La Syrie a annoncé avoir arrêté sept personnes après la mort dimanche d'un homme qui avait été battu lorsqu'il était détenu par la police.
Le ministère de la Gestion des situations d'urgence et des catastrophes a indiqué que Mohammad Ghumeira était mort « des suites de complications liées à des hémorragies cérébrales et gastro-intestinales, après avoir été battu alors qu'il était détenu » dans un commissariat de la province de Lattaquié, dans l'ouest du pays. Le ministère a précisé que M. Ghumeira, âgé d'une vingtaine d'années, était l'un de ses employés et qu'il souffrait d'hémophilie, une maladie qui empêche le sang de coaguler normalement.
Un membre de la famille Ghumeira, qui s'exprimait sous couvert d'anonymat, a déclaré à l'AFP qu' « il avait été accusé d'avoir volé une importante somme d'argent ». Selon lui, il avait été détenu pendant trois jours puis libéré faute de preuves suffisantes. « Mais il avait été gravement torturé (en détention), ce qui a entraîné une dégradation de son état de santé, puis sa mort », a indiqué ce proche.
La télévision d'Etat a indiqué que les forces de sécurité de Lattaquié avaient « arrêté sept personnes » qui étaient présentes au moment de la détention. Le ministre de l'Intérieur Anas Khattab a promis dans un communiqué que « toute violation ou faute commise par des membres du ministère de l'Intérieur sera traitée avec fermeté ».
« Aujourd'hui, les membres du personnel du commissariat accusés d'avoir battu » Ghumeira ont été arrêtés, a déclaré le ministre de la Gestion des situations d'urgence et des catastrophes, Raed al-Saleh. « Les Syriens ont fait des sacrifices pendant 14 ans pour obtenir une Syrie qui protège leur dignité », a-t-il ajouté, promettant qu' »il n'y aura pas d'impunité ».
Une coalition islamiste a pris le pouvoir fin 2024 après avoir renversé le président Bachar el-Assad, au terme de près de 14 années de guerre civile et de violences, marquées notamment par de graves exactions dans le système carcéral. Selon le Réseau syrien pour les droits de l'homme et l'Observatoire syrien des droits de l'homme, plusieurs personnes sont mortes en détention depuis fin 2024.

