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À La Une - Liban

Saad Hariri en France, escale ou fin de carrière ?

"Le fait que l'Elysée se soit vu obligée de démentir qu'il s'agissait d'un exil en dit long sur l'aspect rocambolesque de cette exfiltration", affirme à l'AFP Karim Bitar.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian (g.), en compagnie du Premier ministre libanais démissionnaire, Saad Hariri, le 16 novembre 2017 à Riyad. Photo AFP / Valérie LEROUX

Le voyage attendu de Saad Hariri en France est une porte de sortie pour le Premier ministre libanais démissionnaire, "captif" des Saoudiens selon Beyrouth, mais il pourrait sonner le glas de sa carrière politique, selon les experts.

En invitant Saad Hariri, le président français Emmanuel Macron semble avoir volé au secours du dirigeant libanais qui, le 4 novembre, a choqué le Liban en annonçant sa démission depuis l'Arabie saoudite, son parrain politique, accusant l'Iran et son allié libanais, le Hezbollah, de "mainmise" sur le Liban, et en disant craindre pour sa vie. 

Son séjour prolongé à Riyad, coïncidant avec une purge contre princes et hommes d'affaires saoudiens, a provoqué des spéculations sur sa liberté de mouvement, jusqu'à ce que le président libanais Michel Aoun le qualifie franchement d'"otage".

L'annonce de M. Hariri, qui a également la nationalité saoudienne et dont la famille vit en Arabie saoudite, a très rapidement été perçue comme un nouveau bras de fer entre le royaume sunnite et l'Iran chiite, grand allié du Hezbollah libanais.

"Même si elle ne résout en rien le problème de fond, l'offre française (...) permet de sauver la face aussi bien des autorités saoudiennes que de Saad Hariri", affirme à l'AFP Karim Bitar, de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

 

(Lire aussi : Aoun : J'attends le retour de Hariri avant toute décision)

 

"Exfiltration rocambolesque"
Si elle a réussi à apaiser un peu la situation, l'invitation française a immédiatement soulevé des interrogations : s'agit-il d'un exil politique -une idée aussitôt démentie par M. Macron-? Ou d'un arrêt provisoire le temps de revenir au Liban?

"Le fait que l'Elysée se soit vu obligée de démentir qu'il s'agissait d'un exil en dit long sur l'aspect rocambolesque de cette exfiltration", estime M. Bitar. Cela "vient paradoxalement renforcer les soupçons de ceux qui pensent que Saad Hariri est bel et bien un homme soumis à des pressions très intenses".

Pour Amal Saad, professeur de sciences politiques à l'Université libanaise, le voyage de M. Hariri signifie soit l'exil et la fin de sa carrière politique, soit un retour au Liban et des négociations avec le Hezbollah, son grand rival. "Soit il devra démissionner de toute la vie politique et non seulement de sa position de Premier ministre", soit "Paris est juste une escale, et il reviendra à Beyrouth et négociera un deal avec le Hezbollah".

 

(Lire aussi : Hariri invité en France par Macron : ce qu'en disent les éditorialistes au Liban)

 

Les Saoudiens perdants?
Jeudi, le ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a démenti que M. Hariri soit retenu dans le royaume contre son gré, la première déclaration publique d'un dirigeant saoudien de ce rang sur les accusations de "détention". M. Hariri se trouve en Arabie saoudite "de sa propre volonté" et il est libre de quitter le royaume "quand il veut", a-t-il dit. M. Hariri a, lui, déclaré qu'il irait "bientôt" en France sans annoncer de date.

Dans la seule interview accordée depuis sa démission, il avait affirmé dimanche qu'il était "libre" et qu'il reviendrait sur sa décision seulement si le Hezbollah cessait de s'ingérer dans les conflits au Yémen et en Syrie.

D'après les analystes, si les Saoudiens avaient effectivement contraint M. Hariri à la démission pour protester contre la "mainmise" de l'Iran sur le Liban à travers le Hezbollah, leur stratégie n'a pas eu l'effet escompté. D'après Mme Saad, si les "Saoudiens ont privé (Saad Hariri) de son pouvoir, il a gagné en légitimité populaire", la majorité des Libanais de tous bords appelant à son retour au Liban selon les commentateurs.

"Cette affaire illustre bien le caractère souvent contre-productif (des Saoudiens). Leur velléité de contrer l'influence iranienne ne semble accompagnée d'aucune stratégie claire et réfléchie", estime M. Bitar, soulignant "l'impulsivité" des dirigeants saoudiens.

