Photo fournie par l'établissement.
« Handow n’est pas une tendance de plus. C’est le genre d’endroit où un déjeuner se transforme en verre entre amis, où les dîners se prolongent et où les nouveaux-venus deviennent des habitués. » C’est ainsi que Saad Nasrallah, Teddy Ramy et Tony Sawaya, les trois fondateurs de Handow, résument leur projet.
Le concept s’articule autour d’une cuisine ouverte au feu, pensée comme le cœur battant du restaurant. Les plats passent directement de la cuisine aux clients à travers une fenêtre de service qui fait partie intégrante de l’expérience. L’objectif : abolir les distances et insuffler une énergie permanente au lieu.
« Tout est parti d'une vision : faire vivre cette cuisine ouverte, explique Saad Nasrallah. Nous voulions une fenêtre à travers laquelle l’ambiance et l’énergie restent toujours en mouvement. »
Une adresse ouverte à une clientèle variée
L’établissement a ouvert le 9 juin dernier rue Chucri Assali, à Achrafieh. Il dispose de 25 places en salle, de 25 autres en terrasse, ainsi que d’une banquette installée le long de la fenêtre pouvant accueillir plus de dix personnes. Une vingtaine d’employés y travaillent. À cela s’ajoute une formule de vente à emporter, grâce à un comptoir directement relié à la cuisine.
Au-delà du décor, Handow revendique une identité culinaire précise : une cuisine d’inspiration asiatique, nourrie de techniques contemporaines et d’une volonté d'innovation. Le menu multiplie les formats de partage. Des « socials », à partager autour de la table, revisitent des saveurs asiatiques. Les « handhelds » occupent une place de choix, avec notamment un burger baptisé « GOAT », pour « Greatest of All Tastes », préparé quotidiennement. Une section « bowls and rolls » invite également les clients à confectionner eux-mêmes certains hand rolls.
Mais la véritable signature de la maison se trouve du côté du robata grill, ce barbecue qui met à l’honneur les yakitoris. La carte propose également plusieurs plats principaux, dont des pièces de bœuf maturées.
« Nous voulions créer un espace chaleureux où des ingrédients de grande qualité et des techniques culinaires raffinées occupent le devant de la scène, souligne Teddy Ramy. Malgré les défis auxquels notre pays fait face, nous considérons Beyrouth comme le point de départ naturel de concepts destinés à grandir. »
Car si le Liban traverse une crise multidimensionnelle depuis plusieurs années, les fondateurs de Handow, qui ne souhaitent pas communiquer le montant de leur investissement, refusent d’y voir un obstacle définitif. Bien au contraire.
« Même si nous sommes présents dans plusieurs pays du Moyen-Orient, nous estimions qu’il fallait commencer à Beyrouth pour pouvoir grandir ailleurs, poursuit Teddy Ramy. Beyrouth est tout simplement la capitale du Moyen-Orient et le restera, malgré toutes les difficultés. »
Cette confiance affichée dans le potentiel de la capitale se traduit aussi dans la politique tarifaire du restaurant. Les associés refusent d’ailleurs de définir un ticket moyen. « Nous accueillons tous les budgets, expliquent-ils. Certains clients viennent simplement pour un burger ou quelques yakitoris. D'autres choisissent une expérience plus complète, accompagnée de saké, de bière japonaise ou de vin. »
Une manière, selon eux, d’éviter l’entre-soi et d’ouvrir l’adresse à une clientèle variée : actifs du quartier à l’heure du déjeuner, groupes d’amis en fin d’après-midi, familles ou amateurs de gastronomie venus découvrir une cuisine différente.
Fort d’années d’expérience dans l’hôtellerie et la restauration, Tony Sawaya insiste quant à lui sur l’importance de l’hospitalité. « Je voulais créer un lieu où les clients ont envie de revenir, où ils se sentent sincèrement pris en charge et repartent avec l’envie de revenir encore. »
Trois associés, trois parcours et une même conviction : dans une ville habituée à se réinventer, ouvrir un restaurant demeure un pari sur l'avenir. Pour Handow, cet avenir commence à Beyrouth, autour d'un feu ouvert et d’une cuisine conçue pour être partagée.

