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L’avocat de Riad Salamé annonce un recours contre la détention provisoire de l’ex-gouverneur de la BDL


L’avocat de Riad Salamé annonce un recours contre la détention provisoire de l’ex-gouverneur de la BDL

L'ex-gouverneur de la BDL, Riad Salamé. Photo d'archives / AFP

L'avocat de Riad Salamé a annoncé jeudi qu'il allait contester en justice la mise en détention de l'ex-gouverneur de la Banque du Liban (BDL), arrêté suite à un interrogatoire de la juge d'instruction Shéhérazade Nasser dans l’affaire des opérations financières liées à Bank Audi, pour lesquelles il est poursuivi ainsi que l’ex-PDG de cette banque, Samir Hanna.

« La détention provisoire ne constitue ni une peine ni une preuve de culpabilité, mais une mesure qui n’était pas justifiée à l’encontre de l’ancien gouverneur. Cette décision fait désormais l’objet d’un recours devant la Chambre d’accusation de Beyrouth, conformément aux procédures en vigueur », a écrit Wassim Ghaoui dans un communiqué distribué à la presse.

L'avocat a aussi considéré que les poursuites engagées par le parquet contre M. Salamé ne remettent pas en cause la présomption d’innocence dont il bénéficie et assuré que son dernier interrogatoire « avait permis de démontrer qu’aucune somme n’avait été détournée ». Il n'a toutefois fourni aucun élément concret de cet interrogatoire.

M. Ghaoui a rappelé que l'interrogatoire de M. Salamé mercredi entre dans le cadre de la plainte déposée contre lui par l'actuel gouverneur de la BDL Karim Souhaid. « Sur la base de cette plainte, le procureur général près la cour d’appel de Beyrouth l’a poursuivi pour détournement de fonds de la Banque du Liban et création de sociétés fictives, selon les informations ayant fuité dans les médias concernant le réquisitoire à l’origine de l’action publique », a souligné l'avocat.

« Le deuxième interrogatoire de Riad Salamé dans cette affaire a duré plus de trois heures. Il a démontré, selon le communiqué, qu’il n’y avait eu aucun détournement de fonds ni aucun préjudice subi par la Banque du Liban et, bien entendu, qu’aucune société fictive n’avait été créée », a assuré l'avocat. « Il a été néanmoins décidé d’émettre un mandat d’arrêt à son encontre, malgré le remboursement intégral du prêt à la Banque du Liban et les bénéfices réalisés par celle-ci », a-t-il indiqué.

L’affaire porte notamment sur une opération remontant à 2010, au cours de laquelle une société offshore a acquis auprès d’EFG Hermes quelque 17 millions d’actions de Bank Audi pour environ 153 millions de dollars, avec un financement de la BDL. La même période est marquée par l’entrée des frères Nagib et Taha Mikati au capital de Bank Audi, dans le cadre d’une opération distincte, financée notamment par des crédits de la banque. La BDL reproche à Riad Salamé d’avoir utilisé des fonds de la banque centrale dans le cadre des opérations aujourd’hui examinées par la justice.

La plainte déposée en janvier par la BDL porte notamment sur des opérations dans lesquelles des titres auraient été souscrits par la banque centrale auprès de sociétés, avec des garanties constituées par des actions de Bank Audi. Ces opérations présumées auraient causé d’importantes pertes financières, des fonds de la banque centrale ayant été placés auprès de sociétés qui se seraient révélées par la suite fictives ou en difficulté financière.

Or, les conseils de Riad Salamé soutiennent qu’aucun fonds de la BDL n’a été détourné et que, bien au contraire, celle-ci a réalisé un bénéfice évalué à 33 millions de dollars. Ils répètent que les décisions prises par la BDL dans le cadre de l'affaire ont été approuvées par son Conseil central pour rejeter le fait que seule la responsabilité du gouverneur soit mise en cause.

Une source judiciaire proche de la BDL estime cependant que l'argument du bénéfice réalisé est inopérant, dans la mesure où la plainte ne porte pas uniquement sur l’opération en question, mais sur un montage financier plus complexe et aux contours juridiques plus flous.


L'avocat de Riad Salamé a annoncé jeudi qu'il allait contester en justice la mise en détention de l'ex-gouverneur de la Banque du Liban (BDL), arrêté suite à un interrogatoire de la juge d'instruction Shéhérazade Nasser dans l’affaire des opérations financières liées à Bank Audi, pour lesquelles il est poursuivi ainsi que l’ex-PDG de cette banque, Samir Hanna.« La détention provisoire ne constitue ni une peine ni une preuve de culpabilité, mais une mesure qui n’était pas justifiée à l’encontre de l’ancien gouverneur. Cette décision fait désormais l’objet d’un recours devant la Chambre d’accusation de Beyrouth, conformément aux procédures en vigueur », a écrit Wassim Ghaoui dans un communiqué distribué à la presse. L'avocat a aussi considéré que les poursuites engagées par...