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Politique - Diplomatie

Un cessez-le-feu sous conditions et des « zones pilotes » : le Liban, Israël et les États-Unis publient une déclaration conjointe

Tel-Aviv et Beyrouth conviennent de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un « accord global ».

Un cessez-le-feu sous conditions et des « zones pilotes » : le Liban, Israël et les États-Unis publient une déclaration conjointe

Les représentants du Liban, des Etats-Unis et d'Israël réunis à Washington, le 3 juin 2026. Photo Oliver Contreras / AFP

Israël et le Liban ont convenu mercredi de « la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu » et de la création de « zones pilotes » sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

« A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu », qui sera conditionné « à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani », peut-on lire dans cette déclaration signée des trois parties aux négociations. Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un « accord global », ajoute la déclaration. Ces discussions, qui se dérouleront sous médiation américaine, porteront sur « les volets politique et sécuritaire » du conflit.

Vers des « zones pilotes » sous contrôle de l’armée libanaise

Beyrouth et Tel-Aviv ont par ailleurs annoncé leur intention d'« accélérer la mise en place de zones pilotes dans lesquelles l'armée libanaise exercera un contrôle exclusif du territoire, à l'exclusion de tout acteur non étatique ». Selon la déclaration, ces mesures doivent permettre de progresser vers « un accord global de paix et de sécurité ».

Le document précise également que les délégations ont discuté d'un cadre sécuritaire s'appuyant sur les échanges tenus au Pentagone le 29 mai. Celui-ci vise à garantir durablement « la souveraineté, la sécurité et l'intégrité territoriale du Liban et d'Israël » et comprend notamment « le démantèlement des groupes armés non étatiques ainsi que la prévention de leur reconstitution ».

Les trois parties ont en outre condamné « les attaques menées par l'Iran contre des pays de la région ainsi que les activités qui continuent de déstabiliser le Moyen-Orient, notamment par le soutien à des groupes alliés et d'autres actes d'agression ».

Les États-Unis ont réaffirmé leur soutien aux gouvernements libanais et israélien « dans l'exercice de leur souveraineté », soulignant que tout accord de cessation des hostilités devait être conclu directement entre les deux États, sous médiation américaine, « et non par le biais d'un canal parallèle ». Washington a également renouvelé son engagement à « soutenir l'armée libanaise afin de renforcer ses capacités et de lui permettre d'exercer pleinement la souveraineté de l'État sur l'ensemble du territoire ». Les États-Unis ont rappelé la déclaration du secrétaire d'État Marco Rubio du 2 juin, selon laquelle « le Hezbollah n'est pas seulement un ennemi d'Israël et des États-Unis, mais aussi un ennemi du Liban ». L’ambassadeur américain à Tel-Aviv, Mike Huckabee, a déclaré à sa sortie du département d'Etat que les deux pays se sont accordés sur « le fait que l’Iran n’a aucun rôle à jouer dans l’avenir de l’une ou l’autre des parties. »

Israël a, de son côté, réaffirmé que « sa sécurité et le respect de son intégrité territoriale » passaient par « le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de ses infrastructures à travers le Liban ». L'État hébreu a également insisté sur « l'importance de négociations directes sous leadership américain pour régler les questions en suspens et parvenir à une paix et une sécurité durables ».

Le Liban a pour sa part souligné « la nécessité du respect des frontières internationalement reconnues ainsi que l'urgence de la mise en œuvre complète de la cessation des hostilités ». Beyrouth a réaffirmé son attachement aux principes « d’intégrité territoriale et de pleine souveraineté de l’État », tout en s'engageant à renforcer les capacités de l'armée libanaise, avec l'appui des États-Unis, afin qu'elle puisse exercer « un contrôle effectif sur l'ensemble du pays ».

Après la réunion, l'ambassadrice libanaise à Washington, Nada Hamadé Mouawad, a affirmé qu'il s'agit d'un « moment historique » pour le Liban, remerciant Donald Trump, JD Vance et Marco Rubio. Yechiel Leiter, ambassadeur israélien aux Etats-Unis a pour sa part menacé qu' « aucun endroit au Liban n’est à l’abri d’une riposte israélienne » en cas de nouvelle attaque du Hezbollah.

« Si nous voulons sauver le Liban ... »

« Pour le deuxième jour consécutif, et pour la première fois depuis de nombreuses années, des responsables du gouvernement légitime du Liban et du gouvernement israélien se retrouvent au Département d’État. L’objectif, espère-t-on, est de parvenir aujourd’hui à une déclaration conjointe, ainsi qu’à un plan d’action définissant une trajectoire de sécurité pour le pays, indépendante du Hezbollah et de toute influence néfaste », avait déclaré M. Rubio alors qu'il témoignait au Congrès. Devant les représentants américains, il a assuré que « le Hezbollah n’est pas seulement un ennemi d’Israël, c’est un ennemi du Liban et du gouvernement libanais », et a dit espérer un « nouveau paradigme » permettant au gouvernement libanais et à Israël de coopérer pour désarmer le mouvement chiite.

