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"Amer Fakhoury n'était ni un boucher ni un collaborateur", affirme sa famille

Liban

L'ancien cadre de l'ALS "n'a jamais pu obtenir la nationalité israélienne", selon un communiqué publié par sa femme et ses filles. 

OLJ
23/09/2019

La famille de Amer Fakhoury, ex-cadre militaire de l'Armée du Liban-Sud arrêté à son retour au Liban il y a une dizaine de jours, a affirmé lundi qu'il n'était "ni un boucher ni un collaborateur" d'Israël, assurant qu'il n'avait jamais reçu de passeport israélien. 

"Amer Élias Fakhoury n'est ni un boucher, ni un collaborateur, et il n'a commis de faute envers aucun Libanais", écrivent la femme et les filles de l'ancien responsable de l'ALS, une ancienne milice armée et financée par Israël, dans une lettre envoyée aux médias libanais. Elles précisent qu'il s'est "engagé pour défendre les habitants du Liban-Sud après les massacres et violations palestiniennes" et qu'il a tout fait pour "soutenir l'indépendance et la souveraineté du Liban sur l'entièreté de ses terres" dès qu'il en a eu l'occasion. 

Après un retour sur le parcours de M. Fakhoury, sa famille explique que lorsqu'il était en charge de la prison de Khiam, il "veillait à répondre à tous les besoins des prisonniers, surtout pendant les périodes de fêtes, aux dépens du temps passé avec sa propre famille". Elle affirme que, dès 1996, il a fait partie des fondateurs d'un mouvement qui avait pour objectif de lutter contre l'occupation israélienne et l'ALS et de "refuser toute tutelle étrangère". "Ce mouvement a été étouffé dès sa naissance et nombre de ses membres ont été incarcérés à Khiam. Amer a arrêté de recevoir son salaire, il a dû rendre les armes et a été assigné à domicile", ajoutent la femme et les filles de M. Fakhoury.
"En 2000, il était présent à la frontière lorsque Israël s'est retiré du Liban et il a été obligé de passer en territoire israélien, alors qu'il n'avait pas son passeport", poursuit le texte, dans lequel la famille explique avoir alors été "obligée de rester confinée à l'intérieur de son domicile, sans aucun moyen de communiquer". "Nous avons été la cible d'une enquête acharnée et accusées d'être en contact avec Amer et de le cacher", ajoute-t-elle. 



(Lire aussi : Nasrallah : Ceux qui ont collaboré avec Israël doivent être jugés)



"Isolement et mauvais traitements" en Israël
La famille souligne qu'à cette époque, Amer Fakhoury "voulait rentrer au Liban", mais ne l'a pas fait, sachant que tous ceux qui retraversaient la frontière "disparaissaient, étaient tués dans des circonstances douteuses ou étaient torturés et arrêtés de façon illégale avant d'être jugés". La famille de l'ancien responsable de l'ALS souligne encore qu'en Israël, il a "souffert d'isolement et de mauvais traitements" et n'a jamais pu obtenir la nationalité, étant donné qu'il n'avait pas son passeport. "Il a ensuite pu obtenir un laisser-passer qui lui a permis de déménager aux États-Unis, où nous l'avons retrouvé", raconte la famille qui explique avoir obtenu la nationalité américaine "après la naissance de leur dernier enfant". La famille ajoute que Amer Fakhoury avait refusé de changer de nom lorsqu'il a obtenu son passeport américain, "alors qu'il en avait le droit", et qu'il était très actif dans la vie de la diaspora libanaise aux États-Unis, où il était régulièrement invité à des événements par l'ambassade.
"Il est rentré au Liban, persuadé qu'il ne serait plus considéré comme coupable", ajoute le communiqué, estimant que son arrestation est "exploitée à des fins politiques". 

La juge d’instruction militaire Najat Abou Chacra a lancé le 17 septembre un mandat d’arrêt à l’encontre de Amer Fakhoury, qui avait été placé en détention provisoire à son retour au Liban. Lundi, la juge a interpellé quatre ex-détenus dans la prison de Khiam afin qu'ils donnent leur témoignage dans le cadre de cette affaire.

En 1996, Amer Fakhoury, qui était en charge de la prison de Khiam où il aurait commis selon des sources judiciaires les pires actes de torture, avait été condamné par contumace à 15 ans de prison pour collaboration avec Israël. Se croyant couvert par la prescription, il a voulu rentrer au pays, ne s’attendant pas à ce que les autorités l’appréhendent pour d’autres crimes, notamment l’obtention présumée de la nationalité israélienne.



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Citoyen

Si une vraie enquête, sérieuse et non orientée, pourrait être faite, ça serait le meilleur moyen de faire remontrer la vérité. Mais au Liban les enquêtes relèvent toujours de la science fiction. Pour le moment on ne peut ni condamner ni innocenter. L’expérience m'a appris la sagesse et la retenue.

Yves Prevost

Dr. Jekyll ou Mr. Hyde?

Tina Chamoun

Censurée encore une fois et pourtant je n'ai insulté personne. Vous devenez très susceptibles. Ça ne m'encourage nullement à renouveler mon abonnement bientôt.

Bery tus

Alors qu’une enquêtes soit ouverte une enquêtes indépendante ... et par la même occasion ouvrir une enquêtes sur tous ceux qui sont porté disparue à cause du retrait de tsahal... il faut suivre le menteur jusqu’a Sa porte

Le Point du Jour.

Bref c'est un Saint!
Alléluia!!!

Amère Ri(s)que et péril.

Si c'est pas un boucher, c'est pas non plus un chef étoilé Michelin.

Amère Ri(s)que et péril.

Pour ma famille je suis le prophète Moussa.

Mais je ne les crois pas.

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