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Politique - Repère

Qui sont les responsables politiques et militaires sanctionnés par Washington

Ces sanctions inédites visent quatre députés du Hezbollah, deux membres d'Amal ainsi que deux officiers des services de sécurité, en plus de l'ambassadeur.

Qui sont les responsables politiques et militaires sanctionnés par Washington

Le drapeau iranien et celui du Hezbollah lors d’un rassemblement après la mort du président iranien Ebrahim Raisi, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 24 mai 2024. Photo d'archives ANWAR AMRO/AFP

Dans un tournant qui marque une pression américaine d’un niveau inédit, le Trésor américain a annoncé jeudi soir des sanctions contre huit personnalités libanaises, en plus de l'ambassadeur iranien au Liban, Mohammad Reza Chibani.

Aux côtés de quatre parlementaires et figures de la branche politique du Hezbollah, figurent deux membres du mouvement Amal, dont un collaborateur du président du Parlement, Nabih Berry, ainsi que deux officiers libanais en fonction, chose inédite.

« Tous les biens et les intérêts détenus par les personnes désignées ou bloquées mentionnées ci-dessus, situés aux États-Unis ou sous le contrôle de personnes américaines, sont gelés et doivent être signalés à l’OFAC », a précisé le Trésor américain dans son communiqué.

Une ligne rouge que Washington n’avait encore jamais franchie. Car au-delà des individus sanctionnés, c’est désormais une partie de l’appareil sécuritaire libanais qui se retrouve publiquement soupçonnée d’infiltration et de collusion avec le parti chiite.

Mohammad Fneich, ancien député et chef du Conseil exécutif du Hezbollah

Mohammad Fneich, chef du bureau politique du Hezbollah. Photo Joseph Barrak/AFP
Mohammad Fneich, chef du bureau politique du Hezbollah. Photo Joseph Barrak/AFP

Mohammad Fneich, né en 1953 à Maaroub, près de Tyr, au Liban-Sud, est l’une des figures historiques du Hezbollah. Membre du conseil exécutif du parti, il a cumulé plusieurs mandats de député depuis l’entrée du parti sur la scène politique libanaise en 1992 après la guerre civile, ainsi que plusieurs postes ministériels dans les années 2000 et 2010, dont ceux de l’Énergie, du Travail ou de la Jeunesse et des Sports dans les gouvernements de Fouad Siniora, Tammam Salam, Saad Hariri et Najib Mikati.

Diplômé en mathématiques et en sciences politiques de l’Université libanaise, il milite dans les années 1970 au sein de comités islamiques au Liban-Sud et dans la banlieue sud de Beyrouth, avant de s’engager dans les structures naissantes du Hezbollah lors de l’invasion israélienne du Liban en 1982. Après son arrestation par Israël en 1984, il est détenu dans la prison d’Ansar (caza de Nabatiyé) et dans d’autres centres de détention en Israël.

Mohammad Fneich s’est ensuite imposé comme l’une des personnalités les plus influentes au sein des instances dirigeantes de la formation, au point d’en devenir le président du bureau politique.

Hassan Fadlallah, député du Hezbollah

Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah s'exprime lors d'un entretien avec un journaliste de l'AFP au Parlement libanais à Beyrouth, le 20 avril 2026. Photo Anwar Amro/AFP
Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah s'exprime lors d'un entretien avec un journaliste de l'AFP au Parlement libanais à Beyrouth, le 20 avril 2026. Photo Anwar Amro/AFP

Né en 1967 à Aïnata, dans le caza de Bint Jbeil, Hassan Fadlallah est député du Hezbollah au sein du Parlement depuis 2005.

Il a obtenu un doctorat en sciences de l’éducation à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth en 2009, et est diplômé en médias de l'Université libanaise. Il devient actif au sein du mouvement étudiant du Hezbollah en 1983 avant de participer à la création de la radio al-Nour et de la chaîne de télévision al-Manar, deux médias affiliés au parti et également sanctionnés par Washington, où il occupe le poste de directeur de l’information à plusieurs reprises. Entre 1995 et 1996, il sera également rédacteur en chef du journal al-Ahed.

Il rejoint le bureau politique du Hezbollah en 1998 avant de se présenter comme candidat aux élections législatives en 2005 et d'être élu dans la circonscription de Bint Jbeil, où il siège toujours aujourd’hui.

Ibrahim Moussaoui, député du Hezbollah

Ibrahim Moussaoui, député du Hezbollah. Photo tirée du compte X d'Ibrahim Moussaoui
Ibrahim Moussaoui, député du Hezbollah. Photo tirée du compte X d'Ibrahim Moussaoui

Né en 1965, il est diplômé de l’Université libanaise en littérature anglaise et en journalisme. Il a ensuite obtenu un doctorat en islam politique à l’Université de Birmingham en 2007.

Ibrahim Moussaoui a auparavant occupé le poste de directeur des relations médiatiques du Hezbollah et a été membre de son conseil politique jusqu’en mai 2018, date à laquelle il est devenu député dans la circonscription de Baalbeck-Hermel, dans la Békaa. Il exerce également comme professeur à la Faculté d’information de l’Université libanaise.

Hussein Al-Hajj Hassan, député du Hezbollah

Le député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan. Photo AFP
Le député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan. Photo AFP

Né à Nabi Chit en 1960, Hussein Hajj Hassan a également joué un rôle central dans l’implantation institutionnelle du Hezbollah au sein des institutions de l’État libanais.

