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Liban

Face à la révolte, le Hezbollah empêtré dans ses contradictions

Grand angle

Les manifestations posent un défi d’un ordre nouveau pour le parti de Dieu, créant une dichotomie entre ses différentes identités.

09/11/2019

Depuis sa création au milieu des années 1980, le Hezbollah a eu de multiples vies qui lui ont permis de cultiver plusieurs identités. Incarnation de la résistance contre Israël, associations se substituant à l’État en œuvrant pour les déshérités, parti politique libanais redonnant sa fierté à la communauté chiite historiquement marginalisée et, bien sûr, milice au service des intérêts de l’Iran. Le parti de Dieu avait pris l’habitude de mettre en avant l’une de ses facettes, sans pour autant renier les autres, en fonction des circonstances et de ses intérêts. Jamais ses identités n’étaient toutefois apparues autant en contradiction les unes avec les autres que depuis le début de la révolte libanaise. Jamais le parti chiite n’avait été confronté à une menace aussi difficile à identifier et par conséquent à contrer.

« Le Hezbollah travaille continuellement sur trois registres et jongle entre des considérations d’ordre géopolitique, des considérations de politique intérieure et d’autres strictement communautaires. C’est ce qui explique qu’il ne sache pas exactement comment se positionner aujourd’hui face au soulèvement populaire », résume un ancien ministre ayant souhaité garder l’anonymat.

Les manifestations qui ont débuté le 17 octobre dernier au Liban, réclamant un changement de la classe politique et de meilleures conditions de vie, posent un défi d’un ordre nouveau pour le parti chiite. Pour la première fois dans l’histoire du Liban, la rue chiite s’est associée aux revendications populaires, brisant le tabou de la peur et le mythe qui fait d’eux une communauté à part du reste du pays. « Des jeunes du Hezbollah et des gens issus des milieux populaires qui lui sont proches sont descendus dans la rue », confirme Kassem Kassir, analyste, proche du parti chiite. « Le Hezbollah n’est pas insensible aux revendications des manifestants », ajoute Fayçal Abdel Sater, un autre analyste, lui aussi proche du parti.



(Lire aussi : Ode à la casserole, l'éditorial de Issa GORAIEB)



La formation chiite s’est toujours prévalue d’être un parti révolutionnaire à la tonalité sociale. Elle se positionne pourtant aujourd’hui comme le principal rempart du système contre la révolution. Si, dans un premier temps, le parti a laissé faire, considérant peut-être que le mouvement allait dans son sens, il a très vite changé d’attitude en s’opposant à une démission du gouvernement et en utilisant la menace du chaos. Pourquoi adopter cette attitude alors que la résistance, en tant que telle, et tout ce qu’elle implique, n’a pas été directement visée par la grogne populaire ? Pourquoi une organisation si puissante a-t-elle aussi peur de la colère de la rue, notamment de la sienne, et des changements qui pourraient en résulter ?

« Le Hezbollah n’a peur de rien. Il ne se sent pas visé par la révolte qui a pointé du doigt la corruption ambiante et le clientélisme, un fléau qui ne le concerne pas », répond, du tac au tac, Fayçal Abdel Sater, qui reconnaît tout de même que le parti « était embarrassé après la démission de Saad Hariri », le 29 octobre dernier. Force est pourtant de constater que le parti chiite a été le seul à s’opposer de façon aussi frontale à la démission du Premier ministre libanais et à toute remise en cause du statu quo. « Le parti considérait que le gouvernement devait rester en place après la démission des Forces libanaises parce qu’il craignait le vide et l’inconnu », dit Kassem Kassir. « Ils craignent de perdre le contrôle sur leur communauté et que la transformation du système libanais ne change l’équation politique », décrypte pour sa part Hilal Khachan, professeur de sciences politiques à l’AUB.



(Lire aussi : Al Chaabou yourid, Un peu plus de Médéa AZOURI)



« La relation entre Hariri et le Hezb était excellente »
La situation était jusqu’ici quasi idéale pour le parti chiite. Tout en conservant les « privilèges » de la « résistance », il avait une emprise suffisante, bien que loin d’être totale, sur les institutions étatiques pour pouvoir bloquer toute décision qui irait à l’encontre de ses intérêts stratégiques. Mieux encore, grâce à son modus vivendi avec Saad Hariri, qui a rendu obsolète le clivage du 8 et du 14 Mars, il disposait d’une couverture légale, à un moment où l’Iran et ses alliés sont dans la ligne de mire des États-Unis. « Il considère qu’il contrôle la majorité au Parlement, a un président qui est amical à son égard et qui ne lui a jamais rien refusé, ainsi qu’un ministre des Affaires étrangères qui défend lui aussi ses intérêts. Ce statu quo lui est favorable et tout changement fondamental dans cet équilibre affaiblit son emprise sur le Liban », analyse l’ancien ministre précité. « La situation avait l’avantage de donner l’impression que ce n’est pas le Hezbollah qui dirige le pays », dit pour sa part Moustapha Allouche, ancien député et membre du bureau politique du courant du Futur.

