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Politique - Sanctions Américaines

Washington frappe au cœur du système sécuritaire libanais et prévient : « ce n’est que le début »

Les sanctions visent également des cadres du Hezbollah et d'Amal ainsi que l’ambassadeur iranien à Beyrouth.

Washington frappe au cœur du système sécuritaire libanais et prévient : « ce n’est que le début »

Des soldats libanais déployés sur les lieux d'une frappe israélienne contre un immeuble du quartier de Mar Takla, à Hazmiyeh, dans la banlieue est de Beyrouth, le 23 mars 2026. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Dans un tournant qui marque une pression américaine d’un niveau inédit, le Trésor américain a annoncé jeudi soir des sanctions contre neuf personnalités accusées de soutenir le Hezbollah, parmi lesquelles l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth. Mais le choc est ailleurs : pour la première fois, deux officiers libanais en fonction sont directement visés par Washington.

Sont concernés le chef du département de la sécurité nationale à la Sûreté générale, le général de brigade Khattar Nassereddine, ainsi que le chef de la branche de la banlieue sud au sein des renseignements de l’armée libanaise, le colonel Samir Hammoud. Les États-Unis les accusent d’avoir transmis des informations de renseignement au Hezbollah. Le Hezbollah aurait « bénéficié d’un soutien illicite provenant d’organismes sécuritaires officiels libanais, à savoir les Forces armées libanaises et la Direction générale de la Sûreté générale », accuse le Trésor américain. Les responsables libanais sont sanctionnés pour avoir « apporté un soutien matériel, financier, technologique ou logistique au Hezbollah, ou fourni des biens ou services au groupe ou en sa faveur ».

Une ligne rouge que Washington n’avait encore jamais franchie. Car au-delà des individus sanctionnés, c’est désormais une partie de l’appareil sécuritaire libanais qui se retrouve publiquement soupçonnée d’infiltration et de collusion avec le parti chiite.

Les États-Unis sont un partenaire essentiel de l’armée libanaise, lui fournissant un équipement militaire ainsi qu'un soutien logistique afin de renforcer l’institution comme pilier de stabilité interne au Liban. Chaque année, l’aide apportée par Washington à l’armée libanaise, qui compte pour 90 % de l’aide totale reçue par la troupe, fait l’objet d’un débat au sein du Congrès américain, des voix s’élevant pour dénoncer une « collusion » entre la troupe et la formation chiite. L’administration américaine a régulièrement reproché ces derniers mois à l’armée libanaise de ne pas être assez active dans le désarmement du Hezbollah. C’est ce qui avait expliqué l’annulation dans un premier temps de la série de rendez-vous à Washington du commandant en chef de l’armée, Rodolphe Haykal, en novembre 2025. Fin avril, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a indiqué que les États-Unis se préparaient à « mettre en place un dispositif » afin d’entraîner « certaines » unités de l’armée libanaise en vue de désarmer le Hezbollah. Ces sanctions interviennent alors que, dans le cadre des négociations entre le Liban et Israël, des délégations militaires des deux pays doivent aborder le « volet sécuritaire » au Pentagone le 29 mai.

« Ce n’est que le début », a prévenu le département d'Etat américain. « Toute personne continuant à protéger ou collaborer avec cette organisation terroriste, ou à porter atteinte à la souveraineté du Liban, doit comprendre qu’elle sera tenue pour responsable, a-t-il ajouté dans un communiqué sur son site. Un Liban stable, sûr et indépendant nécessite le désarmement complet du Hezbollah et le rétablissement de l’autorité exclusive de l’État libanais sur les questions sécuritaires dans l’ensemble du pays ».« Les États-Unis se tiennent prêts à aider le peuple et le gouvernement libanais à tracer la voie vers un avenir meilleur, plus pacifique et plus prospère », est-il ajouté.

Des cadres du Hezbollah et d'Amal et l'ambassadeur iranien à Beyrouth

Parmi les sanctionnés figurent aussi trois députés et cadres du Hezbollah : Hassan Fadlallah, Ibrahim Moussaoui et Hussein Hajj Hassan, ainsi que l’ancien ministre et chef du conseil exécutif du parti, Mohammad Fneich. L’ambassadeur iranien à Beyrouth, Mohammad Reza Chibani, ainsi que deux responsables du mouvement chiite Amal, Ahmad Assaad Baalbaki et Ali Ahmad Safaoui, sont également visés. Selon le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor américain, ces figures « font avancer l’agenda du Hezbollah au détriment du gouvernement légitime et du peuple libanais, toutes régions et confessions confondues ». Le Hezbollah rejette catégoriquement tout désarmement, ainsi que les négociations directes avec Israël, engagées par l’État libanais le mois dernier pour tenter de mettre fin à la guerre israélienne dévastatrice au Liban-Sud.

