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Liban

Une déclaration ministérielle qui se veut à la hauteur des défis

Gouvernement

Le texte met l’accent sur les réformes sectorielles et accorde un intérêt plutôt secondaire au domaine politique.

03/02/2020

C’est probablement la déclaration ministérielle qui aura consommé le plus de temps de réflexion, un effort qui s’explique par le contexte politique et économique exceptionnel du Liban mais aussi par le souci du nouveau gouvernement de montrer à l’opinion libanaise et à la communauté internationale son sérieux à la tâche.

La première mouture de la déclaration, dont L’Orient-Le Jour a obtenu copie, a été finalisée samedi lors de la 8e réunion de la commission gouvernementale en charge de la rédaction de ce texte, sur la base duquel le cabinet doit demander au Parlement de lui accorder sa confiance.

« Celui qui croit qu’il pourra échapper à l’effondrement économique, financier, sécuritaire et à la colère des gens se trompe lourdement. » C’est par cette phrase choc que commence le projet de déclaration, qui insiste sur la nécessité de « restaurer la confiance », « un processus qui sera long et qui requiert une politique de transparence vis-à-vis des citoyens et des réalisations concrètes ».


(Repère : Les principaux points du projet de déclaration ministérielle (version non finale))


Dans les milieux proches du Sérail, on affirmait déjà depuis quelques jours que la déclaration serait « différente des précédentes ». Il s’agit là d’une évidence plutôt que d’une surprise, sachant que le nouveau cabinet est censé, en même temps, répondre aux aspirations de la rue, proposer une sortie de crise, des remèdes à l’effondrement économique et financier et prouver à la communauté internationale, notamment, sa volonté ferme d’entreprendre des réformes radicales pour pouvoir prétendre à une aide quelconque de sa part.

Pour la première fois, et c’est peut-être là que réside la nouveauté, le gouvernement s’engage à respecter des principes tels que « la reddition de comptes devant le Parlement, les instances judiciaires et administratives et devant le peuple ». Il assure également son engagement à rester loin des « tiraillements politiques » et à consacrer une approche « non confessionnelle en harmonie avec la citoyenneté et la justice sociale ». Autant d’éléments qui s’adressent directement, dans les mots du moins en attendant les actes, au mouvement de contestation qui se voit également garantir la liberté d’expression et le droit à « manifester pacifiquement ».


(Lire aussi : Les principaux points du projet de déclaration ministérielle (version non finale))


Des mesures « douloureuses »

Le ton est donné dès le départ : ce sont des « mesures douloureuses » que le gouvernement sera appelé à prendre « dans le cadre d’un plan de sauvetage global », précise le texte qui évoque en même temps la nécessité pour « nous, responsables, de nous remettre profondément en cause ».

La déclaration ministérielle met principalement l’accent sur le volet économique et financier avec une proposition de sortie de crise et des solutions concrètes pour stopper l’effondrement.

Un chapitre est par ailleurs consacré à l’indépendance de la justice, placé en tête du programme comme pour signifier qu’il s’agit d’une priorité. Le second volet est consacré à la lutte contre la corruption, qui comprend notamment un engagement à prendre « les mesures requises » pour la restitution des « fonds transférés à l’extérieur après le 17 octobre de manière illégale », une façon de reconnaître officiellement que la fuite de ces capitaux a été « illégalement » facilitée par le secteur bancaire, indirectement pointé du doigt.

D’autres clauses relatives à des réformes de fond figurent au programme, autant de mesures attendues par les Libanais, mais aussi par « les pays donateurs à la conférence de Paris (CEDRE) » et dont la pertinence a été également soulignée « dans des rapports d’expertise », précise le texte en substance.

Une autre nouveauté qui transparaît dans le texte est le calendrier adopté par l’exécutif qui s’engage à court (100 jours ), moyen (un an ) et long terme (trois ans ) – soit jusqu’à la fin du mandat du président Michel Aoun – à réaliser des objectifs précis et définis dans chacun des secteurs énoncés.


