Photo fournie par l’établissement
The Morons, littéralement « les idiots » en anglais, n’est pas exactement le genre d’enseigne que l’on oublie. C’est précisément le pari de Bashar Krikor et de sa fille Ruby, qui ont ouvert leur nouvelle adresse au public le 7 août. « Quand le nom est apparu, on s’est regardés et on s’est dit : c’est celui-là », raconte Ruby.
Installé sur la rue principale de Naccache, à Antélias, The Morons veut réunir cuisine, bar et musique dans un même concept. Le nom est aussi un clin d’œil à ceux qui jugeaient le projet insensé. Originaires d’Irak, Bashar et Ruby racontent avoir souvent entendu leurs proches leur demander pourquoi ils souhaitaient investir au Liban, et particulièrement dans la restauration, l’un des secteurs les plus risqués du pays.
Derrière cette autodérision se cache un investissement conséquent : environ 550 000 dollars, selon Bashar Krikor. Les promoteurs tablent, d’après leur étude de faisabilité, sur un retour sur investissement en deux ans.
Le choix d’ouvrir début août n’est pas anodin. « C’est peut-être même mieux de commencer en basse saison plutôt qu’en pleine haute saison », estime Krikor. Une manière de monter en puissance progressivement, alors que le modèle économique du restaurant reste soumis aux fluctuations saisonnières et à la situation économique libanaise.
Sur environ 170 mètres carrés, intérieur et extérieur compris, The Morons peut accueillir jusqu’à 90 personnes. L’aménagement multiplie les configurations : tables hautes et basses, lounge, tables pour deux, banquette et grande table sociale près du bar. La terrasse constitue, selon les propriétaires, l’une des rares offres de ce type dans le secteur.
Cuisine, cocktails et musique
Le concept repose sur trois piliers : la cuisine, le bar et le son. La carte se compose d’une trentaine de références, inspirée de cuisines internationales et principalement pensée pour le partage : préparations crues, bouchées chaudes et froides, salades, plats principaux et desserts. La cuisine est largement ouverte sur la salle. Une « chef table » permet aux clients installés à proximité d’observer la préparation des plats, notamment grâce à un miroir placé au-dessus du poste de travail.
Côté boissons : sept cocktails signatures, auxquels s’ajoutent des classiques et des mocktails. La musique occupe une place équivalente. Une playlist a été conçue avec l’aide d’un consultant spécialisé et des soirées avec DJ doivent être organisées les vendredis et samedis.
L’idée, explique Ruby, est simple : « Nous prenons très au sérieux la nourriture, le service, le bar, la mixologie et la musique. Mais nous sommes là pour nous amuser et passer un bon moment. »
Une vingtaine de salariés
Le restaurant emploie environ 20 personnes. Le ticket moyen se situe actuellement entre 55 et 60 dollars par personne, boissons alcoolisées comprises. The Morons est ouvert sept jours sur sept à partir de 17 heures, jusqu’à une ou deux heures du matin selon les jours et la saison.
Au-delà de la carte et du décor, The Morons est donc aussi le pari d’une famille irako-libanaise qui choisit d’investir au Liban dans un secteur où les marges d’erreur sont faibles. Une capacité de 90 personnes et un objectif de retour sur investissement fixé à deux ans : derrière le nom volontairement provocateur, le projet, lui, est pris très au sérieux.