Réagissant dans la foulée, le Hezbollah a estimé que les sanctions constituent une « tentative manifeste d’intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l’État aux conditions d’une tutelle américaine », et ce « à la veille des réunions au Pentagone ». Il dénonce également une « tentative américaine d’intimidation du peuple libanais libre afin de soutenir l’agression sioniste contre notre pays ». De son côté, le mouvement Amal a estimé que les sanctions visant deux de ses responsables, « inacceptables et injustifiées », ciblaient « avant tout le mouvement Amal et son rôle politique attaché aux causes nationales ainsi qu’à la protection de l’État et des institutions ».

Le Trésor américain précise le rôle de chacun des cadres du Hezbollah. Mohammad Fneich est ainsi accusé « de réorganiser la structure administrative et institutionnelle du groupe afin de soutenir sa mission consistant à maintenir une présence armée au Liban ». Hassan Fadlallah, quant à lui, « représente le Hezbollah au Parlement libanais depuis 2005 ». « Il a également contribué à la fondation de la radio Al-Nour, sanctionnée par les États-Unis, et a occupé un poste de haut responsable au sein de la chaîne Al-Manar, également sanctionnée par Washington ». Ibrahim Moussaoui « dirige actuellement la commission des médias du parti et siège également au Parlement ». Hussein Hajj Hassan est, lui, « membre du Hezbollah depuis 1982 et représente le mouvement au Parlement depuis 1996 ». Pour le Trésor américain, « en tant que représentant public du Hezbollah, Hajj Hassan a joué un rôle majeur dans l’opposition au désarmement du groupe ». Il note également que l'ambassadeur iranien avait fait l'objet d'une demande de l'État de quitter le territoire en mars, dans la foulée de l'entrée du Hezbollah dans la guerre régionale le 2 mars aux côtés de l'Iran, non exécutée par le diplomate.

« Tous les biens et les intérêts détenus par les personnes désignées ou bloquées mentionnées ci-dessus, situés aux États-Unis ou sous le contrôle de personnes américaines, sont gelés et doivent être signalés à l’OFAC », précise encore le Trésor américain.

Dans un tournant qui marque une pression américaine d’un niveau inédit, le Trésor américain a annoncé jeudi soir des sanctions contre neuf personnalités accusées de soutenir le Hezbollah, parmi lesquelles l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth. Mais le choc est ailleurs : pour la première fois, deux officiers libanais en fonction sont directement visés par Washington. Sont concernés le chef du département de la sécurité nationale à la Sûreté générale, le général de brigade Khattar Nassereddine, ainsi que le chef de la branche de la banlieue sud au sein des renseignements de l’armée libanaise, le colonel Samir Hammoud. Les États-Unis les accusent d’avoir transmis des informations de renseignement au Hezbollah. Le Hezbollah aurait « bénéficié d’un soutien illicite provenant d’organismes sécuritaires...
commentaires (14)

je lis et entend tres souvent dire que la botte americaine ecrase les citoyens libres, les dirigeants patriotes etc..... alors que, je rappelle, que c'est les energumenes de la milice iranienne, Amal,et autres suppots moumanaistes qui eux parlent de bottes sur nos tetes et ce depuis des decennies.

L’acidulé

09 h 38, le 23 mai 2026

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Commentaires (14)

  • je lis et entend tres souvent dire que la botte americaine ecrase les citoyens libres, les dirigeants patriotes etc..... alors que, je rappelle, que c'est les energumenes de la milice iranienne, Amal,et autres suppots moumanaistes qui eux parlent de bottes sur nos tetes et ce depuis des decennies.

    L’acidulé

    09 h 38, le 23 mai 2026

  • Le peuple libanais n'est pas cible par ces sanctions comme le hezb pretend.

    EL KHALIL ABDALLAH

    13 h 16, le 22 mai 2026

  • Tout citoyen qui, de près ou de loin aide nos fossoyeurs à détruire notre pays n’est en aucune façon considéré comme un compatriote. On se réjouit de les voir tous sanctionnés et emprisonnés pour tout le mal qu’ils ont causé à notre pays et à ses citoyens pour servir un régime étranger, à fortiori sanguinaire et terroriste. On n’entend pas ces mécontents de l’intervention américaine la ramener lorsque les mollahs interviennent dans nos affaires. Alors sont ils pour la soumission tant qu’elle est imposée par des barbus?

