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Politique - Gouvernement

Une déclaration ministérielle... d’intentions, en attendant les actes

Le texte ne prévoit pas de mesures concrètes en matière de redressement économique et financier.

Hassane Diab entouré des ambassadeurs des pays membres de l’UE. Photo ANI

Comme prévu, le Conseil des ministres est parvenu à avaliser la déclaration ministérielle à l’unanimité lors d’une séance tenue hier au palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État Michel Aoun.

Sauf que contrairement aux attentes du mouvement de contestation, mais aussi et surtout de la communauté internationale, la version finale ne semble pas, pour le moment, inclure des mesures concrètes en matière de réformes économiques. Il ne s’agit donc que d’une simple déclaration d’intentions en attendant les actes.

Mais un proche de la présidence contacté par L’Orient-Le Jour se félicite du fait que le gouvernement a, pour la première fois, établi un plan qui s’étale sur des délais de cent jours, un an et trois ans, pour opérer des réformes au niveau du secteur bancaire et de l’électricité à titre d’exemple, explique-t-il, assurant que le nouveau cabinet entend appliquer le plan de production de l’électricité, approuvé par le gouvernement Hariri, en avril dernier, avec certaines modifications s’il en est besoin, selon la ministre de l’Information, Manal Abdel Samad. Une décision qui intervient à l’heure où des milieux diplomatiques occidentaux qualifient le retour à l’option de navires-centrales de « ligne rouge » à ne pas franchir.


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Le Conseil des ministres a apporté des amendements « non fondamentaux » à la version préliminaire du texte, ayant fuitée dans les médias et sur les réseaux sociaux en début de semaine, apprend-on de source informée. Dans les mêmes milieux, on indique que les modifications ont été apportées suite aux remarques de plusieurs ministres, notamment Marie-Claude Najm (Justice) et Zeina Acar, vice-présidente du Conseil et ministre de la Défense. Les modifications visent principalement à tenter de répondre favorablement aux demandes du mouvement de contestation en matière de lutte contre la corruption et de récupération des fonds pillés, ajoute-t-on de même source.

On souligne aussi que le président de la République a insisté pour incorporer au texte un paragraphe portant sur l’épineux dossier des réfugiés syriens, notamment pour ce qui est de leur retour dans les zones sécurisées de leur pays. Le texte critique le manquement des pays amis à leur engagement à aider le Liban sur ce plan et se félicite de toute initiative visant à concrétiser le retour des Syriens.


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« Armée, peuple, résistance »
Le gouvernement Diab, de même que la communauté internationale, accorde la priorité au redressement du pays sur le double plan économique et financier. Partant, le volet politique semble donc, du moins pour le moment, relégué au second plan. Le Conseil des ministres a ainsi conservé le paragraphe portant sur « le droit des Libanais et Libanaises à résister aux agressions israéliennes, et à libérer les territoires occupés », tels que prévus dans la version préliminaire de la déclaration. Une façon d’éviter de mentionner explicitement la formule « Armée, peuple, résistance ».

Le tandem Amal-Hezbollah, lui, ne perçoit pas les choses sous cet angle. Il refuse de reconnaître que le cabinet Diab a omis cette équation si chère au Hezbollah. Interrogé par L’OLJ, le ministre de l’Agriculture et de la Culture, Abbas Mortada, gravitant dans l’orbite du mouvement Amal, déclare qu’il s’agit d’une « constante ». À la question de savoir comment le gouvernement entend respecter la politique de distanciation par rapport aux conflits régionaux à la lumière de cette prise de position, M. Mortada s’est contenté d’appeler à « éviter les anticipations ».


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Pour sa part, Manal Abdel Samad a déclaré à l’issue de la séance ministérielle qu’il n’y a « pas de désaccord autour de la formule “Armée, peuple, résistance” ».

À la question portant sur les attentes de la communauté internationale, elle a répondu en insistant sur « l’importance de la confiance du peuple et de la Chambre élue par les citoyens ». « La communauté internationale nous accordera sa confiance quand elle verra le gouvernement opérer les réformes et faire la preuve de son sérieux », a-t-elle ajouté.

S’exprimant au début de la séance, Michel Aoun a insisté sur l’importance pour chaque ministre de définir les priorités de son action, dans la mesure où il y a plusieurs projets à exécuter. « Après le vote de confiance, le cabinet devra se lancer immédiatement dans l’action, afin de compenser les pertes subies durant la phase précédente », a ajouté M. Aoun.

