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Liban - Violations de l’espace aérien

Aoun et Hariri poursuivent leur mobilisation pour contenir les retombées de l’offensive israélienne

Les réunions s’intensifient dans un climat de tension et d’appréhension.

Saad Hariri entouré des ambassadeurs arabes. Photo ANI

Plusieurs jours après l’incursion des drones israéliens qui ont violé l’espace aérien libanais à hauteur de la banlieue sud et de la Békaa dimanche et lundi derniers, le président de la République Michel Aoun et le chef du gouvernement Saad Hariri ont continué hier à se mobiliser pour examiner et contenir les retombées des agressions, dans un contexte de tensions et d’appréhensions.

À Beiteddine, le chef de l’État a ainsi assuré le suivi de l’application des décisions prises mardi par la Conseil supérieur de défense, et s’est enquis des rapports relatifs aux enquêtes effectuées actuellement par le parquet général militaire, ainsi que des réactions locales et internationales à la violation de la souveraineté libanaise.

Toujours à Beiteddine, le ministre d’État aux Affaires présidentielles Salim Jreissati a reçu la chargée d’affaires française Salina Grenet-Catalano, avec laquelle il a passé en revue les mesures adoptées par l’État libanais pour traiter les retombées de l’offensive israélienne.

Pour sa part, le Premier ministre Saad Hariri a intensifié les contacts diplomatiques au Grand Sérail, recevant en présence de l’ancien ministre Ghattas Khoury, les ambassadeurs d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Koweït, de Palestine, du sultanat d’Oman, du Maroc, d’Algérie, du Soudan, d’Irak, de Tunisie, d’Égypte, ainsi que la chargée d’affaires de Jordanie.


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L’appui arabe

À l’issue de la réunion, le doyen du corps diplomatique arabe, l’ambassadeur du Koweït, Abdelaal al-Kinaï, a déclaré que « les pays arabes appuient le Liban et se tiennent à ses côtés », affirmant qu’ils sont « attachés à sa sécurité et sa stabilité ». Et d’insister : « La stabilité du Liban est une revendication des États arabes, soucieux d’éloigner ce pays de tout ce qui menacerait sa sécurité et sa stabilité. »

M. Hariri a par ailleurs pris contact avec la haute représentante de la Commission européenne, Federica Mogherini, à qui il a demandé l’appui de l’UE aux efforts visant à calmer la situation et à mettre fin aux violations par Israël de la résolution 1701 de l’ONU, ainsi qu’à maintenir la sécurité et la stabilité dans la région après les récents développements.

Du côté de Aïn el-Tiné, le président de la Chambre Nabih Berry a salué « les prises de position du président de la République Michel Aoun et du Premier ministre Saad Hariri, qui ont témoigné de la consolidation de la formule armée, peuple et résistance », selon les propos tenus par Ali Bazzi, député du mouvement Amal, après la réunion hebdomadaire de M. Berry avec les députés. Ce dernier s’est ainsi félicité de l’unanimité dans la condamnation des agressions. « La position unanime condamnant l’offensive israélienne est un début de victoire au niveau de l’unité nationale », a-t-il estimé.

Quant au ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, il s’est réuni au palais Bustros avec le coordinateur spécial des Nations unies Jan Kubis, à qui il a demandé d’appeler l’ONU à « condamner les agressions israéliennes », réaffirmant « l’engagement du Liban à respecter la résolution 1701 », qui stipule la cessation des hostilités tout au long de la ligne bleue. M. Kubis s’est en outre rendu à Yarzé où il s’est entretenu avec le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun.


(Lire aussi : L'armée libanaise tire sur des drones israéliens au Liban-Sud)



La nécessité de maintenir la sécurité et la stabilité tout au long de la Ligne bleue, a été mise en relief également par le porte-parole de la Finul, Andrea Tinenti, qui a fait savoir hier que la force onusienne travaille en coordination étroite avec les forces armées libanaises jour et nuit tout au long de cette ligne. « Nous suivons de près les développements au Liban et dans la région », a-t-il précisé, soulignant que le commandant de la Finul, Stefano Del Col, communique avec toutes les parties pour empêcher tout malentendu ou incident qui pourrait exposer la cessation des hostilités au danger. Le porte-parole de la Finul a en outre indiqué que M. Del Col « exhorte les parties concernées à exercer le maximum de retenue et à profiter du mécanisme de coordination », assumé par la force internationale.

Au niveau parlementaire, une réunion des commissions mixtes s’est tenue sous la présidence du vice-président de la Chambre Élie Ferzli. À l’issue de la séance, ce dernier a précisé que « la réunion a été l’occasion de condamner l’agression israélienne et sa violation de la résolution 1701, ainsi que de louer et soutenir la décision prise par l’État, représenté par le président de la République et le Premier ministre lors de la réunion du Conseil supérieur de défense, de considérer cet acte comme un acte d’agression par excellence ».


