Le PDG de Tesla, Elon Musk, tient un téléphone portable en arrivant pour assister à un banquet d’État avec le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping au Grand Hall du Peuple à Pékin, en Chine, le 14 mai 2026. Photo d’archive Evan Vucci / Reuters
Pourquoi Donald Trump a-t-il renoncé jeudi à signer son décret très attendu sur l'intelligence artificielle (IA) et la cybersécurité ? Plusieurs récits irriguent les médias à Washington, pointant vers le rôle de l'influent conseiller David Sacks, fervent opposant à toute régulation de l'IA.
Investisseur tech de renom et proche d'Elon Musk, David Sacks aurait, selon Politico, appelé le président jeudi matin pour le convaincre qu'un examen sécuritaire des modèles d'IA avant leur diffusion ralentirait l'innovation américaine face à la Chine. Selon Politico, les responsables de la Maison Blanche croyaient David Sacks favorable au décret.
L'ex-conseiller, qui a quitté la Maison Blanche en mars, aurait exprimé ses réserves, redoutant que l'examen volontaire ne devienne un jour obligatoire. Cet échec est le dernier signe visible de l'incapacité de Washington à s'accorder sur le moindre garde-fou pour cette technologie, à l'inverse de ce que mettent en place l'Europe et plusieurs pays d'Asie. « Nous sommes en tête face à la Chine (...) et je ne veux rien faire qui risque de compromettre cette avance », avait justifié jeudi Donald Trump, en annonçant l'annulation de cette signature, expliquant n'avoir « pas aimé certains aspects » du texte.
Le Washington Post a avancé un récit plus large : des appels de dernière minute de David Sacks, d'Elon Musk et de Mark Zuckerberg, le patron de Meta, auraient convaincu le président de ne pas signer. « C'est faux. Je ne sais toujours pas ce que contenait ce décret et le président ne m'a parlé qu'après avoir refusé de signer », a démenti Elon Musk sur son réseau social X. Meta a également contesté, affirmant que Mark Zuckerberg n'avait parlé au président qu'après l'annulation.
Aucun de ces récits ne mentionne les dirigeants de Google, OpenAI ou Anthropic, les trois entreprises dont les modèles auraient été concernés au premier chef. Leurs dirigeants, favorables à une régulation minimale, étaient invités à la signature, et l'absence annoncée de plusieurs d'entre eux constituerait, selon certains médias, un autre facteur du report.
Le projet de décret a en partie été déclenché par Mythos, un modèle d'Anthropic que l'entreprise refuse de diffuser au-delà d'un cercle d'entreprises américaines qui s'en servent pour renforcer leur cybersécurité. Son report laisse les États-Unis sans cadre formel pour encadrer les modèles d'IA les plus puissants, là où l'Union européenne a adopté en 2024 une loi imposant, à terme, des règles contraignantes pour les systèmes à haut risque.
Un tel décret acterait un virage pour l'administration Trump, jusqu'ici hostile à toute régulation de l'IA. Mais l'enjeu sécuritaire a changé la donne: Washington s'inquiète de la capacité des modèles les plus récents à exploiter des failles informatiques à une vitesse inédite, ouvrant la voie à des attaques contre des infrastructures critiques (réseaux électriques, banques, administrations).



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