    Sissi zayyat

    12 h 56, le 22 mai 2026

  • Les américains ont enfin pris leur courage à une main, puisqu’ils n’osent toujours pas aller plus loin en sanctionnant les leaders de ces gens. De son côté, le mouvement Amal a estimé que les sanctions visant deux de ses responsables, « inacceptables et injustifiées ». Tout à fait, il est injuste de sanctionner les subalternes alors qu’il faut commencer par leur leader qui n’est autre que Berry qui continue de les mener en bateau. Quant à nos honorables militaires traîtres, il faut que l’état se charge de les sanctionner, et sévèrement, pour l’exemple, si vraiment on veut un pays souverain.

    Sissi zayyat

    12 h 50, le 22 mai 2026

  • Faudra qu’ils parlent de Haykal qui refuse d’obéir aux ordres du gouvernement et qui, de Washington, se permet, en tant que militaire, de donner un avis politique . Lorsqu’il a répondu que le Hezbollah n’est pas terroriste. Un officier aussi bien qu’un simple soldat n’a pas le droit de donner son avis surtout auprès d’instances étrangères. Et le président qui le laisse faire….?

    LE FRANCOPHONE

    10 h 26, le 22 mai 2026

  • «  la raison du plus fort est tjs la meilleure » comme disait l autre !! La botte americaine ecrase tous ceux qui lui disent « non »!! L Antigone de sophocle aurait ete massacree , ecrabouillee sous l ere trumpienne! Le plus pathetiquement triste et navrant c est voir, entendre, lire certains , ricanant, applaudissant, se rejouissant, et enfoncant encore plus leurs compatriotes… Ben gvir et smotrich ne sont pas loin…

    Nemer Salam

    10 h 05, le 22 mai 2026

  • C'est trop peu et trop tard. Depuis le temps que la Collaboration est en marche entre le Deep State et la milice, tous les agents de hezballah dans l'administration libanaise ont déja pris leurs précautions. Sans parler de ceux, nombreux qui ont acquis parceque Libanais et sous couvert de respectabilité la nationalité américaine, celle ci ne peut plus leur etre retirée.

    Moi

    09 h 50, le 22 mai 2026

  • Le Hezbollah aurait « bénéficié d’un soutien illicite provenant d’organismes sécuritaires officiels libanais, à savoir les Forces armées libanaises et la Direction générale de la Sûreté général». Le conditionnel est de trop. Il s'agit d'un secret de polichinelle. Comme d'habitude, le Liban ne boulant pas faire le ménage chez lui, il faut bien que d'autres s'en chargent.

    Yves Prevost

    07 h 50, le 22 mai 2026

  • Les TYPES a Washington sont bien avant notre President VICTIMES des FAKE NEWS hezbiotes et meme berryiotes que le perche injecte a tout ce monde une fois comme bonne foi des deux millices tandemo/GDLR-iranienne et une autre fois comme MENACE de guerre civile prete a etre declenchee par LES ILLICITES. Les U.S. fallait qu,ils commencent par sanctionner le Maitre-Chanteur du PERCHOIR.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    05 h 49, le 22 mai 2026

  • Celà veut-il dire que ces félons sont devenus des cibles «  légitimes » aux frappes mortelles du voisin ? Ils doivent faire dans leur culotte ! Plus d’impunité , ils sont dans le viseur maintenant. Même l’immortel berry, qui se croyait à l’abri en mangeant à tous les rateliers de la planète, va perdre le sommeil. Et ce n’est qu’un début, signale le Département d’Etat, le fouet va donc châtier encore. Dans le monde du captagon, il y a des victoires divines , mais aussi des punitions qui le sont autant ! Et comme d’habitude, le naïm furtif va se déchaîner contre…nous.

    NG

    04 h 54, le 22 mai 2026

  • Triste que les Etats-Unis aient à faire ce que l'état libanais aurait dû faire pour assurer sa souveraineté. Que fait-on du parti Amal et de son chef, ils collaborent avec le Hizb

    CW

    00 h 09, le 22 mai 2026

  • On ne va quand même pas nous faire croire que l'État et ses services ne sont pas au courant qu'ils sont infiltrés par des agents au service de ses ennemis ! Il a fallu que le Trésor US s'en saisisse pour que ce soit mis sur la place publique. Messieurs qui êtes en charge de l'État balayez donc devant (et dans) vos services avant d'appeler à l'aide

    What a Guy !

    22 h 51, le 21 mai 2026

  • Il est temps de donner un grand coup de pied dans cette tanière de vipères mafieuses.

    Zeidan

    22 h 37, le 21 mai 2026

  • En clair les Les Américains font ce qu’un gouvernement Libanais vraiment souverain devrait faire. Il faut prendre son courage à 2 mains et cesser de se refugier derrière le risque de guerre civile, l’état doit faire ce qu’il a à faire. Si l’armée est attaquée alors ce sera une autre paire de manche et la fin effective de la milice.

    Liban Libre

    22 h 10, le 21 mai 2026

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