Le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammed ben Abdel Rahmane al-Thani, lors d'une conférence de presse à Doha, au Qatar, le 25 mai 2017. AFP / KARIM JAAFAR
Le Qatar refuse toute intervention dans sa politique étrangère, a déclaré jeudi son ministre des Affaires étrangères, alors qu'une grave crise l'oppose à l'Arabie saoudite et ses alliés qui l'accusent de "soutenir le terrorisme" et lui reprochent de se rapprocher de l'Iran.
"Personne n'a le droit d'intervenir dans notre politique étrangère", a déclaré à l'AFP cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, rejetant implicitement les conditions posées par les adversaires de Doha pour une sortie de crise.
Il a cependant exclu que la tourmente actuelle dégénère. "Une solution militaire n'est pas une option", a-t-il dit, précisant qu'aucun mouvement de troupes n'avait été opéré vers la frontière saoudienne.
Il a assuré que Doha pouvait tenir "éternellement" malgré le blocus qui lui est imposé, ajoutant que le Qatar "respectait" ses engagements internationaux et qu'à ce titre, il ne couperait pas ses livraisons de gaz aux Emirats arabes unis, l'un des trois pays du Golfe à avoir rompu avec lui.
La crise a éclaté lundi lorsque l'Arabie saoudite, les Emirats et Bahreïn, pays du Golfe voisins du Qatar, ainsi que l'Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha. Les trois pays du Golfe ont également fermé leurs frontières terrestres et maritimes avec le petit émirat et lui ont imposé de sévères restrictions aériennes.
L'Arabie et ses alliés exigent de Doha qu'il "change de politique" et épouse le consensus régional sur les mouvements islamistes radicaux et l'Iran, avec qui le Qatar partage le plus grand champ gazier du monde.
(Lire aussi : La presse saoudienne se déchaîne contre Doha, le Qatar tente de rassurer ses habitants)
Rôle de l'ancien émir?
Les Emirats ont qualifié le Qatar de "champion de l'extrémisme et du terrorisme dans la région".
Leur ministre d'Etat aux Affaires étrangères Anwar Gargash a posé une série de conditions pour une sortie de crise, notamment l'arrêt de ce qu'il qualifie de propagande "extrémiste" de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera et des mesures contre des représentants des Frères musulmans et d'autres islamistes ayant trouvé refuge à Doha.
L'Arabie saoudite a fermé les bureaux d'Al Jazeera lundi. La chaîne qatarie a dit jeudi être victime d'une vaste cyberattaque sans préciser l'origine de cette agression informatique.
Un haut responsable du Golfe a affirmé à l'AFP que cette crise était la conséquence de "l'influence" selon lui néfaste et persistante du précédent émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al-Thani (65 ans), sur son fils, Cheikh Tamim (37 ans), en faveur duquel il a abdiqué en 2013.
Cheikh Hamad avait réussi à placer le Qatar sur l'échiquier international en lui faisant jouer un rôle de médiateur dans plusieurs crises et en l'imposant comme un pivot des soulèvements ayant agité le monde arabe après 2011.

Après avoir soutenu l'isolement du Qatar, le président américain Donald Trump a fait volte-face, offrant son aide pour désamorcer la crise.
Lors d'un entretien téléphonique avec cheikh Tamim, M. Trump a "proposé d'aider les différentes parties à régler leurs différends, y compris à travers une rencontre à la Maison Blanche si nécessaire". Il a également appelé l'homme fort d'Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed Al Nahyane. Les Etats-Unis disposent d'une grande base militaire au Qatar.
Le président français Emmanuel Macron, lors d'entretiens séparés avec l'émir du Qatar, le président iranien Hassan Rohani et le roi Salmane d'Arabie Saoudite, a "invité toutes les parties" à poursuivre "le dialogue".
(Lire aussi : La presse saoudienne se déchaîne contre Doha, le Qatar tente de rassurer ses habitants, le décryptage de Scarlett HADDAD)
"Informations fabriquées"
Dans un signe de soutien au Qatar, le Parlement turc a approuvé la mise en oeuvre d'un accord datant de 2014 permettant le déploiement de troupes sur une base au Qatar.
Le Qatar fait partie du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït et Oman. Ces deux derniers pays n'ont eux pas rompu avec le Qatar.
L'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, s'est rendu mercredi au Qatar après des entretiens aux Emirats et une rencontre avec le souverain saoudien. Mais les Emirats estiment que les conditions ne sont pas encore réunies pour une médiation.
Depuis le début de la crise, le Qatar a rejeté en bloc toutes les accusations, affirmant que l'élément déclencheur de la tourmente a été le "piratage" du site internet de son agence de presse attribuant à son émir de "fausses" déclarations apaisantes sur l'Iran et les Frères musulmans.
Mercredi soir, le ministère de l'Intérieur à Doha a publié un rapport préliminaire d'enquête sur ce "piratage" qui, selon lui, a commencé en avril, aboutissant le 24 mai à la publication "d'informations fabriquées". Il n'en a pas identifié les auteurs.
Jeudi, après les Emirats arabes unis, Bahreïn a interdit aux médias et aux utilisateurs des réseaux sociaux d'exprimer une quelconque "sympathie pour le Qatar" sous peine d'encourir une peine de prison.
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"Personne n'a le droit d'intervenir dans notre politique étrangère", a déclaré à l'AFP cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, rejetant implicitement les conditions posées par les adversaires de Doha pour une sortie de crise.
Il a cependant exclu que la tourmente actuelle dégénère. "Une solution militaire n'est pas une option", a-t-il dit, précisant qu'aucun mouvement de troupes n'avait été opéré vers la frontière saoudienne.
Il a assuré que Doha pouvait tenir "éternellement" malgré le blocus qui lui est imposé, ajoutant que le Qatar...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Est-on en train d'assister a une timide amorce d'un possible (pourquoi pas)reveil de la civilisation Arabe apres des siecles de lethargie ... ? Je ne sais pas.
22 h 07, le 08 juin 2017