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Politique - Repère

Les principaux points du projet de déclaration ministérielle (version non finale)

Le projet de déclaration ministérielle, dont L’Orient-Le Jour a obtenu dimanche une version non finale, évoque des mesures « douloureuses » pour redresser l’économie et les finances publiques, et souligne la nécessité de garder le Liban à l’abri des conflits régionaux tout en soulignant le droit à la « résistance ».


Le Premier ministre Hassane Diab présidant une réunion au Grand sérail, le 1er février 2020. Photo Dalati et Nohra

La première mouture complète de la déclaration ministérielle du gouvernement de Hassane Diab a été finalisée samedi, lors de la 8e réunion de la commission gouvernementale en charge de la rédaction de ce texte, sur base duquel le cabinet doit demander au Parlement de lui accorder sa confiance. Ce texte fera l'objet d'une "lecture définitive" par la commission lors d'une réunion prévue lundi à 13h, avant d'être présenté officiellement pour son approbation par le Conseil des ministres.

Voici le principaux points du texte :


« Le Liban fait face à une grave crise économique, financière, sociale et écologique étouffante (…) qui nécessite des mesures douloureuses dans le cadre d’un plan de sauvetage global et complémentaire. »

« Les réformes que nous nous engageons à mettre en place émanent des revendications des Libanaises et des Libanais, ainsi que des demandes des pays donateurs et plus particulièrement celles évoquées lors de la conférence CEDRE (...). »

« Cette déclaration est basée sur un programme d’action comprenant un plan de sauvetage d’urgence et un panier de réformes qui s’articulent autour de la réforme judiciaire, législative, de lutte contre la corruption et de mesures correctives des finances publiques, permettant de passer d’une économie de rente à une économie productive et de constituer un filet de protection sociale. » Le texte indique qu’il est possible de se baser sur le plan McKinsey et estime nécessaire « de réduire les intérêts sur les prêts et les dépôts afin de stimuler la croissance et baisser le coût de l’endettement ».

Le cabinet s’engage à être « un gouvernement indépendant de tous les tiraillements politiques et à œuvrer comme une équipe de travail formée de spécialistes ». Il estime que « les revendications du hirak (soulèvement) ne sont pas uniquement légitimes mais sont au cœur de son plan ».

Le gouvernement s’engage à « protéger la liberté d’expression, de manifestation pacifique et à respecter les droits de l’homme », tout en « soutenant les forces armées et de sécurité ».

Le texte s’engage à introduire une série de réformes dans des délais allant de cent jours à trois ans, notamment sur les plans judiciaire et de l’indépendance de la justice et de la lutte contre la corruption. Il affirme que dans une période de moins d’un an, il œuvrera à récupérer les fonds volés à travers un projet de loi récompensant toute personne susceptible de contribuer à débusquer des crimes financiers.


Plan Boustani

Concernant le programme CEDRE, le gouvernement « s’engage à respecter les réformes financières, structurelles et sectorielles listées dans la Vision pour la stabilité et la réforme » présentée par le gouvernement de Saad Hariri lors de cette conférence économique en avril 2018.

Le cabinet « s’engage à examiner et mettre en œuvre les projets inclus dans le programme d’investissement dans les infrastructures (CIP) et à créer le comité interministériel présidé par le Premier ministre et composé du vice-président du Conseil des ministres et des ministres des Finances, de l’Économie, de l’Industrie et de l’Environnement, qui sera chargé du suivi du programme CEDRE ».

Le cabinet prévoit des réformes fiscales à travers notamment l’instauration d’un impôt progressif unique et la lutte contre l’évasion fiscale et douanière.

Côté dépenses, le gouvernement prévoit une restructuration du secteur public à travers notamment la lutte contre le gaspillage. Il s’engage également à œuvrer pour la « baisse du service de la dette en coopération avec le ministère des Finances, la Banque du Liban (BDL) et les établissements bancaires », mais également en privilégiant « les projets de partenariat public-privé (PPP) ».

Sur le plan monétaire, il s’engage « en coopération avec le Parlement et la BDL à prendre les mesures nécessaires et réaliser les projets de loi nécessaires pour protéger l’argent des déposants » ainsi que la situation monétaire, et pour encourager la recapitalisation des banques.