S’il a le pouvoir de former un gouvernement 8 Mars, lui et ses alliés ayant la majorité au Parlement, le Hezbollah semble vouloir sauver son entente avec Saad Hariri, à condition que ce dernier, aujourd’hui en position de force, demeure un partenaire « conciliant ». « Saad Hariri reste le pont entre le Hezbollah et l’Occident. Le Premier ministre sortant peut à ce titre bénéficier des aides financières internationales », note Amale Saad, professeur de sciences politiques à l’UL, proche des milieux du Hezb. « La relation entre le Hezbollah et Hariri était excellente avant la révolution », confirme Kassem Kassir.



(Lire aussi : Défendre la révolution, En toute liberté de Fady NOUN)



« Il ne veut pas perdre le Liban »
Le Hezbollah n’a pas seulement peur du changement. Il a peur que ce changement soit instrumentalisé par ses adversaires pour l’affaiblir. Dans ses deux derniers discours, Hassan Nasrallah a fait une distinction entre le peuple qui manifeste spontanément et légitimement, et celui qui, aidé par les puissances étrangères et par ses adversaires sur la scène locale, en profite pour changer les rapports de force au Liban et dans la région en faveur des ennemis de l’Iran.

« En tant qu’acteur régional, le Hezbollah ne veut pas perdre le Liban », décrypte l’ancien ministre. « Le parti chiite a peur que le pays s’effondre, du point de vue économique et sécuritaire, et que le Liban soit placé sous tutelle internationale », note Moustapha Allouche, qui ajoute que « la situation, que ce soit en Irak – en pleine ébullition aujourd’hui – ou en Syrie, où les Russes ont désormais une emprise notoire, est actuellement défavorable à l’axe iranien ». La formation chiite a tenté de mener sa propre contre-révolution en multipliant les discours visant à diviser la rue et en envoyant ses chemises noires afin de lui faire peur. Cette stratégie ne fait toutefois pas l’unanimité au sein du parti. « Plusieurs voix au sein du Hezbollah ont considéré que le parti a commis une erreur et que ce n’était pas une manière de se comporter avec les manifestants », dit Kassem Kassir. Trois journalistes au sein du quotidien al-Akhbar, proche du parti, ont démissionné pour s’opposer à la ligne du journal, qui se veut d’habitude le défenseur des opprimés et qui alterne, depuis le début des manifestations, entre des positions de soutien et de condamnation.

« Beaucoup de jeunes et d’intellectuels autour du parti échangent sur la question du positionnement que doit avoir le parti par rapport à la révolution en ce moment », note l’analyste.

Le Hezbollah a conscience qu’il ne peut pas apparaître, surtout aux yeux de sa propre base, comme le protecteur du système. « La contestation n’est pas négligeable dans le sud et elle est en grande partie spontanée », admet une source au sein du parti, qui a requis l’anonymat. « Le Hezbollah est pris entre le marteau et l’enclume », résume Moustapha Allouche. « Le parti a très peu d’options. Il a la capacité d’écraser le soulèvement, mais le coût serait extrêmement élevé », analyse Hilal Khachan.



(Lire aussi : Paris tente d’effectuer une percée dans le blocage qui persiste)



Des élections ?
Utiliser ses armes contre la rue libanaise, comme il a pu le faire lors des événements du 7 mai 2008, est certainement le meilleur moyen de retourner une grande partie de l’opinion publique contre lui et d’accentuer la pression internationale à son encontre. Le scénario d’un nouveau 7 mai est écarté par l’ensemble de nos interlocuteurs. « Le parti n’a aucun intérêt à être entraîné dans des affrontements armés. C’est le piège qu’il cherche à éviter », assure Kassem Kassir.

Que peut alors faire le Hezbollah pour ne rien perdre de sa capacité de contrôler la direction que prend le pays ?