Évoquant la question des réfugiés syriens, le chef de l’État a souligné que certains pays s’opposent toujours au retour des réfugiés, tout en confiant ne pas comprendre les motifs de cette prise de position. « Nous avons évoqué cette question devant les instances internationales et nous attendons la réponse », a encore dit Michel Aoun.

Puis, le Premier ministre Hassane Diab a pris la parole. « La déclaration ministérielle est un plan d’action qui définit nos aspirations et notre manière de penser », a-t-il souligné d’emblée, assurant que le texte « n’est pas une reprise (d’autres déclarations ministérielles) et constitue à un modèle à suivre pour les futurs cabinets ». « Nous sommes ambitieux. Mais à la faveur de notre pragmatisme, nous ne pouvons pas ignorer certains faits », a encore dit M. Diab, indiquant que son équipe sera celle « qui relèvera les défis ». Et le chef du gouvernement d’inviter chaque ministre à établir les projets qu’il entend exécuter à son poste, pour qu’ils soient évoqués avec les responsables internationaux.Il convient de signaler que le Parlement tiendra mardi et mercredi prochains les séances consacrées au vote de confiance.


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Une aide urgente
Quelques heures après la réunion gouvernementale, Hassane Diab s’est entretenu au Sérail avec les ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne à Beyrouth. L’occasion pour lui de faire valoir que « le Liban a besoin d’une aide urgente sur tous les plans », se félicitant du fait « que les pays de l’UE sont attachés à la stabilité du Liban, dans la mesure où toute secousse que subirait le pays aurait des incidences en Europe ». Rappelant que son équipe est celle de spécialistes indépendants des partis politiques et veulent sauver le Liban, M. Diab a assuré que le gouvernement approuve les demandes du mouvement de contestation. Selon lui, « Le Liban s’attend à ce que le programme CEDRE se concrétise, d’autant que le gouvernement a établi un plan pour opérer les réformes exigées dans le cadre de ce programme ».

De son côté, Ralph Tarraf, chef de la mission diplomatique européenne à Beyrouth, s’est félicité de la formation du nouveau gouvernement, soulignant que les « premières rencontres avec les ministres sont encourageantes, dans la mesure où ils sont déterminés à faire preuve de sérieux ».


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Comme prévu, le Conseil des ministres est parvenu à avaliser la déclaration ministérielle à l’unanimité lors d’une séance tenue hier au palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État Michel Aoun. Sauf que contrairement aux attentes du mouvement de contestation, mais aussi et surtout de la communauté internationale, la version finale ne semble pas, pour le moment, inclure...

commentaires (4)

RIEN DE CONCRET. ET DIRE QU,ILS ATTENDENT AVEC CA LA MANNE INTERNATIONALE. PERSONNE N,Y AIDERA OU INVESTISSERA FUT-CE UN FRANC. DOMMAGE QUE LA LOGIQUE ET LE REALISME Y MANQUENT.

L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

10 h 31, le 07 février 2020

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Commentaires (4)

  • RIEN DE CONCRET. ET DIRE QU,ILS ATTENDENT AVEC CA LA MANNE INTERNATIONALE. PERSONNE N,Y AIDERA OU INVESTISSERA FUT-CE UN FRANC. DOMMAGE QUE LA LOGIQUE ET LE REALISME Y MANQUENT.

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

    10 h 31, le 07 février 2020

  • On ne peut que donner une chance à ce nouveau gouvernement puis le juger ensuite

    Antoine Sabbagha

    08 h 48, le 07 février 2020

  • faire preuve de sérieux,c'est tout ?J.P

    Petmezakis Jacqueline

    08 h 29, le 07 février 2020

  • Le plus urgent pour le Liban , bien avant les considérations économiques ou financières, est d'insister pour le retour des réfugiés syriens chez eux au plus tôt . En effet , depuis les années qu'ils vivent chez nous, ils commencent à être dangereusement indélogeables . C'est un poids démographique, social, confessionnel et ÉCONOMIQUE impossible à supporter plus longtemps . On ne comprend pas pour quelle raison nos amis occidentaux jouent ce jeu dangereux en insistant à les garder sur notre territoire . NOUS N'EN N'AVONS PAS BESOIN !

    Chucri Abboud

    02 h 14, le 07 février 2020

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