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Lifestyle - Liban Pop

La voix de Carla Chamoun dans le monde de Hans Zimmer

L'artiste libanaise, connue pour ses reprises, écrit et compose désormais sa propre musique. Dans son actualité, sa participation à la tournée mondiale du célèbre compositeur allemand de musiques de films, qui a repris les grands succès hollywoodiens et l’a mise au-devant de la scène.

La voix de Carla Chamoun dans le monde de Hans Zimmer

Carla Chamoun, une voix, une présence et des émotions. Photo DR

Carla Chamoun chante avec le cœur et, quand elle le fait, ce sont des nuances d’émotions que dégagent son tissu vocal et sa sensibilité. « Ta voix a un pouvoir de guérison », peut-on souvent lire en commentaire de ses vidéos sur les réseaux sociaux ou encore des messages laissés par des internautes libanais. C’est d’ailleurs le Liban que Carla Chamoun avait dans le cœur quand, sur la scène du spectacle The World of Hans Zimmer il y a quelques semaines, elle a surpris tout le monde, y compris les organisateurs, en lançant des « youyous » - une « Zalghouta » traditionnelle - sur la chanson du film Le Prince d’Egypte. « C’était pour moi une manière de saluer mon pays », confie-t-elle, à peine rentrée de cette tournée européenne où elle s’est produite devant des milliers de personnes qui l’ont découverte pour la première fois. Une opportunité unique qui vient booster un parcours encore jeune, mais prometteur dans la musique dont elle a longtemps tenté de s’éloigner.



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« J’ai toujours su, depuis l’école, depuis la chorale, que j’avais un talent pour le chant, confie-t-elle. Mais j’étais décidée à ne pas en faire une carrière. Partout dans le monde, c’est un domaine difficile pour une jeune fille, et où il lui faut souvent faire des sacrifices, des compromis. »

À l’université, Carla Chamoun opte donc pour des études en journalisme et enchaine les jobs dans différents médias locaux, mais la musique la rattrape quand un ami d’enfance lui propose de passer des auditions de chant pour un film pour enfants produit par la boite 1 :16. « Il a insisté, je me suis donc rendue au casting. Le film ne s’est jamais fait, mais je suis ressortie avec une proposition de contrat. Dès lors, j’ai fait le choix de devenir artiste. Une artiste qui compte sur sa voix, ses émotions, et son talent, loin des apparences. »




Des craintes dissipées

Si les débuts sont assez difficiles, Carla Chamoun et son producteur Lou Salloum tiennent bon, afin d’essayer de percer dans le milieu tout en gardant le niveau. Carla est alors invitée à se produire sur des scènes à Amsterdam, en Tunisie, en Jordanie, aux Emirats, en Syrie. Elle s'est ainsi produite dans des lieux prestigieux tels que le palais de l'Unesco à Beyrouth, l'Opéra de Damas, ou encore le Rudolfinum de Prague. Sur la toile, ses reprises de chansons classiques comme Ya Aachikata el-Wardi et Khedni Maak cumulent les vues, et le confinement est une chance pour elle de faire des concerts en ligne.

Son premier album, Ajmal Chi, avec l'Orchestre philharmonique de Prague, produit par Jan Holzner, quatre fois lauréat d'un Grammy Award, donne le ton, « ni classique ni commercial ». « J’ai emprunté plusieurs chansons jusqu’au jour où j’ai senti que je voulais composer ma propre musique. Aujourd’hui, j’ai une dizaine de singles à mon actif, dont le plus récent, Ya Rayt. J’y parle de mon vécu, des choses de la vie, d’amour, de ruptures, et il est intéressant de voir comment le public reçoit ces chansons. À Noël, par exemple, j’ai écrit une chanson en hommage à deux membres de ma famille emportés par la pandémie, mais les gens l’ont interprétée comme une chanson d’amour. »

Et quand on lui demande si les craintes des premiers jours vis-à-vis de l’industrie musicale ont disparu, la jeune originaire d’Achrafieh assure : « Il n’en reste rien ! » en rajoutant : « Même si les hommes dans ce milieu, surtout ceux qui ont un pouvoir, ne l’utilisent pas toujours de manière bienveillante. » « À plusieurs reprises, j’ai dû rester fidèle à mes principes et ne pas faire de compromis. Les choses prennent plus de temps, mais la réussite est encore plus gratifiante. »


Un talent confirmé, bientôt en concert au Liban. Photo DR


Tournée mondiale

Si cette industrie peut être cruelle, elle peut aussi surprendre. Alors qu’elle rentrait chez elle en larmes, il y a quelques mois, Carla Chamoun reçoit une bonne nouvelle : « Je venais d’écouter à la radio une nouvelle chanson que j’avais enregistrée en studio pour un compositeur libanais, mais interprétée par une autre artiste, précise-t-elle. Alors que j’avais travaillé dur pour donner une identité à cette chanson censée devenir mienne, le compositeur avait envoyé la demo à une autre artiste pour qu’elle s’en inspire. C’était du copier-coller. Je m’étais fait avoir. C’est alors que j’ouvre mon Instagram pour lire un message de la boite de production du compositeur international Hans Zimmer, qui me demande d’auditionner pour son spectacle mondial qui reprend les titres de ses plus grands succès au cinéma, de Gladiator à Pirate des Caraïbes. Dieu fait bien les choses ! » glisse-t-elle.



L’enregistrement envoyé, Carla Chamoun doit attendre que Hans Zimmer en personne fasse un choix, et se voit offrir une place sur la tournée en Europe. « L’été passé, j’avais voyagé à Paris pour assister à son concert, et là je fais partie de la tournée. C’est énorme ! » assure Carla, qui explique que la directrice de casting avait vu ses vidéos en ligne alors qu’elle recherchait un nouveau talent. « On m’a dit qu’ils voulaient une artiste qui puisse s’adapter à différents styles, seule ou avec un orchestre, et qui soit capable de se produire sur scène. Ils sont tombés sur mes vidéos et les commentaires laissés par les internautes. »

Sur cette première partie de tournée qui vient de s’achever, l'artiste a pris part à 14 concerts, parfois devant 18 000 personnes. Elle y a présenté le titre de Gladiator, très attendu sur le spectacle, aux côtés de la chanteuse Lise Gerard, qui ne fera plus partie du show par la suite. « C’était une manière de m’introduire au public, et nous avons une nouvelle tournée de trois mois à partir d’octobre, un peu partout dans le monde », ajoute Carla Chamoun, qui a eu le privilège de rencontrer personnellement Hans Zimmer. Alors qu’elle fait des découvertes humaines et artistiques exceptionnelles lors de ses voyages, et reçoit déjà des propositions d’outre-mer, elle a dans sa ligne de mire une carrière à l’international, mais n’oublie pas le Liban. Elle prépare actuellement une série de singles et un concert au pays du Cèdre. Sans ambages, elle assure : « Être reconnue mondialement serait top, mais j’aimerais surtout qu’on soit fiers de moi ici. »

Carla Chamoun chante avec le cœur et, quand elle le fait, ce sont des nuances d’émotions que dégagent son tissu vocal et sa sensibilité. « Ta voix a un pouvoir de guérison », peut-on souvent lire en commentaire de ses vidéos sur les réseaux sociaux ou encore des messages laissés par des internautes libanais. C’est d’ailleurs le Liban que Carla Chamoun avait dans le cœur...
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