Alors que les diplomates libanais et israéliens étaient réunis à Washington, le Hezbollah a indiqué avoir visé des militaires dans le nord d'Israël, dans sa première revendication de ce type depuis lundi soir. Dans la foulée, M. Leiter, a dénoncé sur X le tir de roquette revendiqué contre le nord d’Israël mercredi après-midi par le Hezbollah, estimant qu’il s’agit d’une « nouvelle violation flagrante » de l’accord annoncé par Donald Trump lundi. Le président américain avait assuré qu’Israël avait accepté de ne pas bombarder la banlieue sud de Beyrouth en échange d’un arrêt des tirs de roquettes du Hezbollah contre le nord d’Israël.

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé, dans un entretien mercredi à la chaîne américaine CNBC, partager avec le président Donald Trump l'objectif de désarmer le Hezbollah et de démilitariser le Liban. « Si nous voulons sauver le Liban, si nous voulons parvenir à une paix entre le Liban et Israël, comme je le souhaite, nous devons désarmer le Hezbollah et démilitariser le Liban », a dit M. Netanyahu, ajoutant que « c'est un objectif que le président et moi partageons, et c'est ce que nous devons faire ».

Israël et le Liban ont convenu mercredi de « la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu » et de la création de « zones pilotes » sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.« A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu », qui sera conditionné « à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani », peut-on lire dans cette déclaration signée des trois parties aux négociations. Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un « accord global », ajoute la déclaration. Ces...
commentaires (17)

On parle de négociations entre Israel et le Liban à Washington mais sur le terrain, Israel est en train de suivre une politique de purification ethnique des chiites au Liban en rasant le liban-sud, la banlieue sud et les régions du nord et de la Bekaa, les chiites qui constituent plus de 40% de la populations libanaise. Jusqu'à quand le Liban, les libanais et notre gouvernement vont-ils accepter une telle politique d'éradication ethnique de la part d'Israël ! C'est totalement inacceptable et injustifiable à moins de perdre l'âme de ce pays.

MeK

18 h 59, le 04 juin 2026

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Commentaires (17)

  • On parle de négociations entre Israel et le Liban à Washington mais sur le terrain, Israel est en train de suivre une politique de purification ethnique des chiites au Liban en rasant le liban-sud, la banlieue sud et les régions du nord et de la Bekaa, les chiites qui constituent plus de 40% de la populations libanaise. Jusqu'à quand le Liban, les libanais et notre gouvernement vont-ils accepter une telle politique d'éradication ethnique de la part d'Israël ! C'est totalement inacceptable et injustifiable à moins de perdre l'âme de ce pays.

    MeK

    18 h 59, le 04 juin 2026

  • Certains ne voient que la soumission de notre pays et ont fait leur préférence on dirait. Pourquoi ne parlent ils pas alors de sa libération de tous ces mercenaires et de tout intrus et choisir plutôt sa souveraineté durable sans nous évoquer des troubles internes qui ne seraient provoqués que par les mêmes fossoyeurs de notre pays qui entendent le soumettre à vie à leur diktat, forts de leurs armes étrangères sur notre sol? Une occupation iranienne serait plus tolérable par certains que de celle d’un autre pays? On refuse les deux et on signe un pacte de paix avec tous nos voisins.

    Sissi zayyat

    13 h 51, le 04 juin 2026

  • Mais je suis pour l,entente avec notre voisin Israel. Les accords vont dans le BON SENS. L,iran fera tout via ses suppots pour faire echouer tout accord. Les armees libanaise et israelienne doivent etre en contact regulier pour fairen echouer les provocations iraniennes du hezbo.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 07, le 04 juin 2026

  • Le seul avantage de ces réunions est que le TABOU et la PEUR que le hezbollah instaurait sur la population libanaise est brisée. Il faudra modifier cette loi antique et débile qui interdit aux libanais de dialoguer avec les israéliens. Je parle de M et Mme tout le monde et non uniquement pour les officiels. Ceci est un pas important. Maintenant pour "le cessez le feu" ?? Tant que la décision des iraniens de LACHER le hezbollah n'est pas prise, toute décision de cessez le feu est vouée à l'échec. Or l'iran ne pourra JAMAIS lacher sa création et un membre organique de son corps /du régime.

    LE FRANCOPHONE

    12 h 18, le 04 juin 2026

  • La seule idée viable qui garantirait le désarment de ces vendus et celle avancée par les américains, qui consiste à assister notre armée sur le terrain pour en finir avec la nuisance de ces terroristes qui détruisent leur propre pays. On se demande encore comment se fait il que notre armée n’avait pas songé depuis le temps que la menace de la scission pèse sur ses membres, à créer une unité spéciale pour aller désarmer nos usurpateurs, ces mercenaires iraniens et fiers de détruire notre pays pour la gloire des mollahs, leurs maîtres sanguinaires.

    Sissi zayyat

    11 h 02, le 04 juin 2026

  • La seule façon de parvenir à un accord de paix serait que tous les pays amis du Liban se dissertent avec les seuls dirigeants officiels qui veulent en finir avec ces vendus à savoir le président de la république et le premier ministre, sans demander l’avis des mollahs ou de leurs subordonnés qui font tout pour gagner du temps et se reconstruire pour rendre cette guerre interminable, alors qu’ils sont qu’ils sont aux abois. Ce ne sont que des vendus à un pays étranger qui ont permis l’occupation de notre pays. Alors pourquoi leur demander leur avis pour sauver notre pays? C’est du non sens.

