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Ghayath, 33 ans, manager d’artistes internationaux : « Le monde de la musique est très compétitif »

Liban - Un homme, un métier
21/10/2013

Basé en Belgique, Ghayath, 33 ans, gère la carrière de plusieurs DJ internationaux depuis sept ans environ. Cofondateur du label musical français FORM et de sa branche management, son métier consiste notamment à faire en sorte que ses artistes se produisent dans les festivals et les clubs. Il les guide également dans leur carrière, écoute leurs démos et œuvre à faire parler d’eux dans la presse.


Ghayath a fait ses premiers pas dans l’univers de la musique électronique il y a une dizaine d’années. « C’était dans le cadre de mon projet de diplôme à l’Université Saint-Joseph (USJ). J’avais pour tâche d’organiser de A à Z un événement musical, qui a vu la participation de plusieurs artistes français avant-gardistes. Je ne remercierai jamais assez l’USJ pour son ouverture d’esprit et son soutien, ainsi que le Centre culturel français (CCF) qui m’a énormément aidé et conseillé », indique-t-il.


Ghayath voyage ensuite en Europe pour poursuivre ses études ; il en profite pour se plonger dans l’univers musical européen et explorer les opportunités professionnelles qui se présentent à lui. Il rencontre rapidement des artistes et les aide, d’abord bénévolement, à développer leur carrière. Les dés sont jetés : il devient en quelques années l’une des figures incontournables du management – et le seul manager libanais en Europe – dans le cercle très fermé de la musique électronique. Aujourd’hui, il gère la carrière de pointures du genre, qui lui reversent 15 % de leurs gains mensuels. À noter que le cachet d’un DJ pour une seule prestation peut s’élever à 10 000 euros...


Parmi les artistes collaborant ou ayant collaboré avec son agence figurent, outre Popof (cofondateur de FORM), Maetrik/Maceo Plex, Julien Jeweil, Butch, Tiefschwarz, Noob ou encore Éric Volta, tous régulièrement en tête des classements internationaux. Le salaire de Ghayath, qui peut atteindre les 8 000 euros mensuels, ne comprend pas ses fréquents déplacements en avion, dans le monde entier, ou encore son hébergement dans des hôtels de prestige. « Les organisateurs sont tenus par contrat de s’en occuper », glisse-t-il pudiquement.


Mais, si les avantages sont nombreux, les places dans le milieu sont limitées, le turnover important et le travail intense, confie-t-il : « Le monde de la musique est très compétitif. Tout le monde connaît tout le monde et tous font la fête ensemble, mais la lutte est sans pitié lorsqu’il s’agit de saisir les opportunités alléchantes. »


Dans ce sens, il s’est aménagé un espace lui permettant de pouvoir prendre du recul : fondateur en 2004 du collectif culturel libanais Kaotik System, il a toujours soutenu cette organisation à but non lucratif dédiée à la promotion de la musique au sein de la jeunesse libanaise, « dans des circonstances politico-sécuritaires parfois très dures », relève-t-il.
Le collectif, qui fête le mois prochain ses dix ans d’existence et clôture ses activités avec une prestation à laquelle collaboreront plusieurs grands noms de la musique européenne, « m’a permis tout au long des années de garder un lien fort avec mon pays natal. J’ai aidé mes camarades et j’ai continué à organiser des événements quand la situation le permettait ». Le rêve de Ghayath ? « Revenir au Liban et poursuivre mes activités dans le pays que j’aime. »

 

 

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