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Économie - Politique économique

Crise : Hassane Diab recueille des doléances du secteur privé

Seuls les représentants des agriculteurs et des éleveurs n’ont pas participé à la réunion entre le chef du gouvernement et les organismes économiques.

Le Premier ministre, Hassane Diab, lors de la réunion avec les organismes économiques. Photo Dalati et Nohra

Le Premier ministre libanais Hassane Diab, dont le gouvernement formé il y a dix jours doit encore obtenir la confiance du Parlement, a enchaîné hier les réunions avec plusieurs représentants du secteur privé pour identifier les préoccupations prioritaires de plusieurs filières dans le contexte de crise économique et financière aiguë que traverse le pays.

Le chef du gouvernement a notamment reçu au Grand Sérail une délégation des organismes économiques, l’organisation patronale dirigée par l’ex-ministre des Télécoms, Mohammad Choucair. « Les représentants des différentes filières ont exposé leurs difficultés. Le Premier ministre a, lui, prévu de former des comités de suivi pour chacune d’entre elles avec les ministres concernés, mais aucune mesure concrète de soutien n’a encore été dévoilée. L’ambiance était en tout cas positive », confie à L’Orient-Le Jour le président du syndicat des entrepreneurs de travaux publics, Maroun Hélou, qui était présent à la réunion. Dans son discours, le Premier ministre a, lui, estimé que les solutions à la crise actuelle n’étaient pas « si difficiles » à mettre en œuvre.


(Lire aussi : Le gouvernement Diab planche sur une stratégie pour « rétablir la confiance »)



Nouvelle réunion avec l’ABL

Mohammad Choucair a pour sa part présenté la stratégie de relance préparée par les organismes économiques et qui avait été diffusée dans la presse jeudi. S’étalant sur trois ans, cette stratégie propose de confier le pilotage du redressement du pays à une commission ad hoc – sans préciser sa composition ni son mode de désignation – à laquelle seraient attribuées les prérogatives pour engager les réformes structurelles nécessaires. Il préconise également de rééchelonner la dette publique du Liban, de privilégier la lutte contre l’évasion fiscale pour augmenter les recettes de l’État sans alourdir la fiscalité ou encore développer les partenariats public-privé.

Cette stratégie a l’ambition de répondre aux besoins de l’ensemble des secteurs, dont les représentants étaient presque tous présents hier. « La quasi-totalité des filières se sont exprimées, commerçants, industriels, franchisés, etc. Seuls les agriculteurs manquaient à l’appel », a souligné Maroun Hélou. Une absence confirmée par le président de l’Association des agriculteurs, Antoine Hoyek, qui affirme ne pas être surpris. « Nous avons l’habitude. Rares sont les dirigeants libanais qui se sont attardés sur les difficultés des agriculteurs et des éleveurs (le secteur pesait 2,9 % du PIB en 2017, selon les chiffres les plus récents de l’Administration centrale de la statistique, NDLR). Je ne pense pas que ce gouvernement fera exception », lâche-t-il. Hassane Diab s’est en revanche entretenu avec une délégation du syndicat des propriétaires de stations-service qui subissent des pertes financières en raison du surcoût du carburant lié à la hausse du prix du dollar.


(Lire aussi : Diab réunit les organes de contrôle pour lancer la bataille contre la corruption)

Revendications inchangées

Le Liban a commencé à payer en 2019 le prix de près de trente ans de mauvaise gestion du pays qui ont fortement dégradé sa situation économique et financière déjà précaire et vulnérable aux chocs. Les Libanais vivent de plus depuis la fin de l’été avec les importantes restrictions sur les opérations mises en place par le secteur bancaire et qui ont notamment affecté les retraits d’espèces en dollars ainsi que les transferts à l’étranger. Des mesures informelles de contrôle de capitaux qui ont dopé le taux livre/dollar chez les changeurs à un niveau 30 à 40 % plus élevé en moyenne que la parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar, toujours appliquée pour les transactions bancaires (avec une marge d’une dizaine de livres). Le pays vit enfin depuis le 17 octobre au rythme des manifestations contre l’incurie des dirigeants politiques, qui n’ont pas été capables de lancer les réformes identifiées de longue date pour redresser l’économie et assainir les finances publiques.

Pour Fouad Rahmé, le président du Rassemblement des dirigeants et chefs d’entreprise libanais (RDCL, une entité distincte du RDCL World de Fouad Zmokhol, qui rassemble principalement des entrepreneurs de la diaspora), les revendications des entrepreneurs libanais restent inchangées. Il s’agit concrètement de relancer les activités de prêts et baisser les taux d’intérêt sur les crédits octroyés au secteur privé et de faciliter autant que nécessaire les transferts bancaires à l’étranger aussi bien pour les industries productives que pour les commerces, qui rencontrent des difficultés pour payer leurs fournisseurs. La question de la stabilisation du taux livre/dollar ou encore le renforcement de la lutte contre la contrebande font également partie des revendications partagées par les agriculteurs, les industriels et les commerçants.

Certaines filières ont en revanche des requêtes plus spécifiques : les entrepreneurs de travaux publics réclament par exemple plusieurs dizaines de millions de dollars à l’État ; les importateurs de carburant demandent un ajustement du prix de l’essence qui tient compte du surcoût lié au change ;

tandis que les agriculteurs et les industriels souhaitent davantage d’aide de l’État pour renforcer leur compétitivité. Jeudi, l’Association des banques du Liban (ABL) et la Banque du Liban (BDL) se sont entendues pour réglementer enfin les mesures informelles de contrôle des capitaux progressivement imposées par le secteur depuis le début de l’été, tout en promettant d’assouplir certaines dispositions existantes (voir encadré).

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Le Premier ministre libanais Hassane Diab, dont le gouvernement formé il y a dix jours doit encore obtenir la confiance du Parlement, a enchaîné hier les réunions avec plusieurs représentants du secteur privé pour identifier les préoccupations prioritaires de plusieurs filières dans le contexte de crise économique et financière aiguë que traverse le pays.Le chef du gouvernement a...
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BOUS ATTENDONS IMPATIEMMENT SON DISCOURS ET LA DECLARATION GOUVERNEMENTALE POUR JUGER DE SON EFFICACITE ET DES CHANGEMENTS PROGRAMMES.

LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

00 h 54, le 01 février 2020

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Commentaires (1)

  • BOUS ATTENDONS IMPATIEMMENT SON DISCOURS ET LA DECLARATION GOUVERNEMENTALE POUR JUGER DE SON EFFICACITE ET DES CHANGEMENTS PROGRAMMES.

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    00 h 54, le 01 février 2020

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