Le Premier ministre Nawaf Salam (à g.) discutant avec d’autres ministres du gouvernement lors du Conseil des ministres du 13 août 2026. Photo diffusée sur le compte X du Grand Sérail
Le Conseil des ministres a décidé jeudi de modifier le décret n° 3214 relatif à la redevance sur les déchets, mais le ministre de l’Information Paul Morcos n'a pas fourni les détails des modifications pendant son point presse après la réunion et le procès-verbal de la décision doit être encore rendu public.
Réuni au grand Sérail au lendemain des séances parlementaires au cours desquelles les lois d’abolition de la peine de mort, d’amnistie générale, de l’information et de la résolution bancaire ont été votées, le gouvernement a prévu en outre de suspendre ses réunions pendant deux semaines, programmant ses prochains rendez-vous à début septembre, selon le ministre.
Le sujet des redevances sur les déchets faisait partie des points les plus saillants de l'ordre du jour et devait initialement être tranché lors de la séance du 7 août. Paul Morcos a précisé que la majorité des autres points avaient été validés, à l’exception de ceux qui nécessitaient la présence de la ministre de l’Enseignement, absente pour le coup, sans plus de précisions.
La décision sur la redevance a été prise malgré l’opposition des ministres de la Santé, du Travail, des Télécommunications et de l’Industrie, a précisé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Signé le 15 juin et publié trois jours plus tard, le décret 3214 avait augmenté de 0,10-0,50 % à une fourchette de 1 à 3 % les redevances dues à l'importation sur 98 catégories de produits, en application de la loi 38 du 5 janvier 2026. Son application avait ensuite été suspendue le 29 juin après une vague d'objections politiques, syndicales, patronales et associatives. Il avait été renvoyé à une commission ministérielle réunissant les ministres des Finances, de l'Économie, de l'Environnement et de l'Industrie. Des négociations ont ensuite eu lieu, aboutissant sur un « bon texte », selon le ministre des Finances en fin de semaine dernière, et une rencontre avec le Premier ministre Nawaf Salam avait été programmée mardi pour préparer le terrain avant le Conseil des ministres.
« C'est un ami »
Le ministre de l'Information a aussi évoqué les grands axes du discours prononcé par le Premier ministre, qui est revenu sur les tensions au Parlement entre lui et le ministre de la Défense Michel Menassa autour de la loi d'amnistie générale. Le ministre voulait prononcer une allocution présentant le ressenti de l'armée sur ce texte, mais M. Salam a jugé qu'il était le seul habilité à parler au nom du gouvernement, ajoutant que les réserves de l'armée avaient déjà été communiquées en amont.
« C’est un ami pour lequel j’ai toute l’affection, le respect et l’estime. Il est, comme moi, attaché à la Constitution et à la solidarité gouvernementale », a notamment déclaré Nawaf Salam au sujet de Michel Menassa avant d'assurer qu'il ne lui avait pas interdit de se rendre au Parlement malgré ce désaccord, affirmant que les informations diffusées à ce sujet étaient fausses. Il a enfin qualifié de « calomnie » les affirmations selon lesquelles l’avis de l’armée aurait été écarté lors de l’examen de la loi d’amnistie. Il a en outre salué le vote de cette loi et des autres textes clés adoptés mardi et mercredi par le Parlement.
M. Salam, ancien président de la Cour internationale de justice (CIJ), a aussi renouvelé ses critiques sur « les opérations de destruction systématique des villages du Liban-Sud par l’occupation israélienne », qui constituent pour lui « une violation des lois de la guerre et de la Convention de Genève ». Il a aussi renouvelé ses critiques des déclarations du ministre de la Défense israélien Israel Katz sur le maintien des forces israéliennes au Liban, à Gaza et en Syrie, les jugeant « totalement inacceptables en gros comme en détail », ajoutant que Washington avait « bien fait » de recadrer le haut responsable israélien dans la journée.
Le Premier ministre est aussi revenu sur le dossier des négociations avec la société Solidere adopté pendant la précédente séance. Selon Paul Morcos, il a indiqué « avoir informé Solidere du contenu de cette décision et insisté sur l’importance pour la commission ministérielle présidée par le vice-Premier ministre d’entamer les discussions dès réception de la réponse de Solidere ».
Plus de trente ans après la reconstruction du centre-ville de Beyrouth, le gouvernement a ouvert il y a une semaine la voie à la négociation sur la durée du mandat et les prérogatives de la Société libanaise pour le développement et la reconstruction du centre-ville de la capitale, créée par décret en 1994 pour 25 ans en vertu de la loi 117 de 1991, puis prolongée de dix ans par décret en décembre 2005.