Le Liban, pays habitué aux guerres et aux crises politiques, n'a jamais connu une situation pareille. "Ce n'est plus de la politique conventionnelle, c'est sans précédent", estime Mme Saad.

Selon la Constitution, la démission de M. Hariri ne sera effective que lorsqu'elle sera acceptée par le président Michel Aoun qui veut attendre son retour au Liban avant de se prononcer. Mais "la crise institutionnelle pourrait durer longtemps en l'absence du retour à un modus vivendi irano-saoudien", prévient M. Bitar.

 

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commentaires (6)

La fin de carrière de Mr Hariri à été cuisiné à Ryiadh par ses anciens amis du 14 mars, ceux qui n'ont pas obtenu de postes ministériels et ceux qui ont compris qu'ils ne seront jamais président de la république.

Fredy Hakim

09 h 11, le 17 novembre 2017

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • La fin de carrière de Mr Hariri à été cuisiné à Ryiadh par ses anciens amis du 14 mars, ceux qui n'ont pas obtenu de postes ministériels et ceux qui ont compris qu'ils ne seront jamais président de la république.

    Fredy Hakim

    09 h 11, le 17 novembre 2017

  • je crois que c'est une fin de carriere,,, entre ceux qui viennent au poivoir pour servir ou pour se servir mr hariri a fait son choix. mr Robert Fadel a ete le pionier sur ce plan ,,,ceux la seront reconnus par l'histoire comme etant de vrai hommes d'etats et non de vulgaires politiciens,aussi arrivistes qu'opportunistes..

    michel raphael

    21 h 28, le 16 novembre 2017

  • IL Y A UN FAIT QUE PERSONNE NE PEUT NIER DES DEUX CAMPS... LE PAYS EST MALHEUREUSEMENT PRIS... ET TOUS LES LIBANAIS AVEC... ENTRE L,ENCLUME ET LE MARTEAU !

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    17 h 55, le 16 novembre 2017

  • A PARIS D,AUTRES SERONT PROBABLEMENT AUSSI INVITES POUR DES NEGOCIATIONS SUR LE NOUVEAU GOUVERNEMENT... QU,IL SOIT PRESIDE PAR HARIRI OU NON... CAR L,APRES DEMISSION NE SERA PLUS LE MEME QU,AVANT LA DEMISSION OU MEME LE RETOUR SUR LA DEMISSION... QUATRE CHOSES SERONT A CLARIFIER 1 - LA SECURITE DE HARIRI ET DE SA FAMILLE. 2 - LA DISTANCIATION OU L,ACCORD DE BAABDA. 3 - L,APPLICATION DES CLAUSES DE LA CONSTITUTION SUR LES ARMES DES MILICES. 4 - LA 1701 ! BONNE CHANCE HARIRI !

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    17 h 45, le 16 novembre 2017

  • Et tous les commentaires sur le retour de Hariri au Liban, son voyage en France de rentrer au Liban, les bla bla présidentiels, n'apportent aucune preuve accompagnant leurs dires. C'est à celui qui invente la plus belle hypothèse En attendant , aucun problème libanais n'est résolu, palabres après palabres , le Liban s'enfonce dans la rivalité de deux pays : IRAN et ARABIE SAOUDITE. Nous ve voulons ni l'un ni l'autre Mais M.Aoun ne s'occupe que de Hariri ça veut tout dire, y compris le silence de HN

    FAKHOURI

    17 h 04, le 16 novembre 2017

  • "Le fait que l'Elysée se soit vu obligée de démentir qu'il s'agissait d'un exil en dit long sur l'aspect rocambolesque de cette exfiltration", estime M. Bitar. Cela "vient paradoxalement renforcer les soupçons de ceux qui pensent que Saad Hariri est bel et bien un homme soumis à des pressions très intenses". messieurs les analystes arreter de pronostiquer hariri rentrera a Beyrouth et sera fort du soutien de l'arabie saoudite qui A UNE STRATEGIE BIEN DEFINIS .. L'ARABIE SAOUDITE N'EST PLUS CE QU'ELLE ETAIT QUAND ELLE EMBAUCHAIT DES ETRANGERS POUR LEUR PROPRE PAYS

    Bery tus

    16 h 57, le 16 novembre 2017

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