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La Dernière

Al-Halabi, la qualité dans la continuité

L’AILE OU LA CUISSE
13/05/2017

Encore un restaurant avec une multitude de marches à grimper avant d'arriver à la salle à manger, et pas un ascenseur en vue. Et cette même interrogation : pourquoi faut-il encore de nos jours rappeler l'existence de personnes handicapées ou âgées pour qui l'accès à certains lieux reste impossible ? Et combien de temps faudra-t-il attendre encore pour faire appliquer une loi dont nous avons grandement besoin ?
Mais enfin, un restaurant libanais qui a su se maintenir avec le temps, fidèle à une exigence de qualité présente à tous les niveaux, et déjà à l'accueil.
Car à peine arrivés, nous sommes parfaitement bien reçus par un maître d'hôtel souriant et aimable qui nous fait tout de suite sentir que nous sommes chez nous. À notre grande surprise, l'équipe est entièrement composée de serveurs libanais, tous impeccablement bien habillés et attentifs à tous nos besoins. Il est clair qu'ils travaillent dans cet établissement depuis bien longtemps, tant leurs gestes sont rodés et professionnels. Un petit inconvénient que les responsables doivent améliorer : la ventilation. Il faisait chaud lorsque le déjeuner a été servi, ce qui a entraîné de nombreuses plaintes de clients demandant que l'air conditionné soit mis en service. Ce problème n'a été résolu que pour quelques minutes, puisque, à peine l'air rafraîchi, le système était à nouveau éteint. Et les plaintes ont redoublé...

À table
Au moment de passer à table, tous ces tracas ou presque sont oubliés : avec une si large carte de mezzés, le choix est infini, d'autant qu'un grand nombre de ces plats font partie des fameuses spécialités de Halabi. Le hommos et le moutabbal, impeccablement préparés, étaient savoureux. J'irai même plus loin en affirmant que ce sont les meilleurs que nous ayons goûtés depuis longtemps ; encore plus exquis lorsqu'ils sont accompagnés par le pain saj, cuit sur place selon la méthode traditionnelle.
Malheureusement, le taboulé manquait de bourghoul (blé concassé) et le fattouche d'une touche de mélasse de grenade et d'une pincée de sumac. Mais revenons aux délices : les feuilles de vigne farcies fondent dans la bouche en y déposant un exquis arrière-goût de zeste de citron. Le plat de mouhammara est à mourir. L'amuse-bouche à ne pas rater : des rouleaux de fromage fondu grillés, chauds et croustillants, dans une option plus saine que sa version frite. Le kebbé bi joz est une autre délicatesse à ne pas rater. Mais ce que la plupart des clients semblent oublier, et qui à mes yeux pourrait se révéler un des best of de la maison, c'est l'aubergine grillée. OMG ! Telle quelle, sans rajouts, grillée et fumée à la perfection. Et si, dans la gamme, vous ne voulez pas vous aventurer dans un goût aussi « simple », vous pouvez toujours vous précipiter sur la salade raheb. Vous ne serez pas déçu.
Même si la plupart des plats du mezzé sont excellents, certains pourraient être exclus de ce menu de délices – parions que peu de gens remarqueront leur absence –, comme les minuscules ailes de poulet grillées ou les calamars panés. Notre plus grande déception reste les makanek. Le mélange d'épices qui les accompagne n'est tout simplement pas à la hauteur du reste. Idem pour le plat de ftileh garni de champignons et de pignons de pin ou enfin le batrakh. Pourquoi l'importer d'Australie, au lieu de se tourner tout simplement vers l'Égypte ?
Bien que complètement rassasiés après avoir dévoré nos mezzés, nous avons quand même voulu goûter à quelques grillades. Et c'était une bonne décision, même si pas très sage ! L'agneau grillé était parfait. Il y a longtemps que nous n'avons pas dégusté une si bonne viande dans un restaurant. Pareil pour les surprenants kebabs et khachkhachs. À consommer sans modération...

Prolonger le plaisir
Comme il est de coutume dans les restaurants libanais, ce très riche repas se clôture par un choix de desserts pas forcément légers. Mais nous ne nous attendions pas à ce qu'ils soient aussi bons. Oubliant pour quelques secondes que le plat de mangue avait été facturé 50 000 LL, la kachta avec le miel était tout simplement parfaite. La osmaliyyé et le katayef si savoureux que nous avons dû en commander une deuxième portion. Toutefois, la mouhallabiyé, censée être la spécialité de Halabi, était plutôt gélatineuse et fade. Bien heureusement, la deuxième portion de katayef était là pour faire oublier les petites déceptions.
Dans l'ensemble, notre repas chez Halabi était très agréable. Nous reviendrons sans hésiter, et très vite. Mais prudents, conscients de ce qu'il faudra (ou pas) commander. Et sûrs de bien vérifier la facture avant de quitter les lieux, car un plat commandé mais qui n'a pas été servi, un oubli sans doute, nous avait été facturé par erreur. Bilan : 65 $ par personne, c'est plutôt cher pour un restaurant de mezzés libanais.

 

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DATA
Qualité de l'air (zone non fumeur) : 44/100 (pollué), COV 2.0ppm, humidité 60 %, température +24° C

NOTES
Son : 3/5
Décoration : 3,5 / 5
Personnel : 4/5
Plats : 4/5
Propreté : 4/5
Avis : très bien
Prix : élevé

EN BREF...
On aime bien : le hommos, les aubergines grillées, les rouleaux de fromage grillés, l'agneau grillé, le kebab, les katayef, la kachta, la liste est longue !
On aime moins : le taboulé, les calamars panés, les makanek, la mouhallabiyé.
Le conseil : ne vous rassasiez pas de mezzés, aussi délicieux soient-ils, parce que les grillades sont encore plus exquises et les desserts incontournables. Vous pouvez éventuellement sauter les fruits.

 

Il agit dans l'ombre, même si sa signature énigmatique lui donne des airs de gentlemen franco-anglais. Cordon Courtine sévit dans les restaurants de la capitale undercover pour y goûter le meilleur, et parfois le pire. Un samedi sur deux, il vous servira ses impressions, toujours très objectives, sur tout ce qui fait la (bonne) réputation d'un restaurant, des saveurs aux odeurs, en passant par la décoration et la propreté des lieux. Bon appétit.

*Critique gastronomique
FB: www.facebook.com/CordonCourtine/
Insta: cordon.courtine
Mail: cordon.courtine@gmail.com

 

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George Khoury

content de voir que la bouttargue n'a pas plus non plus a notre testeur anonyme. et ce n'est pas en egypte (qui est bourree de metaux lourd en plus) qu'on trouve la meilleure bouttargue mais en italie.

et puis svp, appliquez la loi et faites de ce restaurant super un restaurant non fumeur

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