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Mohammad, 42 ans, gardien d’immeuble : « Je n’attends que de rentrer en Syrie... »

Un homme, un métier
30/09/2013

Mohammad n’est jamais seul quand il rend service aux locataires de l’immeuble dont il a la garde. Que ce soit pour de petites réparations à domicile, pour aller chercher des provisions chez l’épicier du coin ou tout simplement pour surveiller les entrées et sorties de la propriété, il est toujours accompagné d’un ou de plusieurs de ses cinq enfants.
Il peut s’agir du petit Hicham, 3 ans, qui observe son père travailler si attentivement qu’il en apprendrait déjà les gestes, ou de Assaad, 4 ans, qui, lui, préfère mettre la main à la pâte en tendant à son père les outils nécessaires aux tâches. Amal et Suzanne, 6 et 8 ans, sont chargées des conseils et recommandations et toujours avides de questions. Mais Waël, le plus âgé des cinq, 16 ans, n’accompagne pas son père dans son quotidien. Handicapé de naissance, il reste auprès de sa mère, Nawal, qui veille soigneusement sur tout ce beau monde. 


Ayant fui les combats à Alep, la famille est arrivée dans l’immeuble il y a un peu plus d’un an. Tous les membres vivent ensemble dans une unique pièce de 9 m2, sans salle de bains ni cuisine. Malgré cela, le concierge ne se plaint pas. Il s’estime chanceux en comparaison avec d’autres, même s’il n’attend qu’une seule chose : « La fin de la guerre pour pouvoir enfin retourner en Syrie. » 


À Alep, Mohammad était électricien. Il gagnait 500 dollars par mois et possédait une maison à lui. Ici au Liban, son travail de gardien d’immeuble lui rapporte 400 dollars, auxquels s’ajoutent environ 100 dollars de pourboires pour les petits services rendus à chacun.
« Mais la vie à Beyrouth est beaucoup plus difficile, explique-t-il. Tout est plus cher : la nourriture, les déplacements, tout. En Syrie, on ne payait pas les hôpitaux, ni les écoles. On avait l’électricité moins chère et en continu, comme l’eau. Avec 500 dollars là-bas, une grande famille comme la nôtre vivait très bien. » 


Ici, Mohammad doit s’acquitter de 50 dollars par mois pour payer l’école d’Assaad, tandis que la scolarité des filles est gratuite. Il doit aussi consacrer 80 dollars par mois pour les médicaments de Waël, tandis qu’il se garde 20 dollars par jour pour faire manger sa famille. « Pour bien vivre ici, il nous faudrait au moins 800 dollars par mois », ajoute-t-il. Heureusement, il y a les événements, tels que le Fitr, l’Adha, Noël... qui rendent les gens généreux et lui permettent quelques « extras ». Mais il compte surtout sur les 7 000 dollars qu’il a ramenés de Syrie, soit les économies de toute une vie, pour subsister. Aujourd’hui, il lui reste 4 000 dollars de cette somme... « En attendant que la situation en Syrie touche à sa fin, conclut-il, même si le conflit s’annonce encore long. »

 

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