Pour pallier le problème de la balance des paiements, le gouvernement prévoit plusieurs mesures de soutien aux secteurs productifs, dont l’industrie.

Concernant l’énergie, le gouvernement explique qu’il va, par souci de ne pas perdre de temps, adopter le plan de la ministre sortante Nada Boustani. Il s’engage à « baisser le plafond des transferts du Trésor à EDL jusqu’à leur suppression définitive et à augmenter les tarifs parallèlement à une amélioration de la production, mais sans que cela touche les catégories pauvres et à revenus limités ».


Une politique étrangère indépendante

Pour ce qui est de la politique étrangère, le gouvernement estime « nécessaire d’éloigner le Liban des conflits extérieurs » et s’engage à adopter « une politique étrangère indépendante basée sur les intérêts supérieurs du Liban et le respect du droit international ». Le cabinet « poursuivra le renforcement des relations avec les pays frères et amis et insistera sur le partenariat avec l’Union européenne ». Comme il assure « respecter toutes les résolutions et conventions internationales et plus particulièrement la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », et « continuer de soutenir la FINUL ».

« Quant au conflit avec l’ennemi israélien, nous n’épargnerons aucun effort ni aucune résistance pour libérer ce qui reste de territoire libanais occupé et pour protéger notre pays d’un ennemi qui a toujours des ambitions sur nos terres, notre eau et notre richesse naturelle, et ceci sur la base de la responsabilité de l’État et son rôle à préserver la souveraineté du Liban, son indépendance, son intégrité territoriale et la sécurité de ses fils. »

« Le gouvernement insiste sur le devoir de l’État de libérer les hameaux de Chebaa et les collines de Kfarchouba, et la partie libanaise du village de Ghajar, et ce par tous les moyens légaux, en soulignant le droit des Libanaises et des Libanais à résister contre l’occupation israélienne, repousser ses agressions et récupérer les territoires occupés. »

Concernant l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, le gouvernement déclare qu’il va « poursuivre le processus du Tribunal spécial pour le Liban, qui a été créé dans le souci du droit et de la justice, loin de toute politisation et de tout esprit de vengeance, de manière à ce que cela ne se répercute pas négativement sur la stabilité du Liban, son unité et sa paix civile ».

Au sujet des réfugiés, le gouvernement souligne que « la seule solution est le retour sûr des déplacés syriens dans leur pays » et refuse toute forme d’implantation des Syriens, comme des réfugiés palestiniens.


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La première mouture complète de la déclaration ministérielle du gouvernement de Hassane Diab a été finalisée samedi, lors de la 8e réunion de la commission gouvernementale en charge de la rédaction de ce texte, sur base duquel le cabinet doit demander au Parlement de lui accorder sa confiance. Ce texte fera l'objet d'une "lecture définitive" par la commission lors d'une réunion...

commentaires (7)

Ce gouvernement lance une bouée d’essai pour voir la réaction de la rue mais, demeure un gouvernement illégal, son budget et tout ce qu’il annonce resteront illégal puisqu’il n’a toujours pas obtenu la confiance du parlement, et du peuple ! Il a beau gesticuler avec des pseudos mesures illusoires, tout en évitant les mesures urgentes telles que l’eau courante, l’électricité, la pollution de la mer, l’incinérateur, l’hôpital, les médicaments etc … Il parle de la résistance, mais de quelle résistance ? la résistance contre le peuple ou la résistance du peuple contre les hommes politiques véreux ? sinon je ne voient pas de quelle résistance le pays a besoin ? Nous avons notre Vaillante Armée pour nous défendre, pas besoin d’être à la merci des étrangers qui viennent polluer notre environnement et nous asservir pour mieux nous dominer… Un gouvernement fantoche de berryzina tout comme ses commanditaires qui se planquent en attendant que la tempête populaire se calme ou s’essouffle pour reprendre la main. Dans l’attente d’un vrai gouvernement indépendant pour sauver Liban que nous aimons tous, loin de tout confessionalisme et des vautours de tous les pays voisins . Prions

Le Point du Jour.