« Tout se joue autour du calcul entre pertes et profits que fait le Hezbollah, et celui-ci le réitère tous les matins », analyse l’ancien ministre. Bloquer le processus politique est un jeu dangereux, d’autant plus que le pays est au bord de l’effondrement économique. Accepter la tenue d’élections anticipées, ce à quoi il s’est pour l’instant opposé aux motifs de l’impossibilité de s’entendre sur une nouvelle loi électorale, serait le moyen le plus efficace pour calmer la rue. « Le parti chiite n’a pas peur des élections. Il a une base électorale toujours aussi forte. Les forces chiites qui sont apparues lors des manifestations à Baalbeck, Nabatiyé et Tyr ne pèsent pas lourd dans les urnes », garantit Kassem Kassir. Mais le véritable enjeu n’est pas là. Si le Hezbollah n’a probablement pas grand-chose à perdre lui-même de la tenue de nouvelles élections, ce n’est certainement pas le cas de ses alliés du CPL, dont le leader est le plus conspué par la rue. L’effondrement de cette formation politique, la plus importante aujourd’hui au Parlement, chamboulerait tout le rapport des forces au détriment du parti de Dieu. Quitte à heurter une partie de sa base, c’est un risque qu’il n’est clairement pas prêt à prendre.



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Lebinlon

C'est ironique hein ? le parti des opprimes qui protege et soutien les oppresseurs !je vois mal comment le Hezbollah peut continuer a s'opposer a cette revolution. l'usage de la force serait suicidaire aux trois niveaux que l'ancien ministre a bien decrit dans votre article.
Pour moi il y'a 3 choix : soit il tente de prendre le prendre le train anti-corruption en marche, mais ca lui coute son alliance avec le CPL et Amal
Soit il accepte l'option technocrate mais en prenant soin d'ecarter toute discussion strategique des prerogatives de ce cabinet (sous peine de 7 Mai bis) et c'est le cas le plus probable.
Soit il s'entete et s'accroche a un regime qui prend eau de toute part avec son tutti quantti d'intimidations, de menaces et d'actions coup-de-poing. Ce qui serait suicidaire

Wlek Sanferlou

Cette révolution populaire rejette la logique d'un état confessionnel qui est la base de l'état d'Israël et celle de l'état du fakih.
On est tous invités à se reveiller dans le 21eme siècle et d'enterrer la mentalité confessionnelle qui a miné notre pays.

Evariste

Quand un pays s’effondre il n’y que des perdants.

Ni Yémen, ni Syrie ni Libye. Ni deux, ni trois, ni Tango ni le trot du renard devant les chasseurs.

Nous sommes Libanais. Les grecs, persans, romains, mamelouks, ottomans, français et autres n’ont fait que passer dans notre histoire, nous demeurons.

En dépit des trompettes de Jericho, dans lesquelles soufflent, ô ironie, ceux-ci mêmes qui vont nous libérer du joug des super-puissances, nous demeurons.

Le Liban est sans faiblesse, Comme l’a si bien dit Said Akl

سوف نبقى
يشاء أم لا يشاء الغيرُ
فاصمد لبنان لبنان
ما بك وهنُ..

Sissi zayyat

Les armes sont pour les lâches.
Il y a plus fort et plus meurtrier que les armes. Il y a la volonté du peuple.
Une guerre se fait à deux et même à trois ou beaucoup plus certes et celle-là en l’occurrence.
il y a le peuple non armé et qui plaide pour une cause juste avec sa voix comme seule arme et en face tous les autres avec leurs armes, leur argent mais pas de cause à défendre à part leur intérêt personnel et leur peur de la prison.
Qui gagnera à la fin. L’histoire proche nous le dira.

Bustros Mitri

To be or not to be, that is the question..

gaby sioufi

treve de leur trouver des explications , treve d;analyses .
Hezbollah n'a peur de RIEN, a part ce qu'il a deja perdu IRRÉMÉDIABLEMENT :
LA FACE !
car sinon represente au gouv ou pas, represente au parlement ou pas, ses armes suffisent a rappeler a tout le monde- du moins aux beyrouthins & citoyens de la montagne - le 7 Mai .

ON DIT QUOI ?

En cas d'effondrement du pays disons nous bien que les forts resteront toujours plus forts et les faibles encore plus faibles.

Pour pouvoir faire une guerre il faut être 2 , c'est comme le tango, le hezb libanais de la résistance est imbattable, il l'a été contre israel et ses supplétifs divers, je ne vois pas qui sur le plan local pourra s'y risquer.

Voilà pourquoi cette guerre ne pourra être qu'économique.

Un jeu très dangeureux pour les occidentaux.

Visez le Yémen.

