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À La Une - Liban

Vote de confiance : une séance parlementaire marquée par une polémique autour du quorum

Berry affirme que la séance s'est ouverte en présence de 67 députés.

La séance parlementaire consacrée à l'examen de la déclaration ministérielle et au vote de confiance au gouvernement de Hassane Diab. Photo Flickr/Parlement

Malgré la mobilisation des manifestants rassemblés depuis les premières heures de la matinée aux abords du Parlement pour tenter d'en empêcher l'accès aux députés et ministres, la séance parlementaire consacrée à l'examen de la déclaration ministérielle et au vote de confiance au gouvernement de Hassane Diab a débuté mardi à 11h45, avec 45 minutes de retard. Nabih Berry affirme que le quorum a été atteint avec 67 députés, dans une tentative de couper court à la polémique autour du nombre de députés présents à l'ouverture de la séance.


Voici le déroulé de la séance et les principales déclarations politiques :


19h00 : Le gouvernement de Diab obtient la confiance. Sur un total de 128 députés qui forment l'Hémicycle, 84 députés sont présents au moment du vote : 63 accordent la confiance au nouveau cabinet, alors que 20 élus refusent de la lui accorder. Seul le député Michel Daher s'abstient de voter.


18h00 : Le député Omar Karamé, de la Rencontre consultative (sunnites du 8 Mars), affrime qu'il "est de notre devoir de soutenir le gouvernement sachant que nous faisons confiance à son chef et aux ministres". Il estime que ce cabinet "ne doit pas se contenter d'obtenir la confiance aujourd'hui, mais doit prouver que ses plans seront suffisants pour traiter la blessure".


17h35 : Le député Georges Adwan (FL) estime qu'aujourd'hui,"il y a une majorité et une opposition. (...) Nous allons jouer notre rôle d'opposants, en toute responsabilité et objectivité". "Même si nous n'accordons pas notre confiance au gouvernement, nous serons à l'affût (...)", prévient-il.

17h20 : Le député Jihad el-Samad, membre de la Rencontre consultative (sunnites du 8 Mars), prend la parole et annonce : "En accord avec ma conscience, je n'accorde pas la confiance à ce gouvernement". Jihad el-Samad va ainsi à l’encontre de ses pairs (Abdel Rahim Mrad, Walid Succariyé, Adnan Traboulsi) au sein du groupe parlementaire, qui devront voter favorablement.

17h00 : Le député Yassine Jaber, membre du mouvement Amal, estime que le gouvernement doit "nous prouver qu'il veut que le Liban devienne un État de droit, et qu'il s'active en ce sens dès les premiers jours". "Nous allons accorder la confiance, car vous êtes le gouvernement de la dernière chance", conclut-il.

15h45 : Le député Michel Moawad, qui s'est distancié du CPL, estime que "le fait d'avoir un gouvernement est mieux que le vide", mais que "cela n'exclut pas d'organiser des élections législatives anticipées". "Le gouvernement doit être capable d'affronter les défis (...) afin de mettre un terme à l'effondrement". "Je ne donnerai pas la confiance à ce gouvernement (...)", ajoute-t-il, avant d'être interrompu par le président Berry qui lève la séance pour une pause d'une heure.

15h30 : Après avoir été blessé par des manifestants et soigné à l'hôpital, le député Salim Saadé (Parti syrien national social, PSNS) se rend finalement au Parlement peu après 15 heures, sous les applaudissements de ses collègues, et prend la parole, l’œil gauche tuméfié, s'excusant avec humour pour son retard. Sans indiquer qu'il votera ou non la confiance au gouvernement, le député critique notamment les ingénieries financières de la Banque du Liban "dont les déposants ont payé le prix", et le système "issu de Taëf". "Les fonds dilapidés ont été distribués", déplore-t-il, soulignant que "la moitié des institutions de l'Etat n'ont aucune utilité".



Le député Salim Saadé. Photo Flickr/Parlement



15h15 : Le député Michel Daher, qui s'est distancié du bloc Liban fort, dont le CPL est la principale composante, affirme qu'il ne votera pas la confiance au gouvernement si ce dernier "ne s'engage pas à payer la prochaine échéance des eurobonds" en mars prochain.


15h00 : Le député Anouar el-Khalil, affilié au bloc parlementaire du mouvement Amal de Nabih Berry, dont la voiture a été prise pour cible par des manifestants selon certains médias locaux, souhaite "bonne chance" au gouvernement, lui demandant par ailleurs d'abandonner l'option des navires-centrales dans la production de l'électricité. "Il s'agit d'un moment historique qui nécessite que le pays soit sauvé", déclare-t-il.

14h30 : Le député Mohammad Hajjar indique que le bloc parlementaire du Futur ne votera pas la confiance au gouvernement, estimant qu'il s'agissait d'un cabinet "par procuration, n'agissant pas en son nom propre". "La déclaration ministérielle ne montre pas que le cabinet soit pas en capacité d'affronter la crise économique et financière", déclare-t-il, tirant à boulets rouges sur le plan du gouvernement concernant le secteur de l'électricité.

14h10 : Estimant que la déclaration ministérielle "ne propose aucune vision économique", Hadi Abou el-Hosn, député de la Rencontre démocratique (de Walid Joumblatt), indique que sa formation n'accordera pas la confiance au gouvernement Diab. "S'il poursuit sur cette voie, le gouvernement entraînera le pays à sa perte", ajoute-t-il, critiquant sans le nommer le CPL en dénonçant "l'arrogance du pouvoir".


13h50 : Le député Jamil Sayed, considéré par certains observateurs comme l'une des parties prenantes de la formation du gouvernement, affirme que le nouveau cabinet "ne ressemble pas aux précédents, étant donné les circonstances dans lesquelles il est né". "Ce cabinet est un résultat et non un choix", ajoute-t-il, sans préciser s'il votait la confiance au cabinet Diab ou non. "Son programme consiste à faire exactement le contraire de ce que le précédent a fait", a-t-il ajouté.



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13h30 : La députée Sethrida Geagea affirme que les députés FL n'allaient pas voter la confiance au gouvernement, saluant notamment les performances des ministres relevant de la formation de Samir Geagea au sein du cabinet précédent. "Le gouvernement doit très rapidement mener une opération de sauvetage. En est-il capable ? Les premiers éléments, notamment au moment de sa formation, nous démontrent que non", dit-elle.


13h15 : Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, annonce que les députés du bloc parlementaire du "Liban fort", dont le CPL est la principale composante, allaient voter la confiance au gouvernement de Hassane Diab afin de lui "donner une chance". "La question n'est pas de savoir si nous accordons la confiance, mais si nous donnons une chance car il n'y a pas d'alternatives, sauf les tergiversations et le vide qui nous entraînerait vers un plus grand effondrement. Le gouvernement doit œuvrer à gagner la confiance du peuple libanais et de la communauté internationale", déclare M. Bassil, ajoutant que "la révolution peut se faire contre le gouvernement, mais pas contre l'Etat".


13h14 : La députée du Futur, Dima Jamali, affirme que son bloc n'était "pas convaincu par la séance avant que le quorum ne soit atteint". "Maintenant qu'il l'est, nous avons considéré que notre présence était nécessaire pour nous faire entendre au sein du Parlement conformément aux règles constitutionnelles", ajoute-t-elle.


13h05 : Walid Joumblatt confirme sur Twitter que le quorum a été atteint "conformément aux principes constitutionnels". "La position de la Rencontre démocratique (bloc du PSP) est claire et conforme à ses convictions, loin de toute surenchère", ajoute-t-il. 


13h02 : Les députés FL entrent dans l'hémicycle. "Nous sommes entrés car le quorum a été atteint", déclare la députée Sethrida Geagea à la chaîne locale LBCI. "Nous sommes venus exprimer la raison pour laquelle les gens sont contre la confiance", ajoute de son côté le député Georges Adwane.


13h00 : Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, annonce sans surprise que son bloc allait voter la confiance au gouvernement. Le cabinet de Hassane Diab "ne ressemble pas à note camp politique, mais nous l'avons accepté car sa formation était nécessaire", ajoute-t-il.


12h45 : Le président du Parlement reprend la parole, affirmant que la séance parlementaire s'est ouverte en présence de 67 députés, dans une tentative de couper court à la polémique autour du quorum.
Par ailleurs, M. Berry déplore les "agressions" contre l'armée libanaise, ainsi que contre les véhicules transportant des ministres et des députés, pris à partie par les manifestants rassemblés dans la matinée aux abords de l'hémicycle, rendant un hommage particulier au député Salim Saadé qui a été hospitalisé. "Nous sommes attachés au vrai mouvement de contestation", déclare-t-il, assurant que "le Parlement continuera à rassembler, contre les tentatives de sédition". 




Nabih Berry. Photo Flickr/Parlement



11h50 : Le Premier ministre Hassane Diab prend la parole : "Ceux qui croient qu'ils peuvent échapper à l’effondrement économique et à la colère des gens se trompent. Qu'ils sachent que la restauration de la confiance passe par l'action. Il s'agit d'un long chemin qui réclame de dire la vérité aux gens", déclare-t-il. "Notre déclaration ministérielle se concentre sur un programme pragmatique comprenant un plan de sauvetage et des solutions concernant l'argent public", ajoute le chef du gouvernement, s'engageant à une mise en œuvre rapide de ce plan. "Notre gouvernement, indépendant de l'atmosphère politique et transparent, est au service du Liban et traitera directement avec les gens, et plus particulièrement avec le mouvement de contestation", affirme-t-il. Et de poursuivre : "Le Liban affronte des crises étouffantes et existentielles nécessitant une révision profonde des politiques et la mise en œuvre de mesures, dont certaines seront douloureuses". Le Premier ministre enchaîne par une lecture de la déclaration ministérielle de son cabinet.


11h45 : Le président du Parlement ouvre la séance en annonçant que les députés du bloc du Futur et des Forces libanaises y participeront et qu'ils se dirigent vers l'hémicycle. M. Berry tient à faire cette précision après des informations faisant état d'une décision de boycott prise par le Futur après les violences de la matinée aux abords du Parlement entre manifestants et forces de l'ordre, qui ont fait plus de 300 blessés selon la Croix Rouge libanaise. Mais selon certains médias, au moment où la cloche a sonné, les députés du Futur et des FL n'étaient pas encore dans l'hémicycle. Ce à quoi le chef des Kataëb, Samy Gemayel, réagit, en estimant que l'ouverture de la séance parlementaire "en l'absence de quorum" était un acte "anticonstitutionnel" et constitue "une violation du règlement intérieur". "Il s'agit d'une atteinte à la démocratie libanaise et d'un défi contre la jeunesse libanaise en révolte", écrit sur Twitter M. Gemayel, dont les députés ne participent pas à la séance, appelant les députés qui ne sont pas encore entrés dans l'hémicycle à "ne pas participer à ce crime".


Avant le début de la séance, plusieurs véhicules transportant des députés, escortés par les forces de l'ordre pour pouvoir entrer dans le périmètre de la place de l’Étoile, ont été visés par des jets de pierres et d’œufs. Les violences entre manifestants et forces de l'ordre ont fait plus de 300 blessés, selon la Croix Rouge libanaise. Le mouvement de contestation fustigeant l'intégralité de la classe politique accusée de corruption et d'incompétence, qui secoue le Liban depuis près de quatre mois, dénonce le gouvernement qui ne répond pas à ses aspirations alors que le pays est au bord de l'effondrement économique.



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Malgré la mobilisation des manifestants rassemblés depuis les premières heures de la matinée aux abords du Parlement pour tenter d'en empêcher l'accès aux députés et ministres, la séance parlementaire consacrée à l'examen de la déclaration ministérielle et au vote de confiance au gouvernement de Hassane Diab a débuté mardi à 11h45, avec 45 minutes de retard. Nabih Berry affirme...

commentaires (8)

4 millions de libanais, 50% n'ont pas l'âge de voter donc 2 millions qui restent. De ceux là seulement 50% ont voté ce qui nous laisse 1 million qui a élu 128 députés dont 63 ont donné la confiance au groupe connu sous le nom de cabinet (un seul b dans le texte) ça nous donne 1 million x 63 et divisé par 128 = 492188 énergumènes qui ont donné la confiance sans vraiment le vouloir car ils n'avaient pas eu la chance de lire les instructions au début de cette mascarade sordide! Donc, au mieux, 1 huitieme de la population decide, sans même le vouloir ou, pire encore, le savoir, pour noyer le pays que nos ancetres et nos martyrs, au long des décennies et des siècles ont tout fait pour bâtir! Chapeau les démolisseurs, les forts et les illuminés, vous y êtes presque!

Wlek Sanferlou

23 h 57, le 11 février 2020

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Commentaires (8)

  • 4 millions de libanais, 50% n'ont pas l'âge de voter donc 2 millions qui restent. De ceux là seulement 50% ont voté ce qui nous laisse 1 million qui a élu 128 députés dont 63 ont donné la confiance au groupe connu sous le nom de cabinet (un seul b dans le texte) ça nous donne 1 million x 63 et divisé par 128 = 492188 énergumènes qui ont donné la confiance sans vraiment le vouloir car ils n'avaient pas eu la chance de lire les instructions au début de cette mascarade sordide! Donc, au mieux, 1 huitieme de la population decide, sans même le vouloir ou, pire encore, le savoir, pour noyer le pays que nos ancetres et nos martyrs, au long des décennies et des siècles ont tout fait pour bâtir! Chapeau les démolisseurs, les forts et les illuminés, vous y êtes presque!

    Wlek Sanferlou

    23 h 57, le 11 février 2020

  • Erreur : le député Michel Daher a dit exactement l'inverse de ce qui est reporté ci-dessus, au sens où il ne votrerait la confiance que si le gouvernement s.engageait A NE PAS HONORER l.échéance d'eurobonds de Mars. Le vice président E. Ferzli lui a alors promis une réponse sur ce point en fin de séance de la part du ministre des finance, répone qui n'est, hélas, jamais venue.

    MAGRE Elie

    19 h 38, le 11 février 2020

  • Un vrai folklore parlementaire pour un pays en faillite totale .

    Antoine Sabbagha

    17 h 58, le 11 février 2020

  • Ou est le Hezbollah ? C'est comme le serpent

    Eleni Caridopoulou

    16 h 45, le 11 février 2020

  • Il faut changer de mode d'actions et procéder a des opérations concrètes et alternatives à ce que les libanais refusent sinon on va tous dans le mur. Le blocage des routes n'a servi qu'à faire des centaines de blessés pour rien. Un plan constructif et un projet concret s'imposent. Il faut comprendre que les corrompus ont une idée en tête, celle de mettre les citoyens les uns contre les autres pour qu'on finisse par accepter leur régime à n'importe quel prix. Vous jouez leur jeu et nous allons à notre perte.

    Sissi zayyat

    16 h 03, le 11 février 2020

  • Nouvelle surprise: même sur la question du quorum ils arrivent à polémiquer...??? Ne savent-ils donc pas compter les arrivants et présents...1+1 = 2...quitte à le faire comme les enfants, avec leurs doigts...??? Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 23, le 11 février 2020

  • RIEN N'ARRÊTERA CE GOUVERNEMENT , DÉTERMINÉ ET SOLIDE , IL PERSÉVÈRERA MALGRÉ VENTS ET MARÉES . BRAVO À NOTRE PRÉSIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES , QUEL EXPLOITS DANS CES CIRCONSTANCES ASSOMANTES POUR LE LIBAN . GRÂCE À VOUS , LE LIBAN A ENCORE SES DEUX PIEDS SUR TERRE . SINCÈRES FÉLICITATIONS .

    Chucri Abboud

    14 h 54, le 11 février 2020

  • REGARDEZ-LES... LES MEMES ! LA GROTTE ET SES ALIBABAS !

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    14 h 32, le 11 février 2020

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