Titulaire d’un doctorat en biophysico-chimie moléculaire obtenu à l’Université d'Orléans, en France, il rejoint le Hezbollah dès sa création en 1982 et participe à la fondation du centre consultatif d’études et de documentation, un groupe de réflexion chargé d'élaborer la stratégie socio-économique du parti. Francophone, il apparaît régulièrement dans les médias internationaux pour défendre les positions du Hezbollah.

Député de la Békaa dans la circonscription de Baalbeck-Hermel depuis 1996, il a également occupé plusieurs portefeuilles ministériels, notamment ceux de l’Agriculture et de l’Industrie, entre 2009 et 2019.

Mohammad Reza Chibani, ambassadeur iranien au Liban

L'ambassadeur iranien désigné au Liban, Mohammad Reza Chibani. Photo Louai Béchara/AFP
L'ambassadeur iranien désigné au Liban, Mohammad Reza Chibani. Photo Louai Béchara/AFP

Âgé de 66 ans, Mohammad Reza Chibani a été nommé ambassadeur de l’Iran au Liban fin février, juste avant le début de la guerre régionale et le lancement de l’attaque américano-israélienne contre son pays.

Succédant à Mojtaba Amini, ce dernier avait déjà occupé ces fonctions à Beyrouth de 2005 à 2009, puis à Damas de 2011 à 2016. Sa nomination témoigne d’une volonté de la République islamique de marquer une continuité dans son ingérence dans les affaires libanaises, plutôt qu’une rupture espérée par Beyrouth.

Il représente l’ancienne garde de la diplomatie iranienne, lui qui a eu le temps de tisser des relations avec l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ainsi qu’avec les autres principales figures du parti-milice.

En pleine crise diplomatique avec Téhéran, le gouvernement libanais lui ordonne de quitter le territoire avant le 29 mars 2026, après avoir refusé de lui accorder ses lettres de créance. Une décision à laquelle il a refusé de se soumettre, M. Chibani, étant toujours à Beyrouth depuis cette date.

Khattar Nassereddine et Samir Hamadé, officiers de la Sûreté générale et des renseignements de l'armée

Photo de Khattar Nasreddine tirée du compte Facebook de Denniyé Ikhbariyeh
Photo de Khattar Nasreddine tirée du compte Facebook de Denniyé Ikhbariyeh

Le général de brigade Khattar Nassereddine, directeur de la Direction de la Sûreté générale, aurait, selon le département du Trésor américain, « partagé des renseignements importants avec le Hezbollah au cours du conflit en cours durant l’année écoulée ».

Il est l'un des deux officiers libanais visés par ces sanctions aux côtés du colonel Samir Hamadé, chef de la branche des renseignements de l'armée chargée de la banlieue sud de Beyrouth.

Le Hezbollah aurait « bénéficié d’un soutien illicite provenant d’organismes sécuritaires officiels libanais, à savoir les Forces armées libanaises et la Direction générale de la Sûreté générale », a précisé le Trésor américain, qui accuse également les deux officiers d'avoir « apporté une aide matérielle, un soutien, un parrainage ou fourni un appui financier, matériel ou technologique, ainsi que des biens ou des services au Hezbollah ou en soutien à celui-ci ».

Ahmad Baalbaki et Ali Safawi, responsables de la sécurité du mouvement Amal

Photo d'Ahmad Baalbaki tirée des réseaux sociaux
Photo d'Ahmad Baalbaki tirée des réseaux sociaux

Ahmad Baalbaki et Ali Safawi sont tous deux des responsables sécuritaires du mouvement Amal, allié politique et partenaire sécuritaire du Hezbollah, indique le Trésor américain.

Le premier, présenté comme le chef de la sécurité du parti, aurait « coordonné avec la direction du Hezbollah des démonstrations de force publiques » visant à « intimider les opposants politiques du Hezbollah au Liban ». Il est également membre de la police du Parlement et conseiller du président du Parlement, Nabih Berry, pour les affaires sécuritaires.

Ali Safawi, présenté par la même source comme « le commandant de la milice Amal au Liban-Sud », aurait « agi sous les ordres d'Ahmad Baalbaki » et « coordonné avec le Hezbollah, dont il recevait des directives concernant des attaques contre Israël ». Il aurait également dirigé « des forces de la milice Amal lors d’opérations militaires conjointes Hezbollah-Amal » contre Israël.

Dans un tournant qui marque une pression américaine d’un niveau inédit, le Trésor américain a annoncé jeudi soir des sanctions contre huit personnalités libanaises, en plus de l'ambassadeur iranien au Liban, Mohammad Reza Chibani.Aux côtés de quatre parlementaires et figures de la branche politique du Hezbollah, figurent deux membres du mouvement Amal, dont un collaborateur du président du Parlement, Nabih Berry, ainsi que deux officiers libanais en fonction, chose inédite.« Tous les biens et les intérêts détenus par les personnes désignées ou bloquées mentionnées ci-dessus, situés aux États-Unis ou sous le contrôle de personnes américaines, sont gelés et doivent être signalés à l’OFAC », a précisé le Trésor américain dans son communiqué. Une ligne rouge que Washington n’avait encore jamais...
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