X

À La Une

Formation du gouvernement : La balle est dans le camp de Hariri, affirme Naïm Kassem

Liban

Les six députés sunnites indépendants mais proches du Hezbollah ont été reçus par le mufti Deriane.

OLJ
08/11/2018

Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a une nouvelle fois rejeté la responsabilité du blocage dans la formation du gouvernement sur le Premier ministre désigné, Saad Hariri, auquel il demande d'intégrer dans son équipe un ministre sunnite qui ne lui soit pas affilié.

Lors d'un discours prononcé mercredi durant un meeting politique à Bourj el-Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, Naïm Kassem a indiqué que "le Hezbollah a été l'un des premiers à faciliter la formation du gouvernement et à soutenir la nomination de M. Hariri". "Nous estimons que la clé de la solution est entre les mains du Premier ministre désigné. C'est lui qui peut former le gouvernement dès demain, ou reporter cette formation à plus tard. La balle est dans son camp. Il peut arrondir les angles et aboutir à une solution acceptable à travers laquelle les députés (sunnites indépendants) se font représenter au sein du gouvernement", a martelé le dignitaire chiite.

Réagissant en fin de journée aux déclarations du numéro 2 du Hezbollah, une source au sein du Courant du Futur a estimé que "la balle n'est pas dans le camp de Saad Hariri, mais dans celui des saboteurs", soulignant que "tous les Libanais savent qui sont les responsables de ce sabotage". Le Premier ministre désigné a accompli "sa mission d'arrondir les angles", a-t-on ajouté de même source.

La semaine dernière, alors que la formation du nouveau gouvernement semblait imminente, la revendication des sunnites indépendants soutenus par le Hezbollah d'obtenir un portefeuille, avait mis à terme à tous les espoirs. Cette revendication est catégoriquement rejetée par Saad Hariri, qui a reçu sur ce point, le soutien du chef de l'Etat, Michel Aoun.


(Lire aussi : Le Liban s’installe dans l’impasse)


"Demande juste"
"Un gouvernement d'union nationale est un gouvernement regroupant toute les forces politiques qui bénéficient d'une assise populaire, et nous avons rappelé  à plusieurs reprises à Saad Hariri la nécessité de traiter sérieusement les demandes de représentation formulées par les députés sunnites indépendants", a souligné le numéro deux du Hezbollah. "Le rassemblement consultatif (nom du groupe des députés sunnites indépendants, ndlr) réclame son droit et le Hezbollah le soutient. Ce n'est pas nous qui réclamons que ce groupe ait un ministre, c'est lui-même qui le fait. Et c'est parce que sa demande est juste que nous le soutenons", a souligné Naïm Kassem.
Samedi dernier, Naïm Kassem avait déjà affirmé que le nouveau cabinet ne sera "complet" qu'en incluant un ministre sunnite représentant les figures proches du Hezbollah.

Le groupe parlementaire du Hezbollah a quelques heures plus tard appelé M. Hariri, à accorder un siège aux députés sunnites qui ne lui sont pas affiliés, estimant qu'"exclure une composante politique ne sert pas l'intérêt nationale". "Un gouvernement qui regroupe la plupart des composantes politiques du pays est la bonne solution qui est requise pour faire face aux défis internes et externes", a estimé le bloc de la "Fidélité à la résistance" à l'issue de sa réunion hebdomadaire. "Exclure une composante politique du gouvernement ne sert absolument pas l'intérêt national ni la bonne marche du gouvernement. La représentation des sunnites indépendants incombe au Premier ministre désigné, et les forces politiques du pays doivent coopérer pour permettre cette représentation", a ajouté le groupe du Hezbollah. "Notre engagement à soutenir les députés sunnites indépendants est un devoir à la fois moral et politique, et nous ne voyons aucune raison qui puisse justifier le refus d'une telle demande", a conclu le groupe.



(Lire aussi : Iran vs US sur le terrain libanais, l'éclairage de Philippe Abi-Akl)




"Mauvaise voie"
Les six députés sunnites indépendants ont, pour leur part, été reçus aujourd'hui par le mufti de la République, cheikh Abdellatif Deriane. Dans un communiqué, Dar el-Fatwa a assuré ne pas faire de "distinctions entre Libanais". Dar el-Fatwa a insisté sur la complémentarité entre le Parlement et le gouvernement, ce qui laisse comprendre que le mufti Deriane, réputé proche de M. Hariri, ne soutient pas la demande des sunnites indépendants. Le député Kassem Hachem, l'un des députés sunnites indépendants, a, lui, salué la réunion qui s'est tenue à Dar el-Fatwa, lors d'un bref point de presse.  Mercredi, les députés sunnites indépendants avaient accusé Saad Hariri d'être responsable du blocage de la formation du gouvernement, lui reprochant de vouloir "accaparer la représentation de la communauté sunnite".

Le ministre sortant de l'Intérieur et député Nohad Machnouk, affilié au Courant du Futur de M. Hariri, s'est lui aussi rendu à Dar el-Fatwa où il s'est entretenu avec le mufti Deriane. "Le plus important, c'est le dialogue calme et la patience pour aboutir à la formation du gouvernement. Celui-ci sera mis sur pied en fonction des critères définis par Saad Hariri, à savoir l'entente et le dialogue avec tous, sans que cela ne signifie l'intégration de tous au gouvernement", a affirmé M. Machnouk. Il a estimé que les députés sunnites indépendants "ont emprunté la mauvaise voie dans leur revendications et l'ont fait à travers une formation politique qui n'est pas habilitée à nommer l'un d'entre eux" à un poste ministériel, en allusion au Hezbollah. "Saad Hariri n'envisage pas de se récuser de son poste de Premier ministre désigné. Il a été nommé pour cela, et c'est son droit de prendre son temps" pour former son équipe, a conclu M. Machnouk, qui était en froid avec M. Hariri après la décision de ce dernier de ne plus autoriser ses députés élus en mai dernier à cumuler des fonctions ministérielles.



Lire aussi

Nœud sunnite : les aounistes très en retrait par rapport à Aoun

Il faut respecter les résultats des législatives, insiste le Hezbollah

Gouvernement : Hariri ne boude pas, mais « use du luxe du temps »

La tempête et le roseau, l’édito de Michel TOUMA

Gouvernement : le nœud « sunnito (-chiite) » de plus en plus inextricable

Hassan Nasrallah : 1 – Michel Aoun : 0, l'édito de Ziyad MAKHOUL

Le Liban, terrain iranien ?

Formation du gouvernement libanais : l’art de gagner du temps avant la tempête

Au Liban, un nécessaire retour au président-arbitre

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Eleni Caridopoulou

Quel honte ces sunnites a la solde du Hezbollah

L’azuréen

Juste un point essentiel : les libanais ne sont pas écervelés ....

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

H Y P O C R Y S I E !!!

RE-MARK-ABLE

Ce n'est pas nous qui réclamons que ce groupe ait un ministre, c'est lui-même qui le fait. Et c'est parce que sa demande est juste que nous le soutenons", a souligné Naïm Kassem.

Ce n'est pas nous qui réclamons que Le Phare Aoun devienne Président , c'est lui même qui le fait .
Et c'est parce que sa demande est juste que nous le soutenons .

CLAIRE , NETTE ET PRECIS . PLUS QUE CA TU MEURS .

Leçon de démocratie participative à la proportionnelle .

Irene Said

Voilà qui est fait, Tonton Naïm nous a gratifiés de sa déclaration hebdomadaire...il peut se préparer la conscience tranquille pour une fin de semaine heureuse !
Irène Saïd

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Gouvernement : un nœud, trois phases et beaucoup de complications...

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué