Rechercher
Rechercher

Politique - Diplomatie

A quelques jours des négociations, le Liban exhorte les États-Unis à faire pression sur Israël

L’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, a mené une tournée auprès des trois pôles du pouvoir.

A quelques jours des négociations, le Liban exhorte les États-Unis à faire pression sur Israël

Le président de la République libanaise, Joseph Aoun, s’entretient à Baabda avec l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, le lundi 11 mai 2026. Photo publiée sur le compte X de la présidence libanaise/ @LBpresidency

L'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa s'est entretenu séparément lundi avec le chef de l'Etat libanais, Joseph Aoun, le président du Parlement, Nabih Berry, puis le Premier ministre, Nawaf Salam, à quelques jours des premières négociations directes à Washington au niveau de délégations gouvernementales entre Beyrouth et Tel-Aviv, sous parrainage américain. Courant avril, deux réunions préparatoires aux négociations inédites depuis des décennies entre le Liban et Israël, s'étaient tenus au niveau de leurs ambassadeurs respectifs à Washington. M. Berry réclame des négociations indirectes avec Israël, rejoignant la position du Hezbollah.

Les deux têtes de l'exécutif ont souligné devant l'ambassadeur américain la nécessité de « faire pression sur Israël afin qu'il mette fin aux violations du cessez-le-feu », selon des messages sur X de la présidence libanaise et du Grand Sérail. M. Aoun a également appelé à mettre un terme aux « destructions à l'explosif et démolitions de maisons » par l'armée israélienne au Liban-Sud, qui ne cache pas son intention d'établir une « zone tampon » sur une profondeur de 8 à 10 km au Liban-Sud. M. Salam a insisté sur l'objectif de « la consolidation du cessez-le-feu ».

Plus généralement MM. Aoun et Salam ont discuté avec M. Issa des préparatifs de la réunion tripartite libano-américano-israélienne prévue cette semaine à Washington. Cette réunion provoque l'ire du Hezbollah, la formation chiite pro-iranienne refusant toute négociation directe de l'État libanais avec Israël. L'Iran fait par ailleurs de la fin de la guerre au Liban l'une de ses demandes aux États-Unis pour un accord visant à mettre fin à la guerre débutée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre son pays, et qui connaît un cessez-le-feu meurtrier depuis le 17 avril. Dimanche, Mahmoud Comati, membre du Conseil politique du Hezbollah, a lancé une violente diatribe contre M. Aoun, demandant comment ce dernier « se permet de passer outre un pilier essentiel de l’État, le président du Parlement (et chef d'Amal) Nabih Berry, et de quel droit il décide seul du destin du Liban ».

Réunion avec Berry

M. Issa s'était déjà entretenu il y a une semaine avec M. Berry, allié politique clé du Hezbollah, qui refuse toute négociation directe avec Israël avant l’obtention d’un cessez-le-feu et de garanties concrètes du retrait israélien du sud du pays. Les deux hommes ont discuté de « l’évolution de la situation au Liban et dans la région ainsi que des derniers développements », selon le bureau des médias du Parlement, qui ne donne pas davantage de précisions.

La consolidation du cessez-le-feu, très fragile, au Liban, le retrait israélien et le retour des détenus libanais dans les geôles israéliennes figurent parmi les principales revendications libanaises de cette troisième rencontre. Les Israéliens continuent d’insister sur le désarmement du Hezbollah avant tout retrait.

La tournée de l'ambassadeur a en tout cas irrité le Hezbollah. S’exprimant lors d’une cérémonie funéraire organisée à Laboué, dans la Békaa, le député du mouvement dans le mohafazat de Baalbeck-Hermel et ancien ministre Hussein Hajj Hassan a critiqué le point de vue, défendu par les États-Unis et une partie des Libanais, selon lequel le Hezbollah est avant tout un mouvement à l’allégeance iranienne.

« Sachez, ambassadeur des États-Unis terroristes au Liban, que nous sommes Libanais avant beaucoup d’autres Libanais, et que notre enracinement dans cette terre a été forgé par nos grands-parents et les grands-parents de nos grands-parents, par nos martyrs, nos blessés, nos prisonniers et nos combattants, ainsi que par nos martyrs dans la résistance, dans l’armée libanaise, la Défense civile (affiliée au mouvement, NDLR) et sur tous les fronts », a-t-il déclaré.

