Photo Philippe Matsas / DR
Chroniqueur géopolitique à France Inter, spécialiste des questions internationales et ancien correspondant de « Libération » à Jérusalem, Pierre Haski publie chez Stock « Une terre doublement promise. Israël-Palestine : un siècle de conflit ». Un livre qui revient longuement sur la période des accords d’Oslo. Loin des carcans idéologiques, le journaliste propose une lecture pleine de nuances et d’humanité.
OLJ / Propos recueillis par Anthony SAMRANI, le 27 avril 2024 à 00h00
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Pierre Haski est un journaliste si professionnel et nuancé… il donne de l espoir dans ce débat si sclérosé
Page 125, "Cette plongée dans les livres"… "ces textes exhumés". M. Haski, vous avez mille fois raison, et de les ressusciter. Mais que dire des milliers de coupures de presse, de tant de rayons de livres, d’articles de journaux que j’ai lu et qui n’éclairent jamais sur une notion aussi bête que cela : la volonté de vivre ensemble. Exemple de coupure de presse (page 4, du "Monde" du 17 août 1994) "Yasser Arafat sévit contre les islamistes". Mais de quel Libanais est l’autre déclaration dans cette même page sur les opérations de résistance (entre guillemets dans le texte) est un droit légitime…
La solution de l’ONG ""A land for all"" est plus pragmatique que d’autres, déjà proposés. Quand je lis les déclarations de l’Israélienne May Pundak, et de la Palestinienne Roula Hardal (bien qu’elle a la nationalité israélienne), je me dis qu’elles sont plus proches de la réalité, du terrain, pour construire un cadre institutionnel vivable pour tous. May Mundak (fille de Ron Pundak qui a joué un rôle dans les accords d’Oslo, et dont Pierre Haski ne dit mot dans son livre, mais bon d’accord, il ne peut pas tout dire) est très réaliste sur les chances de tous les plans de paix…
À long terme, c’est la grande confédération qui sera dans les faits, une fois la paix est réalisée. C’est toujours la crainte d’être marginalisé, et la peur du statut du minoritaire. Au Liban, grand laboratoire politique, des voix se sont élevées pendant la guerre pour protéger une minorité (certains disaient en voie de disparition) en leur accordant, bien qu’elle soit très minoritaire, au nom d'une des ""communautés fondatrices du Liban"", une zone confessionnelle où elle est en paix.
Toujours dans l’optique d’un État. À mon modeste avis, une grande confédération allant de Gaza au Golan avec un """réaménagement""" du Royaume de Jordanie (que le grand Roi de Jordanie accepte avec gaîté de cœur moyennant quelques milliards de $) une grande confédération donc, où vivront les Juifs (leurs craintes d’être minoritaires sont légitimes) et les Arabes en toute intelligence. La solution à deux États ? Réponse : si les colons ""étaient 120 000 au moment d’Oslo"" combien seraient-ils dans une trentaine d’années quand Israël aura un siècle. Toujours des interrogations…
Je cite sa réponse à la question ""…solution à un État où tous les citoyens…"" et l’affirmation de la mort de cette solution. Une autre voix pour souligner le désespoir, l’interview toute récente de Ghassan Salamé, qui vaut pour sa franchise, je cite : ""À Gaza, ni les Palestiniens, ni les Israéliens, ni les Américains n’ont une solution"". LA solution ? à mon modeste avis, la solution à deux Etats, pose encore un problème : si l’un est entièrement indépendant, l’autre (palestinien) dépend forcément en grande partie d’Israël. Et en cherchant LA solution, on accumule les problèmes…
Mieux vaut commenter l’article que le livre. Un livre qui correspond plutôt aux lignes éditoriales de l’OLJ concernant le conflit à Gaza. En lisant le livre du journaliste Haski, et moi qui apprécie beaucoup ses interventions, on a l’impression de lire des commentaires qui relèvent du déjà lu ou entendu, récentes ou tout aussi anciennes que les photos qui illustrent son ouvrage. Des reprises. (suite)
A quitté la Tunisie depuis bien longtemps et toujours une mentalité de Dhimmi. Bien triste. Il a toujours pas compris que le combat des Palestiniens n'est pas un combat territorial ou financier tout simplement. Le 7/10 même les plus à gauche ont enfin compris. OLP ou Hamas, même combat
Pierre Haski ne représente plus personne. Il doit changer de disque. L'éducation des enfants palestiniens financés par l Unwra est à changer avant toute chose.
C’est un sujet complexe qui pourrait néanmoins être résumé comme suit: pour les nationaux zionistes (nazis donc), un palestinien à la mer = pollution, tous les palestiniens à la mer = solution…
Excellent article. M.Z
Doublement promise? Pas du tout. Unilatéralement promise à une partie quand celle-ci composait 3% de la population? Oui. Arrêtons de favoriser ou de ne pas se compromettre.
Pierre Haski est un journaliste si professionnel et nuancé… il donne de l espoir dans ce débat si sclérosé
20 h 14, le 02 mai 2024