(Lire aussi : Des soldats israéliens entraînés à combattre en réalité virtuelle dans les tunnels du Hezbollah)



La stratégie de défense

Tout en condamnant l’agression israélienne qu’il a décrite comme « une violation flagrante de la résolution 1701 », et tout en proclamant « le droit de l’État à défendre le Liban et les Libanais », l’ancien Premier ministre Fouad Siniora a déploré que « ce à quoi est exposé actuellement le pays est le fruit d’actes commis par le Hezbollah à l’étranger ». Dans un entretien télévisé, M. Siniora a déclaré que « le gouvernement ne peut plus rester dans la position du destinataire et donc assumer toutes les responsabilités, tandis que la décision de guerre et de paix reste entre les mains du Hezbollah ». « Il est nécessaire que le Conseil des ministres discute le plus rapidement de la stratégie de défense, ceci pour préserver la sécurité du Liban et protéger l’avenir des Libanais. »

L’ancien Premier ministre a en outre critiqué les propos du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de son discours tenu dimanche dernier, et dans lequel il affirmait : « Si Israël tue l’un de nos frères en Syrie, nous réagirons à cet assassinat au Liban, pas dans les fermes de Chebaa. » . Faisant observer que Hassan Nasrallah « n’a même pas dit du Liban, mais au Liban », M. Siniora a affirmé que celui-ci « doit éclaircir ses propos parce qu’elles impliquent dangereusement le Liban et les Libanais dans des questions dont l’État n’est pas responsable ».


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Plusieurs jours après l’incursion des drones israéliens qui ont violé l’espace aérien libanais à hauteur de la banlieue sud et de la Békaa dimanche et lundi derniers, le président de la République Michel Aoun et le chef du gouvernement Saad Hariri ont continué hier à se mobiliser pour examiner et contenir les retombées des agressions, dans un contexte de tensions et...

commentaires (8)

encore une réunion qui ne sert à rien seulement pour boire une tasse de café ensemble !!!!!!!!

FAKHOURI

18 h 04, le 29 août 2019

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Commentaires (8)

  • encore une réunion qui ne sert à rien seulement pour boire une tasse de café ensemble !!!!!!!!

    FAKHOURI

    18 h 04, le 29 août 2019

  • Personne ne pense que si , a partir du Liban ,des missiles intelligent teleguide sont lances sur Israel, ce dernier lancera une attaque sur le Liban avec destructions et morts sans pareil pour nous meme si le dome de fer les arrette PEUT ETRE LES LIBANAIS DEVRAIENT POUSSER UN SOUPIR DE SOULAGEMENT QUE CETTE ATTAQUE A DETRUIT CES CAMIONS SANS FAIRE DE MORTS OU DE DESTRUCTION MASSIVE A LA DAHYE NOUS N'AVONS PAS BESOIN DE GUERRE AU LIBAN SURTOUT POUR DES CAUSES ETRANGERES A NOTRE PAYS NOUS AVONS GRAND BESOIN DE PAIX, DE SECURITE ET DE REFORMES SINCERES POUR AMELIORER NOTRE VIE QUOTIDIENNE PENSONS A NOTRE PATRIE , PAS AUX GUERRES DCES AUTRES

    LA VERITE

    14 h 01, le 29 août 2019

  • Dans tout ça c'est le "soutien" arabe qui fait le plus peur . Ils sont là pour amadouer la résistance plus pour jouer en faveur des agresseurs usurpateurs , que de soutenir le Liban .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 20, le 29 août 2019

  • N'en déplaise au Président de la Chambre la formule "armée, peuple et résistance" est contraire à l'Etat de droit et à "l'unité politique"

    Beauchard Jacques

    11 h 13, le 29 août 2019

  • Quelle aubaine que cette "tragédie nationale" des deux drones ! Elle permet à nos responsables de mettre à l'arrière plan tous les autres problèmes de notre vie quotidienne qu'ils ont été incapables de résoudre depuis qu'ils "dirigent" notre malheureux pays ! Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 09, le 29 août 2019

  • La meilleure stratégie de défense serait que le Hezbollah rentre dans les rangs, devienne un parti purement politique, remette ses armes à l’armée, e et laisse le jeu des instituions politiques mener le jeu et la vue du pays, le tryptique : armée, peuple, institutions.

    LeRougeEtLeNoir

    08 h 19, le 29 août 2019

  • ISRAEL VEUT ENTRAINER LE HEZB ET LE LIBAN, DANS CETTE PERIODE DE CRISE ECONOMIQUE ET FINANCIERE, DANS UNE GUERRE IMPOSEE POUR DETRUIRE LE PAYS. SE LAISSER ENTRAINER SERAIT FAIRE SON JEU.

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION !

    08 h 13, le 29 août 2019

  • Les réunions futiles multi-directionnelles et les propos de Bazzi sur "la consolidation de la formule armée, peuple et résistance", montrent qu'ils n'ont toujours pas compris le message des drones Israéliens. Le Hezbollah est actif en Syrie et répète ses intentions de participer au prochain conflit. Nos dirigeants doivent changer leurs rhétoriques et arrêter de donner au Hezbollah les justificatifs qui pourraient entrainer le Liban dans un piège. Le Liban à le droit de se défendre et le Hezbollah ne peut pas preparer des attaques à partir du Golan. Nos dirigeants doivent le dire à Nasrallah publiquement. Engagez-vous pour une fois. Le Liban n’a rien à faire avec le conflit Irano-Israelien qui est une couverture à l'ambition expansionniste régionale de l'Iran et le contrôle des voies maritimes (détroits d'Ormuz et Bab El Mandeb). De très mauvais résultats dans l’ensemble et beaucoup de souffrance au Liban, en Iraq, en Syrie, à Bahrain, et au Yemen. L’Iran n’a pas réussi son pari avec quelques succès en l’Iraq. Le monde entier est contre l’Iran et la Russie n’est pas avec elle. Retirez-vous et laissez les gens rebâtir leurs vies et leurs pays. Siniora à raison car le risque sur le Liban est majeur. Il faut immédiatement discuter la Stratégie de Défense et redonner la décision de paix et de guerre à l'état. Le peuple Libanais dans toutes ses communautés vous tiendra tous responsables d’un dérapage.

    Zovighian Michel

    07 h 03, le 29 août 2019

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