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La Dernière

Beroe, un grand potentiel, mais encore de grandes maladresses

L’aile ou la cuisse
18/11/2017

Beroe. Le nom est imprononçable et pourtant... Dans la mythologie grecque, c'est une déesse-nymphe aquatique de la ville de Bérytos (antique Beyrouth), dotée d'une exceptionnelle beauté.

Plus près de nous, il s'agit d'un restaurant local, l'un des plus récents à avoir ouvert ses portes à Beyrouth. Un lieu qui se veut simple, qui diffuse un charme certain, avec encore des maladresses à corriger, certes, mais un grand potentiel à développer. La décoration est agréable, les lumières élégantes, avec des tables reliées entre elles, comme un puzzle, dans un design unique. Original, mais non sans rappeler, dans la disposition, le style cantine.

Vous pouvez choisir d'être servis au bar, installés sur des tabourets plutôt confortables, mais ce n'est pas la meilleure option. Votre intimité est vite envahie par les barmen qui n'hésitent pas à intervenir dans votre conversation et l'interrompre. Les cocktails sont bien faits, même s'il n'est pas nécessaire d'avoir un demi-citron entier placé sur d'énormes glaçons avec son Moscow Mule ! La carte des vins est riche et propose un choix important de grandes bouteilles (et même de grands crus), servis au verre et à des prix assez raisonnables. Vous ne trouverez pas ça ailleurs. Heureusement, le reste du personnel est professionnel, très sympathique même et accueillant, toujours prêt à servir les clients avec le sourire. La musique est parfaitement bien choisie, mais le restaurant doit revoir sa sonorisation, car le brouhaha est assourdissant, surtout lorsqu'il affiche complet. À peine installés, un panier de pains faits maison est servi à table. Pas assez bon, pas assez moelleux. Les petits cornichons offerts ajoutent en revanche une saveur agréable au début du repas. Le potentiel de l'endroit se fait immédiatement ressentir, mais, vers la fin du dîner, quelques ajustements se sont imposés, à revoir à l'avenir.

 

Oui, mais...
Le Velveted Chicken in Boston Lettuce Wraps est inoubliable ! Un vrai plaisir, tant dans le goût que dans la présentation et une saveur unique, épicée jusqu'à titiller le palais. Les Squid Crisps sont appétissantes, mais ne sont pas toutes croustillantes, une première petite retouche est à envisager. La présentation du Burrata with Macerated Tomatoes est excellente. Notre assiette était servie avec des tomates cerises découpées, sans avoir été macérées. Le Tuna & Salmon Cru est un pur délice. C'est le twist alléchant de Beroe sur la frénésie des hawaiian pokes qui a récemment sévi sur la ville. Au menu, également, une version revisitée de la salade niçoise, baptisée Seared Tuna with Little Gem Lettuce, proposée avec des œufs durs découpés en tranches, (bien que ça ne soit pas mentionné dans la description des ingrédients). Le Cornish Crab with Endives est également très bien présenté et vraiment délicieux. Tous ces plats, pleins de saveurs et d'arômes uniques, n'étaient pas égaux dans la qualité. Le Beef with Asian Inspired Barbecue Sauce, censé être servi sur du riz croustillant, était sec, dur et insipide, et le bœuf n'était pas de la qualité d'un restaurant qui se veut raffiné. Le Mushroom & Goat Cheese Pasta est un autre gros ratage. Le goût du fromage de chèvre était inexistant, les champignons trop présents et les pâtes lourdes, même si elles sont, comme le pain, du fait maison. Quant au Crispy Beef in Soft Buns, il est visiblement préparé à partir de petits pains surgelés épais et denses, sans goût, alors que cette recette asiatique devrait en regorger, surtout lorsqu'elle est fraîche. De plus, le bœuf était trop cuit, ce qui le rendait difficile à mâcher.

Quant aux plats principaux, ils ne se sont pas tous aussi bien présentés. Malheureusement, les assiettes n'étaient pas chaudes au moment de servir, soit par manque de lampes chauffantes dans la cuisine, soit parce que le personnel a oublié de le faire. Le Cilantro & Lime Chicken, cuit à la perfection, est exceptionnel. Hélas, les deux choix de viande (Tenderloin et RibEye) n'étaient pas à la hauteur, que ce soit dans la présentation ou la préparation. La température de cuisson exigée n'a pas été respectée. Certains étaient parfaitement cuits à l'intérieur, mais brûlés à l'extérieur. La viande était tendre, mais elle manquait de goût, le chef avait probablement omis d'y ajouter du sel et du poivre. En outre, la queue du filet a été servie dans une des assiettes, une erreur de débutant qui ne trouve pas sa place dans un restaurant du niveau de Beroe, où le chef et le directeur ont déjà une grande expérience dans le domaine de la restauration. Quant aux sauces, elles sont à remplacer au plus vite par une bonne vieille sauce aux champignons ou au poivre. De même, les Potato Crisps ne sont pas croustillantes. Ce sont de simples frites sans goût ni texture. L'accompagnement de Mushrooms est parfait, les champignons sont grillés et saupoudrés de parmesan.

Le repas a donc été accompagné de surprises, certaines très belles, d'autres moins. Les desserts qui ont suivi sont excellents. Le cheesecake est savoureux, et le chocolat mou une réussite : sa présentation est sublime, en commençant par le verre dans lequel il est présenté, pour finir avec la magnifique sauce chocolat fondu au moment de servir. Un vrai chef-d'œuvre...

Même si l'objectif initial des propriétaires du Beroe ciblait un ticket moyen de 40$, je doute que cela ait pu être atteint. Cela ne veut pas dire que les prix ne sont pas raisonnables. Avec une facture moyenne de 65$ pour un repas comprenant trois plats, y compris le bœuf australien, c'est un véritable festin à un prix raisonnable.
Nous nous sommes promis de revenir en week-end pour essayer le brunch, mais en attendant, nous espérons que l'expérience du propriétaire, Marc Mouraccadé, et ses efforts continus pour améliorer la qualité de son restaurant, en accord avec son partenaire le chef Karim Bibi, permettront au Beroe d'être du niveau d'un restaurant quatre étoiles. Une place qu'il mérite.

 

DATA
Son : niveau maximum = 105,0 dB, TWA = 76,9 dB
Qualité de l'air : 65/100 (moyen), COV 0.8ppm, humidité 44%, température +26°C

NOTES
Son : 3/5
Décoration : 3/5
Personnel : 4/5
Plats : 3/5
Propreté : 4/5
Avis : bon
Prix : raisonnable.

EN RÉSUMÉ...

On aime bien :
le Velveted Chicken in Boston Lettuce, le Squid Crisps, le Tuna and Salmon Cru, le Cornish Crab with Endive, le Seared Tuna, le Cilantro & Lime Chicken et le chocolat mou

On aime moins :
le Beef with Asian inspired Barbecue Sauce, le pain et les pâtes produits maison, le Crispy Beef in Soft Steamed Buns, les Potato Crisps et les sauces des viandes.

Le conseil :
partagez plusieurs amuse-gueules, c'est le point fort du Beroe, évitez les plats de viande et laissez une place pour le chocolat mou.
Beroe, rue Pasteur, Gemmayzé.

*Critique gastronomique

FB : www.facebook.com/CordonCourtine/
Insta : cordon.courtine
E-mail : cordon.courtine@gmail.com

 

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