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Liban

Le retour de Hariri à Beyrouth sera-t-il fixé aujourd’hui à l’Élysée ?

Diplomatie

Emmanuel Macron accueille son hôte en tant que « Premier ministre ami de la France ».

18/11/2017

Le président français Emmanuel Macron recevra aujourd'hui à l'Élysée le chef du gouvernement démissionnaire Saad Hariri et sa famille, a annoncé hier la présidence de la République française dans un communiqué diffusé en milieu de journée. Après un bref entretien en tête à tête, Emmanuel Macron accueillera la famille de son hôte pour un déjeuner prévu au programme qui a été rendu public hier dans le communiqué.

M. Macron a déclaré hier qu'il accueillera Saad Hariri à l'Élysée « en tant que Premier ministre » du Liban, car sa « démission n'est pas reconnue dans son pays, puisqu'il ne s'y est pas rendu ». M. Hariri « a vocation, je crois, à se rendre dans son pays dans les jours ou les semaines à venir », a précisé M. Macron devant la presse à la fin du sommet européen social de Göteborg. « Je l'accueille demain avec les honneurs dus à un Premier ministre, certes démissionnaire, mais dont la démission n'est pas encore reconnue dans son pays puisqu'il ne s'y est pas rendu », a-t-il expliqué. Cette invitation est « amicale, pour discuter avec lui et accueillir le Premier ministre d'un pays ami », a précisé M. Macron, indiquant qu'il n'y aurait pas « d'accueil officiel » pour M. Hariri à son arrivée en France puisqu'il s'agit d'« une visite familiale ».

 

(Lire aussi : Le dénouement de la crise institutionnelle lié au retour à la distanciation)

 

Hyperdiscrétion
D'importantes mesures de sécurité sont prises pour le séjour du Premier ministre dans la capitale française, et son programme, outre ce déjeuner élyséen, est entouré de la plus grande discrétion, notamment en ce qui concerne l'heure de son arrivée et le lieu où il séjournera.
Les modalités de la visite de M. Hariri (heure et lieu d'arrivée en France, programme et rencontres) ont été minutieusement préparées par les services de l'Élysée en étroite collaboration avec les services de sécurité compétents du fait des circonstances dans lesquelles elle se déroule.

Discrétion totale donc, mais plusieurs interrogations dans les milieux politiques français sur les circonstances dans lesquelles se déroulera ce séjour en France. La première question est de pure forme. Le président Macron accueille son hôte en tant que chef de gouvernement (toujours en exercice) d'un pays ami, comme il l'a affirmé. Dans ce cas, quelle est la durée de ce séjour et quel est le programme qui a été préparé par les services de l'Élysée ? La deuxième question est d'une autre nature. La réunion entre le président Macron et le Premier ministre Hariri portera-t-elle d'emblée sur un départ très proche de ce dernier pour Baabda afin de statuer avec le chef de l'État libanais sur cette démission jusqu'ici télévisée et faite à partir de Riyad ? La troisième inconnue est de savoir si les services français compétents considèrent réellement que l'hôte libanais est en danger. Dans ce cas, pourquoi assumer la responsabilité de sa sécurité en l'invitant dans l'Hexagone ?

 

(Lire aussi : Souhaid : Le Hezb est l'État, et l'État est le Hezb)

 

Au-delà de ces points qui intriguent l'opinion française et, bien entendu, les médias, le souci ici est de savoir si l'initiative d'Emmanuel Macron est considérée comme un geste amical et fort à l'égard du Liban et, parallèlement, si elle est considérée par certaines puissances régionales comme étant superflue, ou même si elle relève de l'ingérence...

En tout état de cause, l'action de la France n'a pas étonné les cercles proches du président Macron qui estiment que Paris ne pouvait rester indifférent face à l'imbroglio créé par la démission de Saad Hariri, et son séjour inexplicable et encore inexpliqué dans « sa deuxième patrie ».

 

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Le Faucon Pèlerin

"Au cours de son histoire, la France a toujours conduit une politique anti-impérialiste. Elle s'est toujours tenue aux côtés des nations captives en lute pour leur liberté". DR

Talaat Dominique

le problème est si Hariri, peut rester premier ministre.
car il dépend de l'arabie saoudite ! Alors pour la distanciation , on peut en reparler, il est la voix de Riadh

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CERTES QUE NON SINON HARIRI SE SERAIT DIRECTEMENT DIRIGE AU LIBAN... IL Y A DES NEGOCIATIONS SUR LES CAUSES DE SA DEMISSION ET LES TROIS PRINCIPALES SONT SA SECURITE AVEC SA FAMILLE, LA DISTANCIATION ET LA 1701 !

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