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Économie

Alain, 38 ans, restaurateur : « J’avoue que je ne sais pas à combien s’élèvent mes revenus »

Liban - Un homme, un métier
Rana ANDRAOS | OLJ
07/10/2013

Alain est un homme jovial. Un amoureux de la vie et des soirées entre amis, il avoue dans un fou rire ne pas connaître le montant de ses revenus. Et pour cause. Alain est le copropriétaire de deux restaurants à Beyrouth et d’un espace traiteur.


« Certains mois, les restaurants sont pleins, d’autres, c’est un peu la traversée du désert. » « Les médias véhiculent une psychose qui fait du mal à un métier qui souffre déjà du manque de touristes et d’expatriés depuis deux ans », déplore-t-il. Ces derniers mois, il préfère réinvestir les bénéfices dans le développement de l’espace traiteur. « Mais n’allez pas me demander à combien s’élèvent mes revenus », s’excuse-t-il. Alain n’est pas un stressé des finances ni de l’organisation. Il avoue qu’il est privilégié par rapport à la grande majorité de la population libanaise. Célibataire, il dépense sans compter sur ses besoins et envies « souvent inutiles », indique-t-il.


Il possède une maison dans la capitale libanaise dont les échelonnements mensuels s’élèvent à près de 500 dollars. S’ajoutent à cela les frais de municipalité (900 000 livres par an) et ceux du ministère des Finances (près d’un million de livres par an). La double facture électrique s’élève à près de 250 dollars (100 dollars pour EDL et 150 pour l’abonnement au générateur de quartier). Alain souscrit à une police d’assurance médicale qui lui coûte 2 000 dollars par an.


Alain est fan de supermarchés. « Je suis capable d’y passer deux heures à fouiner entre les rayons, histoire de découvrir de nouveaux produits. » Sa facture de supermarché ? Plus de 1 000 dollars par mois, avoue-t-il non sans embarras. « J’aime inviter mes amis pour des apéros, des dîners et des fêtes où l’alcool coule à flots », ajoute-t-il. Dernièrement, il a mis fin à son abonnement dans une des salles de gym huppées de la capitale. « Trop cher », ironise-t-il (400 dollars par mois avec entraîneur privé). Sa facture de téléphone s’élève à 300 dollars US et l’essence qu’il remplit dans sa voiture oscille également aux alentours de 300 dollars. Et le reste ? Il n’en dira pas plus que ça...


Alain explique pourtant que si son métier lui permet certains caprices, il se sait à la merci de la conjoncture politique et sécuritaire du pays et de la région. « C’est le propre des travailleurs indépendants », souligne-t-il en expliquant que le spectre d’une nouvelle guerre est une inquiétude qui ne le quitte pas. « Je ne pourrai jamais oublier les conséquences de l’été 2006. » Les licenciements, les factures impayées, l’incertitude du quotidien...


Quitter le pays ? Ce n’est pas une option pour le moment, même si Alain avoue qu’il y pense « sérieusement » depuis quelques mois.

 

 

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