Carl est un homme jovial qui se sait chanceux de faire partie d'une tranche de salariés qui « gagnent bien leur vie ». Directeur d'une agence de publicité, son salaire mensuel s'élève à 6 000 dollars. Après avoir passé plusieurs années dans les pays du Golfe (Dubaï et Arabie saoudite), il revient au bercail en 2009 pour des raisons familiales.
Son loyer ainsi que ses charges mensuelles s'élèvent à 1 000 dollars à peu près. Il soutient financièrement ses parents à hauteur de 2 500 dollars par mois et s'est fixé une règle depuis qu'il a intégré la vie active : celle d'épargner 10 % de son salaire quel qu'il soit.
Carl est révolté contre les doubles factures et les imprévus des services urbains. « Je n'arrive pas à faire des budgets mensuels rigoureux à cause du manque de systématisation dans les services de l'État », indique-t-il. « Tous les mois, ma facture de groupe électrogène change à cause d'une augmentation du rationnement, et lorsque je me fixe un montant pour l'eau courante, je ne prévois évidemment pas les coupures inopinées qui font qu'il faut commander des citernes d'eau », ajoute ce pubard.
Le coût du transport est pour lui « une aberration ». Organisé et économe, il a calculé que sa voiture d'occasion lui coûte à peu près 750 dollars par mois. « Les paiements mensuels s'élèvent à 350 dollars. S'ajoute à cela une moyenne de 50 dollars d'essence et puis il faut prendre en considération l'assurance-auto et les coûts de vidange et de service », ajoute-il.
Les loisirs ? À part la salle de gym qu'il fréquente régulièrement et les sports de plein air, Carl est un amoureux des voyages. Il ne lésine pas sur les trois voyages annuels qu'il effectue religieusement. « Les coûts de mes voyages varient selon mes finances, mais aussi les destinations. Il m'est arrivé de payer un voyage de deux semaines tous frais compris 1 000 dollars, mais aussi 6 000 », avoue-t-il.
Sa facture de téléphone s'élève à 250 dollars en moyenne « pour un service médiocre », ironise-t-il.
Cela fait plusieurs mois que l'idée de partir définitivement le tente. Pour les pays du Golfe ? « Non, pour l'Europe ou les États-Unis. » C'est Berlin qui occupe une place de choix dans ses destinations coup de cœur. Particulièrement attiré par le mode de vie écolo, il trouve que la capitale allemande rassemble plusieurs caractéristiques qui épouseraient ses valeurs d'amoureux de la nature.
Ce qui le retient encore à Beyrouth ? Des raisons absurdes, mais surtout l'affection de ses proches qu'il a du mal à quitter pour une énième fois...
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