore une fois la grandeur de son rôle dans le monde et la région. Elle prouve son attachement au Liban et à sa stabilité", a-t-il ajouté.

 

 



"J'ai présenté ma démission comme vous le savez, a-t-il ajouté. Je me rendrai à Beyrouth dans les jours prochains. Je participerai à la célébration de notre indépendance et c'est là-bas que je ferai savoir ma position sur tous les sujets après m'être entretenu avec le président Michel Aoun".

 

"L'atmosphère est propice à une entente avec Aoun"
Selon des personnes lui ayant rendu visite à Paris, où il est arrivé samedi tôt le matin, M. Hariri a dit que "l'atmosphère est propice à une entente avec M. Aoun. Et les derniers développements ont prouvé que la sécurité du Liban et sa stabilité sont une ligne rouge". "La prochaine étape est celle de l'option de la modification du compromis", a-t-il ajouté, toujours selon ses visiteurs, en référence à l'accord politique qui a permis à M. Aoun d'accéder à la présidence de la République et à M. Hariri à la présidence du gouvernement.

 

MM. Macron et Hariri ont posé, souriants, sur le perron de l'Elysée, où ils ont été rejoints par Brigitte Macron, ainsi que Lara Hariri, l'épouse du Premier ministre, et Houssam, son fils.

Emmanuel Macron a ensuite tweeté: "Ahlan wa sahlan! Bienvenue à Paris Saad Hariri" en postant une vidéo tournée dans l'Elysée.

 

Plus tard, M. Macron a affirmé sur son compte twitter que l'attention que la France porte "à la stabilité et à la sécurité du Liban est le fruit de l’histoire et des relations personnelles innombrables entre nos deux pays". Le message de M. Macron est accompagné d'une vidéo de M. Macron entouré de son épouse, de M. Hariri, son épouse et leur fils. 

 

 

 

Lors d'un point de presse, un haut fonctionnaire de l'Elysée, a déclaré, à l'issue de la rencontre entre MM. Hariri et Macron, qu'il est important que le Liban retrouve sa stabilité. "Il faut que le Liban puisse retrouver sa stabilité (...) et être protégé des dangers que peuvent comporter pour lui les crises régionales. La politique de dissociation est extrêmement importante", a-t-il souligné.

Avant la rencontre avec M. Hariri, M. Macron s'était entretenu au téléphone avec le président libanais, Michel Aoun, qui "l'a remercié pour l'action de la France en faveur du Liban", a indiqué l'Elysée.

M. Macron avait affirmé vendredi qu'il accueillerait M. Hariri "avec les honneurs dus à un Premier ministre, certes démissionnaire, mais dont la démission n'est pas encore reconnue dans son pays, puisqu'il ne s'y est pas rendu". Cette invitation est "amicale et vise à discuter avec lui et accueillir le Premier ministre d'un pays ami", avait précisé M. Macron. Il avait aussi précisé qu'il n'y aurait pas "d'accueil officiel" pour M. Hariri à son arrivée en France puisqu'il s'agit d'"une visite familiale". M. Hariri "a vocation, je crois, à se rendre dans son pays dans les jours ou les semaines à venir", avait-il ajouté.

 

Hariri au Liban pour la fête de l'Indépendance

M. Hariri, qui n'est pas rentré au Liban depuis sa démission surprise, avait déjà précisé samedi matin qu'il serait à Beyrouth le 22 novembre pour assister à la fête de l'Indépendance. Il avait confirmé cela au président Aoun, lors d'un appel téléphonique, et en avait informé le chef du Législatif, Nabih Berry.

Selon un communiqué de la présidence, M. Hariri participera "notamment au défilé militaire" traditionnel, un des points forts de la fête de l'Indépendance obtenue de la France, ancienne puissance mandataire, le 22 novembre 1943.

M. Hariri a également contacté par téléphone le mufti de la République, Abdellatif Deriane. Plusieurs responsables libanais ont également pu joindre par téléphone M. Hariri pour s'enquérir de sa situation.

 

Réagissant à ces développements, le chef de la diplomatie libanaise, Gebran Bassil, a dit attendre le retour de M. Hariri au Liban. "Je l'ai déjà dit hier : il n'y aura pas de célébration de l'Indépendance alors que le siège de la présidence du Conseil est vacant. Aujourd'hui je dis : l'indépendance est renforcée par l'union des Libanais. Nous vous attendons, Saad Hariri, pour célébrer" l'Indépendance, a écrit M. Bassil sur son compte Twitter.

 

 

Lourd dispositif policier

C'est vers 8h, heure de Beyrouth, que M. Hariri était arrivé à l'aéroport du Bourget, accompagné de son épouse. Le convoi de sept véhicules a quitté peu après l'aéroport. A son arrivée à son domicile parisien, M. Hariri, téléphone à l'oreille, a emboîté le pas à son épouse qui l'a précédé de quelques secondes, selon des images retransmises en direct par la chaîne libanaise LBCI. Le ministre libanais de l'Intérieur, Nohad Machnouk, qui se trouve à Paris depuis vendredi, accompagnait M. Hariri à son arrivée. Le conseiller du Premier ministre démissionnaire, Nader Hariri, était lui aussi présent à Paris depuis vendredi.

