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Comati s'en prend à Aoun : Comment se permet-il de passer outre (l'avis de) Berry ?

« Avec tout le respect dû au président (du Parlement) Nabih Berry, la Constitution libanaise est pourtant claire quant à la séparation des pouvoirs », ont répondu les Forces libanaises.

Comati s'en prend à Aoun : Comment se permet-il de passer outre (l'avis de) Berry ?

L'ancien ministre Mahmoud Comati, membre du comité politique du Hezbollah, au cours d'une cérémonie dans la banlieue-sud de Beyrouth, le dimanche 10 mai 2026. Photo ANI

Mahmoud Comati, membre du Conseil politique du Hezbollah, a lancé dimanche une violente diatribe contre le président de la République Joseph Aoun, demandant comment ce dernier « se permet de passer outre un pilier essentiel de l’État, le président du Parlement Nabih Berry, et de quel droit il décide seul du destin du Liban ». M. Comati, qui n'est pas à sa première attaque contre le chef de l’État ces dernières semaines, est allé encore plus loin cette fois-ci, estimant que le président a « pour seul souci de rendre service aux États-Unis et à Israël » en pilotant les négociations entre Beyrouth et Tel-Aviv.

« Se conformer aux agendas israéliens et américains »

« Le président de la République veut mener des négociations directes avec l’ennemi israélien dans un contexte de divisions libanaises sur la question. Nous lui demandons à ce propos comment il se permet de passer outre un pilier essentiel de l’État, le président du Parlement Nabih Berry, et de quel droit il décide seul du destin du Liban, sans prendre en compte l’unité nationale, la Constitution, les lois, la dignité, le sang des martyrs et leurs sacrifices, avec pour seul souci de rendre service aux États-Unis et à Israël », a martelé M. Comati au cours d’une cérémonie en mémoire des victimes de l’offensive israélienne, à Bir Hassan dans la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d’information (Ani, officielle). « Nous conseillons au président de la République de ne pas s’engager dans des négociations directes avec l’ennemi, mais de privilégier les pourparlers indirects. Il gardera alors la tête haute, fort d’une entente nationale, et sans devoir se conformer aux agendas israéliens et américains », a-t-il encore dit.

Nabih Berry, chef d'Amal et allié politique clé du Hezbollah, s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de négociations indirectes avec Israël, afin de parvenir à mettre un terme à la guerre en cours, ayant déjà fait près de 2800 morts, provoqué un niveau de destruction inédit au Liban-Sud, et une occupation israélienne de près de 10 kilomètres en profondeur au Liban-Sud.

« Le problème au Liban aujourd’hui se situe entre deux visions, la nôtre, qui sait bien que l’ennemi est insatiable et n’arrêtera pas son offensive (…) et ceux qui pensent que la paix et un accord sont possibles avec cet ennemi, alors qu’il transgresse tous les accords signés », a poursuivi M. Comati. Pour lui, « il existe des ignorants qui ne connaissent pas le projet israélien, et des complices qui n’ont jamais considéré que le Liban est un pays pour tout le monde ».

Le député Hassan Fadlallah a tenu des propos similaires. « Le pouvoir n’est qu’un des instruments de l’État, tandis que le système repose sur l’entente entre les communautés, conformément à ce que prévoit le préambule de la Constitution libanaise. Il n’est donc pas possible de réduire l’État à un président ou à un gouvernement : il repose sur un principe de participation, et nous constituons une composante essentielle de cet État », a-t-il dit.

Pour sa part, de manière plus nuancée, Ali Fayad, autre député du Hezbollah, a dit dimanche avoir décelé « chez les présidents Aoun et Salam une volonté de rectifier le tir et de rédiger une position libanaise plus proche des constantes nationales ». Lors d’une cérémonie, il a appelé les autorités libanaises à « arrêter de cibler la 'résistance' de manière absurde », et à « rouvrir des canaux de contact avec l’Iran, en corrigeant les erreurs faites à son encontre ». Dans la foulée de l'entrée du Hezbollah dans la guerre régionale aux côtés de l'Iran, le Liban avait décidé d'interdire toute activité des gardiens de la révolution iraniens au Liban, instauré un système de visa pour les ressortissants iraniens souhaitant entrer au Liban, et déclaré l'ambassadeur iranien à Beyrouth, Mohammad Reza Chibani, persona non grata. Cette décision n'avait finalement pas été suivi d'effets.

« Sans le Hezbollah, Israël ne serait pas revenu au Liban »

Les Forces libanaises ont réagi aux prises de position du Hezbollah, et plus particulièrement à la diatribe de M. Comati, « sans rapport avec la réalité, les textes ou les faits ». Le parti a souligné que « les dispositions constitutionnelles stipulent expressément que le président de la République est chargé de négocier les traités et accords internationaux en accord avec le président du Conseil des ministres ». « Le chef de l’État exerce donc pleinement ses prérogatives constitutionnelles », en pilotant les pourparlers avec Israël, poursuit le texte. « Avec tout le respect dû au président (du Parlement) Nabih Berry, la Constitution libanaise est pourtant claire quant à la séparation des pouvoirs et à la définition des prérogatives », ajoutent les FL.

Et de s'en prendre au Hezbollah, qui n'a « jamais été habitué à respecter l’exercice par les institutions de leurs compétences, après avoir concrètement renversé la Constitution et la logique même de l’État au Liban » , et sans qui « Israël ne serait pas revenu au Liban ». « Aucun groupe n’a le droit de prétendre que la résistance relève de sa compétence exclusive, ni de monopoliser la décision de guerre et de paix, ni de s’imposer aux Libanais par la force du fait accompli, comme l’a fait le Hezbollah en profitant de l’occupation syrienne du Liban à partir de 1991 », fustigent encore les FL. Pour le parti, « ce qui contrevient à l’unité nationale, à la Constitution et aux lois, c’est l’existence d’armes en dehors de l’autorité de l’État ». « Ce que font le président de la République et le président du Conseil constitue au contraire une véritable incarnation de l’unité nationale, puisqu’ils appliquent la Constitution et réaffirment le caractère exclusif de la décision… », conclut le texte.

La consolidation du cessez-le-feu, assez fragile, au Liban, le retrait israélien et le retour des détenus dans les geôles israéliennes figurent parmi les revendications libanaises, lors du troisième round de négociations directes entre des délégations libanaise et israélienne, prévu les 14 et 15 mai à Washington. Les Israéliens continuent d’insister sur le désarmement du Hezbollah avant tout retrait.

Mahmoud Comati, membre du Conseil politique du Hezbollah, a lancé dimanche une violente diatribe contre le président de la République Joseph Aoun, demandant comment ce dernier « se permet de passer outre un pilier essentiel de l’État, le président du Parlement Nabih Berry, et de quel droit il décide seul du destin du Liban ». M. Comati, qui n'est pas à sa première attaque contre le chef de l’État ces dernières semaines, est allé encore plus loin cette fois-ci, estimant que le président a « pour seul souci de rendre service aux États-Unis et à Israël » en pilotant les négociations entre Beyrouth et Tel-Aviv.« Se conformer aux agendas israéliens et américains »« Le président de la République veut mener des négociations directes avec l’ennemi israélien dans un contexte de divisions libanaises sur la...