Il a aussi critiqué la volonté d’une partie du Liban officiel, sous l’impulsion de Joseph Aoun et de Nawaf Salam, de négocier avec Israël « sous parrainage américain », considérant que le cessez-le-feu conclu le 16 avril et prolongé depuis « ne s’est pas concrétisé » et n’a pas empêché Israël de bombarder le Liban tous les jours et d’en occuper une partie.

« Si le cessez-le-feu n’est pas obtenu avant mercredi ou jeudi, date de la réunion, vous irez réclamer un cessez-le-feu. Et si l’Israélien refuse le cessez-le-feu, que ferez-vous ? Continuerez-vous les négociations ? », a-t-il encore lancé.

Un autre député du Hezbollah, Hassan Ezzedine, a tenu un discours similaire en dénonçant lors d'une conférence de presse au Parlement des négociations qui n'ont selon lui qu'un seul but : « la soumission aux conditions et diktats de l’ennemi (israélien) afin d’obtenir des gains politiques qu’il n’a pas pu obtenir sur le terrain ».

Lors d’une autre cérémonie funéraire à Jnah, le député Hassan Fadlallah a, luim accusé les autorités d’avoir aggravé les divisions internes et de n’avoir obtenu aucune concession des États-Unis, tout en affirmant que chaque cycle de négociation s’accompagne d’une intensification des violences israéliennes, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).

L'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa s'est entretenu séparément lundi avec le chef de l'Etat libanais, Joseph Aoun, le président du Parlement, Nabih Berry, puis le Premier ministre, Nawaf Salam, à quelques jours des premières négociations directes à Washington au niveau de délégations gouvernementales entre Beyrouth et Tel-Aviv, sous parrainage américain. Courant avril, deux réunions préparatoires aux négociations inédites depuis des décennies entre le Liban et Israël, s'étaient tenus au niveau de leurs ambassadeurs respectifs à Washington. M. Berry réclame des négociations indirectes avec Israël, rejoignant la position du Hezbollah.Les deux têtes de l'exécutif ont souligné devant l'ambassadeur américain la nécessité de « faire pression sur Israël afin qu'il mette...
commentaires (5)

ainsi font font font les petits libanais, ainsi font font font des petits tours qui les enfoncent !

L’acidulé

09 h 51, le 12 mai 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • ainsi font font font les petits libanais, ainsi font font font des petits tours qui les enfoncent !

    L’acidulé

    09 h 51, le 12 mai 2026

  • Le Liban Officiel protège à nouveau la milice et se fait le relais de ses interets. Il utilise pour cela la respectabilité que lui confère les honêtes libanais qui sont contre les criminels du hezballah. Cela est une violation du mandat conféré à MM Aoun et Salam par le peuple. Cela a eu dans le passé des conséquence négatives pour tous les libanais, ça continue toujours et continuera. Il faut trouver un remède au Syndrome de Stokholm.

    Moi

    09 h 41, le 12 mai 2026

  • « Nous sommes Libanais avant beaucoup d’autres Libanais ». Ne vaut-il pas mieux être sourd qu'entendre ça? On se le demande. Quel libanais irait sacrifier son pays et ses concitoyens pour venger la mort d'un chef d’État étranger (comme s'en est vanté Qassem)? Voyons ce que déclarait le Hezbollah lors de sa fondation par les mollahs iraniens en 1985: "Nous sommes fidèles aux ordres de la sage, juste et UNIQUE autorité du wilayat-el faqih"; "Chacun d’entre nous est un combattant au moment où l’appel du jihad est décrété par le wilayat-e faqih". Où est le Liban, dans tout ça?

    Yves Prevost

    07 h 53, le 12 mai 2026

  • La même rengaine lassante. La milice veut tout simplement remplacer l’Etat aux négociations, comme d’habitude. Mais apparemment, le voisin cette fois ne cherche plus un nouvel arrangement avec elle comme par le passé. Il réclame à l’Etat d’assumer son rôle et d’appliquer ses propres décisions sur le désarmement. Sinon la ligne jaune risque de passer au rouge, et contre ça , les menaces et les discours haineux des hors-la-loi ne serviront à rien.

    NG

    05 h 17, le 12 mai 2026

  • Détrompez-vous, ce parti vendu aura toujours d’autres revendications. Ils l’ont dit et répété qu’ils ne déposeraient pas leurs armes et arracherons le cœur et l’âme de ceux qui les y obligeraient. De quoi on parle et comment négocier avec des vendus qui n’entendent que leur voix et ne répondent qu’aux lois de la jungle?

    Sissi zayyat

    15 h 51, le 11 mai 2026

Retour en haut