Un lourd dispositif policier a été déployé devant l'entrée de la résidence de M. Hariri, et les journalistes ont été tenus à l'écart.

Seul le fils aîné de M. Hariri l'a rejoint à Paris en provenance de Londres. Ses deux autres enfants seraient, selon la LBC, toujours en Arabie saoudite. Le médecin personnel de M. Hariri a assuré qu'ils pourraient rejoindre leur père à n'importe quel moment, mais qu'ils poursuivaient leur scolarité à Riyad.

 

Depuis l'annonce de sa démission, c'est le deuxième voyage de M. Hariri, après un déplacement de quelques heures à Abou Dhabi.

Peu avant son départ de Riyad, le Premier ministre démissionnaire avait annoncé dans un tweet être en route pour l’aéroport, démentant être détenu en Arabie saoudite. Peu avant le tweet, une source proche du Premier ministre démissionnaire avait affirmé à l'AFP que M. Hariri s'était entretenu avant son départ avec le prince héritier Mohammad ben Salmane. "Il a tenu une réunion excellente, fructueuse et constructive avec le prince héritier", avait indiqué cette source sous couvert de l'anonymat.

 

(Lire aussi : L'Arabie saoudite rappelle son ambassadeur à Berlin pour protester contre une déclaration allemande sur le Liban)

 

Dans une déclaration télévisée depuis Riyad, M. Hariri avait annoncé sa démission, le 4 novembre à partir de la capitale saoudienne, en invoquant la "mainmise" du Hezbollah soutenu par l'Iran sur la vie politique au Liban et des craintes pour sa vie, au moment où Riyad fulminait contre les ingérences prêtées au rival iranien dans la région. 

Des spéculations et des informations ont ensuite circulé sur une interdiction faite à M. Hariri de quitter le royaume saoudien après avoir été "contraint" à la démission, alors que lui, assurait être "libre" et prêt à rentrer. Mercredi, Michel Aoun avait haussé le ton, affirmant qu'il le considérait "détenu et en captivité" à Riyad. Des accusations rejetées par l'Arabie saoudite.  La France, ancienne puissance mandataire du Liban, a alors endossé le rôle de médiateur dans la crise. Et c'est pour sortir de l'impasse, que le président Macron a invité à Paris M. Hariri et sa famille "pour quelques jours". Une invitation acceptée par M. Hariri avec l'accord du parrain saoudien.

 

(Lire aussi : Saad Hariri en France, escale ou fin de carrière ?)

 


Des "rumeurs"
Quelques heures avant son déplacement à Paris, Saad Hariri avait affirmé, également dans un tweet, être resté en Arabie saoudite pour y discuter des perspectives politiques dans son pays. "Mon séjour au royaume (d'Arabie saoudite) a pour objet d'entreprendre des discussions autour de la situation à venir au Liban, ainsi que sur ses relations avec son environnement arabe. Tout ce qui se dit contrairement à cela, notamment à propos de mon séjour, de mon départ et de ce qui à trait à la situation de ma famille, n'est que rumeurs", a-t-il écrit sur Twitter.

Depuis le début de la crise, le président Aoun refuse d'accepter la démission de Saad Hariri, qui possède les nationalités libanaise et saoudienne, tant que le Premier ministre ne sera pas rentré au Liban pour exposer les motifs de sa décision.

 

"Déloger le chef de l'Etat libanais"
Parmi les conséquences d'une crise prolongée au Liban figure le risque d'un nouveau afflux de réfugiés en Europe, évoqué jeudi par le ministre libanais des Affaires étrangères. "La déstabilisation du Liban aurait des conséquences sur les déplacés et réfugiés présents au Liban qui seraient alors dans une situation encore plus fragile et se tourneraient vers l'Europe", avait-il dit à Berlin.

M. Bassil a prévenu aussi qu'en cas d'ingérence étrangère, son pays risquait de connaître le même sort que la Syrie voisine, ravagée par une guerre civile complexe où l'implication militaire du Hezbollah auprès du régime divise le Liban.

Vendredi à Moscou, M. Bassil a accusé certaines parties qu'il n'a pas nommées de chercher à "déloger le chef de l'Etat libanais", élu avec le soutien actif du Hezbollah, qui a des ministres au gouvernement, dans le cadre d'un compromis politique qui avait conduit Saad Hariri à la présidence du Conseil.

 

 

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Deux semaines après l'annonce de sa démission depuis Riyad où il était retenu contre son gré selon Beyrouth, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé samedi depuis Paris son retour au Liban "dans les prochains jours" et au plus tard le 22 novembre, fête de l'Indépendance du pays du Cèdre. C'est à Beyrouth, a-t-il affirmé, qu'il se prononcera sur la situation politique...
commentaires (12)

Pourquoi tous ces remerciements? Hariri n'a-t-il pas démissionné librement?