16 h 28, le 03 février 2020

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Commentaires (7)

  • Ce gouvernement lance une bouée d’essai pour voir la réaction de la rue mais, demeure un gouvernement illégal, son budget et tout ce qu’il annonce resteront illégal puisqu’il n’a toujours pas obtenu la confiance du parlement, et du peuple ! Il a beau gesticuler avec des pseudos mesures illusoires, tout en évitant les mesures urgentes telles que l’eau courante, l’électricité, la pollution de la mer, l’incinérateur, l’hôpital, les médicaments etc … Il parle de la résistance, mais de quelle résistance ? la résistance contre le peuple ou la résistance du peuple contre les hommes politiques véreux ? sinon je ne voient pas de quelle résistance le pays a besoin ? Nous avons notre Vaillante Armée pour nous défendre, pas besoin d’être à la merci des étrangers qui viennent polluer notre environnement et nous asservir pour mieux nous dominer… Un gouvernement fantoche de berryzina tout comme ses commanditaires qui se planquent en attendant que la tempête populaire se calme ou s’essouffle pour reprendre la main. Dans l’attente d’un vrai gouvernement indépendant pour sauver Liban que nous aimons tous, loin de tout confessionalisme et des vautours de tous les pays voisins . Prions

    Le Point du Jour.

    16 h 28, le 03 février 2020

  • Pas un mot sur les poursuites judiciaires des voleurs dans leur déclaration. Eux qui nous bassinent de déclamations sur leurs objectifs premiers de combattre la corruption. Rien ne bouge et la justice est mise à l'écart et des projets de nettoyage et de condamnations des fraudeurs restent secondaires alors que c'est la première préoccupation des citoyens pour pouvoir croire à nouveau en la justice de ce pays et surtout de croire que ces nouveaux responsables politiques œuvreraient pour nous prouver leur bonne foi. Au lieu de quoi, ils nous parlent de résistance pour libérer on ne sait quel territoire, puisque le Liban jouit de ses 10.452 km sans eau courante potable, sans électricité ni hôpitaux fonctionnels ni écoles dignes de ce nom ni aucune infrastructure ou prestation sociale fonctionnelle qui seraient digne d'un pays civilisé. Ces caisses restent vides et les voleurs ainsi que toute la racaille sont toujours en poste. L'art et la manière de noyer le poisson.

    Sissi zayyat

    14 h 42, le 03 février 2020

  • La distanciation et la résistance.... Et si la résistance était de la distanciation et la distanciation de la résistance ? C’est un peu comme la cuisine ‘ fusion ´ : du taboulé avec de la sauce soja, un peu de curry dessus, et puis la chantilly pour bien relever le goût...

    LeRougeEtLeNoir

    08 h 26, le 03 février 2020

  • Ceci semble superbe comme déclaration ministérielle au moins une continuité dans le travail , reste l'application ou le diable réside toujours dans les détails.

    Antoine Sabbagha

    08 h 15, le 03 février 2020

  • IL RESTE A CLARIFIER DES POINTS ET A VOIR APPLIQUER LES MESURES ET REFORMES POUR JUGER. PROUVEZ !

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    00 h 06, le 03 février 2020

  • Super, qui dit mieux ? Laissez-les donc travailler en paix , enfin !

    Chucri Abboud

    22 h 27, le 02 février 2020

  • Un tas de généralités dans une langue de bois parfaite dont on ne retiendra que le hausse des tarifs de l’EdL, la hausse des taxes, la hausse de l’impôt sur le revenu... En revanche aucun mot sur la protection sociale ni sur l’assurance vieillesse, ni sur les services essentiels que l’Etat doit à ses citoyens, ni les moyens de lutter contre les dernières augmentations des prix de 50% en moyenne totalement injustifiées. Ah j’oubliais les ambitions sur notre eau polluée par les égouts et les rejets industrielles ainsi que nos richesses naturelles pillées par nos vautours locaux. Au moins, ce nouveau gouvernement prouve qu’il manie bien la sémantique creuse

    Liberté de Penser

    22 h 18, le 02 février 2020

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