ADO57

Nous découvrons enfin de quoi souffre le Liban , d’un virus et d’une bactérie :
- [ ] - Le premier en médecine on l’appelle Ebola et à décimé en Syrie plus de 500.000 personnes dont 150.000 enfants mais ce virus est malin et il a quand même su reconnaître les Takfiristes avant de les éliminer.Malheureusement il a épargné les dictateurs et a obligé ainsi 1 500 000 Syriens à s’installer au Liban provoquant un stress hydrique du territoire avec pénurie d’eau ainsi que des incendies auxquels nous assistons impuissants sans compter le stress psychologique qui s’empare des foyers de pauvres Libanais impuissants et menant certains désespérés jusqu’à l’immolation !
- [ ] - Le second en médecine on l’appelle le bacille orange et permet par une savante infection du citoyen Libanais de transformer en lui les pensées bibliques en pensées Persanes c est le syndrome des globules oranges .
Pour le second , remède il existe !
Pour le premier hélas pessimiste !

Irene Said

C'est que ce parti divinement résistant veut

LE BEURRE ET L'ARGENT DU BEURRE !!!

Mais souvenons-nous que la plupart des empires-dictature se sont écroulés...ce sera un jour aussi le sort de celui guidé suprêmement à Téhéran...dommage pour ses admirateurs inconditionnels...!
Irène Saïd

Antoine Sabbagha

Quand on a faim on ne craint rien .Et ceux qui auront faim cette fois seront de toutes les confessions et ne craindront ni mythe , ni religion et ni leader . Et à bon entendeur salut .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES DEUX MILICES IRANIENNES SONT PRETES A SACRIFIER LE PAYS DANS L,ILLUSION DE SAUVER LEUR PEAU. ILS FERAIENT L,ERREUR DE LEUR VIE DE CONTRER LES REVENDICATIONS DU PEUPLE REVOLTE. DE TOUTE FACON LEUR FIN EST PROCHE. TOUTE AVENTURE A UNE FIN.

Yves Prevost

Une chose est sûre: un tabou a été levé. Pour la première fois, on a désobéi à un ordre formel de Hassan Nasrallah. Les jeunes chiites en manifestant et Hariri en démissionnant.
Ne serait-ce que pour cela, rien ne sera plus désormais comme avant.

Zovighian Michel

Si le mandat ne se précipite pas dans la formation d’un gouvernement qui servirait les objectifs et les intérêts des protestataires, la révolte va le rattraper. Le facteur temps et la détérioration économique et monétaire du pays se joignent aux protestataires pour faire perdre au mandat la légitimité de sa majorité parlementaire le mandat. Il est dans un équilibre instable... Pour encore un moment.

Mais attention, le master plan du Hezbollah et du mandat pourrait être ailleurs. On a qu'à se rappeler la réunion nocturne de Bassil avec Nasrallah deux jours avant son intervention à la ligue arabe en faveur de la Syrie et sa déclaration de vouloir se rendre en Syrie deux jours plus tard. Même certains de ses partisans pensaient que le retour des réfugiés était la couverture nécessaire pour justifier son déplacement en Syrie.

La guerre de libération a créé Taëf, la guerre d'extermination a déraillé son application, l'intransigeance du Hezbollah pour un gouvernement de politiciens nous fait apercevoir les ficelles d'une volonté de sacrifier Taëf. Heureusement que nous et l'armée nous sommes déjà mobilisés dans les rues.

Saliba Nouhad

Donc, en continuant votre raisonnement, le seul choix possible encore pour le Hezbollah, pour sauver la face, c’est le statu quo actuel: on refuse un ministère de technocrates purs, on continue de pousser pour une formule mixte en coulisses...
Et on attend le dénouement.
Soit que les tergiversations vont durer jusqu’à l’épuisement qui finira par une catastrophe économique et un chaos sans pareils, soit qu’un gouvernement mixte sera proposé et sera refusé par la rue...
Dans tous les cas, désastre garanti...
La révolte populaire reprendra de plus belle, et là, que fera le parti divin?
On rejettera la responsabilité sur un complot americano-sioniste, on décide de reprendre les choses en mains en politisant cette révolte dans le cadre des luttes d’influence géopolitiques régionales et là, on fera intervenir ses chemises noires, prétextant une lutte pour sa survie...
Scénario catastrophe, mais qu’il faudrait considérer sérieusement plausible!
Espérons qu’on n’en n’arrivera pas là!

Homsy Christian

Article étonnant. Les relations avant la révolution étaient excellente entre le Hezbollah et le fils de Rafic Hariri? À quelques semaines du verdict du TSL? Quel fils pourrait avoir d’excellentes relations avec les assassins de son père! Même Walid Joumblatt à fini par se retourner contre les syriens assassins de son père.

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