M.E

19 h 23, le 18 novembre 2017

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Commentaires (12)

  • Pourquoi tous ces remerciements? Hariri n'a-t-il pas démissionné librement?

    M.E

    19 h 23, le 18 novembre 2017

  • Enfin la France a pu nous convaincre comment le monde peut être libre loin des tribus .

    Antoine Sabbagha

    17 h 51, le 18 novembre 2017

  • SEULE... LA VRAIE APPARTENANCE NATIONALE DE TOUT CHACUN EST LA CLEF A LA CRISE ! LE TEST VA COMMENCER ET J,OSE ESPERER ET JE SOUHAITE QUE TOUS SE COMPORTENT PATRIOTIQUEMENT EN VRAIS LIBANAIS ! ETAT ! ARMEE ! PEUPLE !

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    17 h 35, le 18 novembre 2017

  • les deux hommes, accompagnés de Brigitte Macron, sont redescendus dans la cour d'honneur pour accueillir Lara Hariri, épouse du Premier ministre, et le fils aîné du couple, Houssam, pour ensuite déjeuner AVEC AU MENU DU DÉJEUNER DU CAVIAR IRANIEN ET DU KHAROUF MEEHCHI SAOUDIEN ????? FOLKLORE ET VAUDEVILLE QUE TOUT CELA TANT QUE LE LIBAN SERA SOUS LES SOULIERS DE LA MILICE IRANIENNE?????

    Henrik Yowakim

    16 h 25, le 18 novembre 2017

  • Aucun pays ou peuple dans le monde ne peut parler de son indépendance parfaite, à 100% ! Ni l'Amérique, ni le Russie et ni la Chine.... Alors soyons modestes! Ce n'est pas en se rangeant derrière l'Arabie qu'on pourra parler d'indépendance, ce n'est pas en se rangeant derrière l'Iran ou d'autres pays que nous aurons gagner plus d'indépendance.... C'est uniquement en s'acceptant, en s'aimant et en développant notre esprit critique, non partisan que nous cultiverons notre vraie indépendance.... Liberté, je chérie ton nom. Et vive le Liban

    Sarkis Serge Tateossian

    14 h 22, le 18 novembre 2017

  • Bienvenue au premier ministre Saad Hariri à Paris, où il possède aussi une résidence, dommage que ses trois enfants ne puissent pas visiter l'Élysée avec leurs parents ...et surtout poursuivre leurs études à Paris ... Tout démontre hélas que la famille Hariri est prise en otage! C'est triste et révoltant. Mais ça on le savait depuis sa "démission" à Riyad! Avec mes voeux les plus chaleureux pour tout le Liban

    Sarkis Serge Tateossian

    13 h 08, le 18 novembre 2017

  • Le Premier ministre libanais démissionnaire, Saad Hariri, qui se trouve depuis ce matin à Paris après avoir quitté l'Arabie saoudite et qui n'est pas rentré au Liban depuis sa démission surprise, sera à Beyrouth le 22 novembre pour assister à la fête de l'Indépendance du Liban FETE ????? SUREMENT ET MEME FESTIVAL INDEPENDENCE ????? DE QUELLE INDÉPENDANCE PARLEZ VOUS A L'OMBRE DE L'OCCUPATION MILICIENNE DU LIBAN PAR LE PARTI DU DIABLE IRANIEN

    Henrik Yowakim

    12 h 15, le 18 novembre 2017

  • premier ministre libanais avec double nationalité libano-saoudienne, enfants faisant leurs études à Riadh. Heu , c'est vraiment un premier ministre libanais, ou un gouverneur saoudien ? On m'avait dit que Hariri, pour devenir premier ministre avait abandonné sa nationalitée saoudienne !!!

    Talaat Dominique

    12 h 13, le 18 novembre 2017

  • Visite familiale sans les enfants ... soit la France a une autre vision de la famille soit certains insistent pour se voiler la face et considérer que notre cher PM est libre désormais de toute action ...

    Markuson

    11 h 12, le 18 novembre 2017

  • Donc les autorités saoudiennes ont gardé les 3 enfants du couple sous la main à Ryiadh!!!! pour le cas oú...

    Fredy Hakim

    11 h 00, le 18 novembre 2017

  • Une fois de plus La France prouve qu'elle porte au Liban une amitié solide. Merci Monsieur Le Président Macron pour votre action courageuse digne du Grand Pays que vous présidez

    Lecteur excédé par la censure

    10 h 32, le 18 novembre 2017

  • LA CRISE LIBANAISE NE PEUT ETRE RESOLUE QUE PAR LE DIALOGUE... UN DIALOGUE CONSTRUCTIF QUI PRENDRAIT EN CONSIDERATION L,ARABITE DU PAYS ET SON NON ALIGNEMENT !

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    09 h 30, le 18 novembre 2017

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