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Quatrième mois de la révolte : les blocages de routes se poursuivent, les actions contre les banques aussi

Liban

La Sûreté générale dément détenir des ressortissants étrangers arrêtés par les FSI lors des affrontements de mardi à Hamra.

OLJ
18/01/2020

La contestation ne faiblissait toujours pas samedi à travers le Liban, alors que le pays a entamé hier son quatrième mois de révolte populaire inédite contre la classe politique dirigeante accusée de corruption et qui ne parvient toujours pas à lever les obstacles à la formation du gouvernement de Hassane Diab, désigné le 19 décembre en tant que Premier ministre.

Comme dans les jours précédents, les actions se concentrent samedi sur la fermeture de certains routes en provinces et des sit-in devant les banques, qui sont particulièrement dans le viseur des contestataires, sur fond d'une crise financière et monétaire aiguë, au moment où la livre libanaise chute face au dollar. Plusieurs marches et rassemblements, notamment dans la capitale, sont également prévus cet après-midi.


Dans la banlieue-sud de Beyrouth, des inconnus ont écrit des graffitis hostiles aux banques, sur les murs d'une branche de la Banque Audi.

A Baableck, dans la Békaa, un groupe de manifestants a lancé des oeufs contre le siège de la Banque du Liban, empêchant également les employés de se rendre à leurs bureaux, rapporte l'agence nationale d'information (Ani, officielle). Les protestataires ont lancé des slogans contre les politiques monétaires adoptées par les autorités. 

A Chtaura, également dans la Békaa, les manifestations contre les banques se sont poursuivies. Plusieurs manifestants ont ainsi apposé des graffitis sur lesquels on pouvait lire : "A bas le règne des banques", ou encore "Riad (Salamé, le gouverneur de la Banque du Liban) est un voleur".


Blocages de routes

Parallèlement, les blocages de routes, principalement au Liban-Nord, se poursuivent. La route principale de Halba est ainsi fermée à l'aide de tas de sable et de gravats. Les manifestants de la ville ont appelé à participer à une marche populaire contre le pouvoir. A Denniyé également, la route principale qui relie cette localité à Tripoli a été fermée à la circulation à l'aide de pneus enflammés. Les automobilistes ont dû emprunter les routes intérieures pour arriver à leurs commerces et facultés. 

Photo ANI

Dans le Koura, toujours au Liban-Nord, la route de Dahr el-Aïn a été brièvement fermée en matinée. L'autoroute de Beddaoui a été rouverte à la circulation.

Dans la capitale Beyrouth, tous les grands axes sont praticables.


Démenti de la SG

Par ailleurs, la Sûreté générale a démenti samedi détenir des ressortissants étrangers qui auraient été arrêtés par les Forces de sécurité intérieure mardi, lors des incidents dans la rue Hamra, théâtre d'actes de vandalisme et d'affrontements entre manifestants anti-pouvoir et forces de l'ordre.

"Des informations circulent sur les réseaux sociaux, selon lesquelles un certain nombre d'étrangers, arrêtés par les forces de sécurité après les attaques contre des banques à Hamra, ont été déférés devant la direction générale de la Sûreté générale. La direction souligne que ces informations sont fausses et qu'elle ne détient aucun ressortissant étranger suite aux attaques en question", indique la SG dans un communiqué. 

Cela n'a pas empêché une poignée de manifestants de se rassembler devant le centre de détention de la SG, situé sur la corniche Pierre Gemayel, afin d'appeler à la libération d'éventuels ressortissants étrangers.

Mardi soir, de violents affrontements avaient éclaté entre un groupe de manifestants, dont certains saccageaient des banques, et les forces de l'ordre déployées dans le quartier commerçant de Hamra, faisant plusieurs blessés dans les deux camps. Les FSI ont arrêté des dizaines de personnes lors de ces affrontements, parfois de manière brutale. Certaines sources affirment que des ressortissants étrangers, notamment syriens, figurent parmi les individus arrêtés. 

Plusieurs détenus ont été relâchés depuis mercredi, mais un nombre indéterminé d'entre eux est encore sous les verrous, entre autres à la caserne Hélou, dans le quartier de Mar Elias, où des affrontements ont éclaté mercredi soir entre protestataires et policiers, faisant également des blessés, notamment parmi les journalistes. 


(Lire aussi : Bassil-Frangié : derrière la querelle gouvernementale, des calculs présidentiels ?)



Hier, les grèves et les blocages de routes se sont poursuivis en journée, et des actes de vandalisme ont à nouveau eu lieu en soirée à Hamra, devant le siège de la Banque du Liban.

Depuis plus de trois mois, les manifestants libanais appellent à la chute de tous les responsables, accusés de corruption et d'incompétence, alors que le pays traverse une grave crise économique et de liquidités. Sous la pression de la rue, le gouvernement de Saad Hariri avait démissionné le 29 octobre. Le 19 décembre, à l'issue de consultations parlementaires, le président Michel Aoun a désigné Hassane Diab, appuyé par les partis du 8-Mars, au poste de Premier ministre. Malgré son insistance à former un cabinet de technocrates indépendants, comme cela est réclamé par la contestation, M. Diab est rejeté par les protestataires, qui estiment qu'il fait partie de la même classe politique corrompue dont ils réclament le départ.

Après une dose d'optimisme qui, selon plusieurs observateurs, donnait la formation du gouvernement pour imminente, de nouveaux obstacles sont venus entraver la mise en place du cabinet.

Dans ce contexte, le chef du courant des Marada et leader maronite Sleiman Frangié a reporté sa conférence de presse qui était censée se tenir ce matin à 10h, et au cours de laquelle il devait vraisemblablement aborder la question de la formation du gouvernement, au moment où une querelle à ce sujet l'oppose au Courant patriotique libre de Gebran Bassil.

Plusieurs rassemblements et manifestations sont prévus aujourd'hui, notamment une marche qui doit relier Dora, au nord de Beyrouth, au centre-ville de la capitale, dès 14h. 


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