(Lire aussi : Un déficit après l’autre, l'éditorial de Issa GORAIEB)


La résistance

Quant au volet politique, il aurait fait l’objet de divergences parmi les membres du comité de rédaction autour notamment de la question de l’importance à accorder à ce domaine. De source informée, on apprenait que les avis étaient partagés entre ceux parmi les ministres qui estimaient que la déclaration ne devait pas nécessairement évoquer les questions politiques mais tabler uniquement sur le programme de réformes, et ceux qui, comme les ministres proches d’Amal et du Hezbollah, insistaient sur l’idée que l’économique était intimement lié au politique. C’est probablement le compromis qui aura pris le dessus en fin de compte, puisque les questions d’ordre politique et stratégique ont été placées à la fin de ce document de dix-sept pages, sans référence explicite à ce domaine.

La déclaration évoque ainsi le principe de la distanciation en soulignant la « nécessité d’éloigner le Liban des crises » et d’adopter « une politique étrangère indépendante basée sur les intérêts supérieurs du Liban et le respect du droit international ».

Pour ce qui est de la résistance, le texte reprend quasiment la même formule utilisée dans la déclaration du gouvernement précédent de Saad Hariri, soulignant qu’aucun effort ni aucune résistance ne sera épargnée pour libérer le reste du territoire occupé et protéger le Liban face aux ambitions israéliennes.

Une copie du texte a été envoyée samedi à tous les ministres afin qu’ils puissent y apporter leurs commentaires, l’idée étant d’inclure la contribution et l’avis de l’ensemble des composantes du cabinet dans un souci de cohésion et de responsabilité partagée.

Le texte amendé fera l’objet d’une « lecture définitive » par la commission lors d’une réunion prévue aujourd’hui, avant d’être avalisé en Conseil des ministres. Le texte sera ensuite soumis au Parlement, qui devra accorder sa confiance au nouveau gouvernement sur la base de ce programme. D’ores et déjà, deux principales formations politiques, les Forces libanaises et le Parti socialiste progressiste, ont annoncé, par la bouche de deux de leurs députés respectifs, qu’ils ne voteront pas la confiance au gouvernement de Hassane Diab.


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Le Point du Jour.

je dirai la même chose qu'auparavant …

Ce gouvernement lance une bouée d’essai pour voir la réaction de la rue mais, demeure un gouvernement illégal, son budget et tout ce qu’il annonce resteront illégal puisqu’il n’a toujours pas obtenu la confiance du parlement, et du peuple !

Il a beau gesticuler avec des pseudos mesures illusoires, tout en évitant les mesures urgentes telles que l’eau courante, l’électricité, la pollution de la mer, l’incinérateur, l’hôpital, les médicaments etc …

Il parle de la résistance, mais de quelle résistance ?
la résistance contre le peuple ou la résistance du peuple contre les hommes politiques véreux ? sinon je ne voient pas de quelle résistance le pays a besoin ?

Nous avons notre Vaillante Armée pour nous défendre, pas besoin d’être à la merci des étrangers qui viennent polluer notre environnement et nous asservir pour mieux nous dominer…
Un gouvernement fantoche de berryzina tout comme ses commanditaires qui se planquent en attendant que la tempête populaire se calme ou s’essouffle pour reprendre la main.

Dans l’attente d’un vrai gouvernement indépendant pour sauver Liban que nous aimons tous, loin de tout confessionalisme et des vautours de tous les pays voisins .
Prions !

Eleni Caridopoulou

Le programme est bon surtout la politique étrangère indépendante , est ce
que le Hezbollah est d'accord ainsi que Mr Berry , l'un avec l'Iran et l'autre avec la Syrie

LA VERITE

Pour ce qui est de la résistance, le texte reprend quasiment la même formule utilisée dans la déclaration du gouvernement précédent de Saad Hariri, soulignant qu’aucun effort ni aucune résistance ne sera épargnée pour libérer le reste du territoire occupé et protéger le Liban face aux ambitions israéliennes.

bravo pour le nouveau gouvernement qui ne change rien a la politique qui nous a donne la milice et notre perte

POURQUOI DES SOLUTIONS DOULOUREUSES???