    Sissi zayyat

    10 h 40, le 04 juin 2026

  • C’est avec une profonde tristesse que je constate les termes de la déclaration conjointe États-Unis-Liban-Israël. Je crains qu’elle ne fragilise de manière irréversible le Grand Liban. En passant sous silence le calendrier de retrait israélien et en se trompant d'ennemi, ce texte abandonne toute une partie de la population, suscitant en moi une vive inquiétude. Malgré ce désengagement des autorités, mon espoir le plus cher reste la préservation de la paix intérieure. Je prie pour qu’aucun engrenage ne vienne raviver les spectres de la guerre civile.

    Falpes04

    10 h 19, le 04 juin 2026

  • C’est avec une profonde tristesse que je constate les termes de la déclaration conjointe États-Unis-Liban-Israël. Je crains qu’elle ne fragilise de manière irréversible le Grand Liban. En passant sous silence le calendrier de retrait israélien et en se trompant d'ennemi, ce texte abandonne toute une partie de la population, suscitant en moi une vive inquiétude. Malgré ce désengagement des autorités, mon espoir le plus cher reste la préservation de la paix intérieure. Je prie pour qu’aucun engrenage ne vienne raviver les spectres de la guerre civile.

    Falpes04

    10 h 19, le 04 juin 2026

  • en sommes la zone ou l'armee nationale aurait le controle exclusif aurait d'abord ete ASSAINIe/DEGAGEE/DEBARSSEE DE LA MILICE IRANIENNE -par israel-. Hmmmm ! et apres cela, on devra attendre qu'une autre zone le soit tt autant ........ et une autre zone + tard etc.... C'EST BO , MEME TRES BO a condition que cela soit accepte par TES LES PARTIES .

    L’acidulé

    10 h 08, le 04 juin 2026

  • Si vraiment Bibi a décidé, non seulement de vouloir démilitariser le hzb, mais en plus, le Liban, pays souverain et indépendant, on l'aura compris, Bibi ne veut pas d'une paix avec le Liban mais de sa soumission à Israel qui décidera à sa guise des son sort. On a l'exemple de son traitement des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie. Bientôt, le Liban ...

    MeK

    09 h 57, le 04 juin 2026

  • Il est clair que cette "guerre" qui n'en n'est pas une mais la destruction du Liban, ne se décide pas à beyrouth ni à Jerusalem mais à Teheran et à Washington. Une fois encore, les libanais observent en silence à quelles bombes ils vont être tués ou à quels saints se vouer, chacun les siens. Une chose est sûre, c'est aujourd'hui l'Iran qui donne le la dans la région. L'offensive israélo-américaine contre l'Iran a bel et bien échoué, une folie, un fiasco. Le plus vite Trump accepte un accord avec l'Iran et pour le Liban, le mieux ça serait.

    MeK

    09 h 49, le 04 juin 2026

  • Fachar

    Emile

    08 h 51, le 04 juin 2026

  • Il s’agit de savoir si on veut qu’enfin chaque pays puisse vivre et donc que le Liban retrouve la Paix et son territoire entier ! … depuis 1975 vous n’en avez pas marre de vous battre pour les autres ?

    RIOU jean francois

    08 h 40, le 04 juin 2026

  • « Le démantèlement des groupes armés non étatiques ainsi que la prévention de leur reconstitution ». Ce dernier point est très important car, jusqu'à présent, chaque période de trêve était mise à profit par la milice iranienne pour reconstituer ses forces: armes, dollars et matériels divers. Et ce, avec la complicité des autorités qui maintenaient toutes les frontières ouvertes aux trafics du Hezbollah.

    Yves Prevost

    07 h 33, le 04 juin 2026

  • Des zones pilotes sous contrôle exclusif de l'armée? Pourquoi ne pas commencer par la banlieue Sud?

    Yves Prevost

    07 h 14, le 04 juin 2026

  • Des zones pilotes sous l’autorité de l’armée libanaise. On donne à l’armée encore une fois , la faculté de contôler une portion des territoires occupés. On lui offre sur un plateau l’occasion de remplacer le hezbollah officiellement illégal. La bouchée est donc mastiquée, elle n’a qu’à l’avaler. Quant à démilitariser le Liban, espérons que natenyahu pense à la milice seule, car comment démilitariser si d’un autre côté on demande à l’armée de contrôler le terrain ? Les EU prônent un accord entre les deux Etats, pas par des « voies parallèles ». Si c’est vrai c’est déjà bon pour nous.

    NG

    05 h 23, le 04 juin 2026

  • Il ne veut seulement pas desarmer le hezbo Netanyahu le genocidaire, il veut aussi demilitariser le Liban. SANS LES USA ISRAEL NE TIENDRAIT PAS UN JOUR.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    20 h 33, le 03 juin 2026

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