La salle de classe saccagée par un groupe d'élèves de terminale. Photo fournie par le GLFL
Chaque année au Liban, le dernier jour de la vie scolaire, avant la retraite d'étude puis les épreuves finales du bac, est l'occasion pour les élèves de terminale de faire la fête et semer un joyeux désordre dans leur établissement. Mais cette tradition, habituellement tolérée par les écoles, a pris un tour plus violent jeudi au Grand lycée franco-libanais de Beyrouth, où un petit groupe d'élèves s'est livré au vandalisme d'une salle de classe et semé la panique pendant un bref moment. Un comportement qui « ne restera pas impuni », selon le proviseur de l'établissement Jean-Michel Maigre. Le responsable est revenu sur ces faits qui ont fait grand bruit depuis jeudi au vu de certaines vidéos en ligne, et alors que des parents réclament des « mesures fortes et immédiates ».
Cet incident est survenu alors que les épreuves du bac français ont été annulées cette année au Liban, sur décision du ministère de l’Éducation nationale en France, et que celles du bac libanais feront l'objet d'aménagements, notamment l'instauration de trois sessions consécutives et un allègement des matières.
Selon M. Maigre, 244 élèves de terminale célébraient leur grand départ. Après une matinée où ils ont partagé un petit déjeuner convivial avec leurs enseignants et responsables au cours de laquelle « des larmes ont parfois coulé », comme le raconte le proviseur, puis vécu des moments avec les petits de l’école primaire, « un groupe d’une vingtaine d’élèves s’est rendu aux étages supérieurs ». « Masqués et cagoulés pour certains, ils ont forcé des portes, bousculé des surveillants et saccagé une classe, brisant bancs et chaises », précise-t-il. Dans la confusion, des pétards ont été jetés, semant un brin de panique dans l’établissement. « Une dispute a éclaté entre des élèves. Une fille a même fait une crise d’asthme », regrette M. Maigre.
Vidéos et photos ont fait le tour des réseaux sociaux, semant l’émoi parmi les parents d’élèves. « Les vidéos qui circulent donnent une impression de chahut généralisé, ces incidents se sont produits sur un laps de temps très court et dans une partie de l’établissement, très loin notamment de l’école primaire » tient à préciser le proviseur, après avoir relayé aux parents les images. Onze minutes exactement ont suffi à « ce noyau dur d’élèves » pour forcer quatre portes, saccager une salle de classe, griffonner des tags sur des murs avec de la peinture et semer le chaos. Car dans la foulée, « ils ont été suivis par 150 à 200 élèves qui sont montés aux étages, sans nécessairement participer au saccage », observe le proviseur qui précise que le matin même, les élèves avaient été bien fouillés.
En fin de matinée tout est rapidement rentré dans l’ordre. Nombre d’élèves se sont même excusés avant de rentrer chez eux. Mais pour Jean-Michel Maigre, « l’incident est grave et ne restera pas impuni », car dans ces actes il y a « une volonté de faire du mal à l’école ». « Notre communauté est blessée moralement et face à la réalité du pays, ces incidents sont tragiques », insiste le proviseur. « Des mesures appropriées seront prises, dès que l’enquête aura livré ses conclusions », promet-il. Et « pour le moment, la fête de promotion et de remise des diplômes qui doit avoir lieu le 23 juin, est mise en suspens ». Il précise par ailleurs, que les dégâts ont été réparés et que la salle de classe saccagée est de nouveau opérationnelle.
La décision prise l'a été « en plein échange et confiance, et sur la même longueur d’onde que les parents d’élèves », assure le chef d'établissement. Car les parents sont aussi choqués. Le Comité des parents d’élèves a d’ailleurs publié un communiqué dénonçant « l’absence d’intervention des agents de sécurité dès le début des violences » et appelant l’établissement à clarifier la situation. « La sécurité de nos enfants ne peut en aucun cas être compromise. Il est impératif que des réponses claires, ainsi que des mesures fortes et immédiates, soient apportées », souligne le texte.


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