IL SUFFIT DE PRENDRE 50 % DES AVOIRS DE TOUS POLITICIENS ET DIRECTEURS DANS L'ADMINISTRATION SUR LES MONTANTS NON JUSTIFIES ( offert par un ami par example ) AU LIBAN OU A L'ETRANGER

25 % DES EMPLOYES DE GOUVERNEMENT QUI ONT PLUS QUE LE SALAIRE VERSE DEPUIS 5 ANS DANS LEURS COMPTES NON JUSTIFIE

25% DE TOUS LES JUGES AYANT AUSSI PLUS DE 5 ANS DE SALAIRE DANS LEURS COMPTES NON JUSTIFIE

SAISIE DE TOUS LES BIENS IMMOBILIERS DES POLITICIENS QUI NE PEUVENT PAS PROUVER L'ORIGINE DES FONDS QUI ONT SERVI A LES ACHETER

LE LIBAN SE PORTERA A MERVEILLE APRES CELA SANS AUCUNE DOULEUR POUR AUCUN CIVIL NON CONNECTE A L'ADMINISTRATION OU A LA POLITIQUE

COURAGE NOUS Y SERIONS ARRIVER AVEC NAWAF SALAM C'EST POUR CELA QU'ILS NE L'ONT PAS VOULU

REVOLUTION COURAGE , ON Y ARRRIVERA

Ô Liban

Ce qui ressort de ce qu'on lit, il n'y aura aucun changement aux promesses des anciens.
On attaque surtout les intérêts des déposants, pour continuer à abuser des deniers publics.
Aucun Conseil ou structure n'est touchée. Aucun fonctionnaire inutile ne sera renvoyé.
Ils continuent les mêmes à abuser et à se protéger.
Vive la révolte.

Le Herisson

Vous titrez a la une du journal "Des mesures douloureuses , promet la déclaration ministérielle".

Je trouve que le mot "promet" aurait du etre mis entre guillemets car en general on promet des choses positives alors que ces promesses du gouvernement seront loin d'etre agreables. Ne devrait-ils pas plutot puiser dans leurs enormes comptes en banque respectifs pour aider le pays plutot que de s'attaquer aux derniers sous que possedent encore (s'ils en possedent encore) les citoyens? deja que l'on arrive a peine a vivoter avec la cherete de vie, la devaluation de la livre et les "haircuts" des salaires dans la plupart des entreprises.....

Sissi zayyat

Et BLA BLA BLA. ON CONTINUE À ÉCOUTER LE HB QUI VEUT QUE LA CRISE FINANCIÈRE SOIT INTIMEMENT LIÉE À CELLE DES PROBLÈMES POLITIQUES DE LA RÉGION ET SURTOUT LIBÉRER LES TERRITOIRES OCCUPÉS?
DE QUELLE TERRITOIRE PARLENT ILS? SIL S'AGIT DE CEUX DE LA SYRIE ET DE LA JORDANIE, ILS SONT ASSEZ GRANDS POUR SE DÉBROUILLER TOUT SEULS. MAIS SI C'EST POUR JUSTIFIER L'ARMEMENT DU HB. ON PEUT LEUR DIRE QUE CELUI-LÀ EST HORS LA LOI ET QU'ILS FERAIENT MIEUX DE LE DÉPOSER POUR NE PAS ATTISER LES TENSIONS ET DE LAISSER LE SOIN DE LA PROTECTION DE NOS FRONTIÈRES AUX PROFESSIONNELS QUI POUR NOUS RESTE NOTRE ARMÉE LIBANAISE ET PERSONNE D'AUTRE.
TOUT LE RESTE N'EST QUE DE LA POUDRE AUX YEUX. IL FAUT REDONNER CONFIANCE AUX INVESTISSEURS ÉTRANGERS POUR QUE CES DERNIERS S'INSTALLENT ET EMBAUCHENT POUR ÉRADIQUER LE CHÔMAGE DES JEUNES ET DES GENS QUALIFIÉS QUI SE TROUVENT OBLIGÉS D'IMMIGRER.
POUR ÇA LE LIBAN DOIT REDEVENIR UN PAYS PACIFIQUE ET STABLE QUI NE CHERCHE NOISE A PERSONNE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ELLE N,EST PAS A LA HAUTEUR DES DEFIS. LES JOURS QUI VIENNENT LE PROUVERONT. QU,A-T-ON FAIT POUR REDUIRE L,IMMENSE DETTE AUTRE QUE DE PUISER DANS LES POCHES DES CITOYENS APPAUVRIS PAR LA DEVALUATION DE FACTO DE LA L.L. ET DE LEUR PAYER ARBITRAIREMENT LA MOITIE DE LEURS INTERETS EN DOLLARS EN L.L. AU TAUX DE 1507.- ?

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