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Politique - Négociations Liban/Israël

Le Hezbollah appelle les autorités à renoncer à « l'illusion de la paix » avec Israël

Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan évoque pour sa part les risques de « conflits intérieurs ».

Le Hezbollah appelle les autorités à renoncer à « l'illusion de la paix » avec Israël

Rassemblement dans la banlieue sud de Beyrouth, le 1er mars 2026 à l’appel du Hezbollah en hommage au défunt guide suprême iranien, Ali Khamenei, et en soutien à la République islamique d’Iran. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Le Hezbollah a vivement critiqué pendant le week end les négociations directes menées jeudi et vendredi à Washington entre les délégations libanaise et israélienne, appelant les autorités libanaises à s'abstenir de faire des « choix déviants » dans ces pourparlers. Le parti chiite leur a en outre demandé de « renoncer à l'illusion d'un accord de paix » avec l’État hébreu.

« Nous appelons les autorités libanaises à ne pas aller trop loin dans des choix déviants avec l’ennemi, compte tenu des graves répercussions que cela aura sur la stabilité au Liban. Nous leur demandons aussi de mettre fin à la série de concessions gratuites (...) Nous exigeons qu'elles privilégient l'intérêt national et renoncent à l'illusion de parvenir à un accord de paix avec cet ennemi usurpateur, avide et occupant », a déclaré le Hezbollah dans un communiqué publié samedi. Il a également affiché son « rejet catégorique de tout diktat, toute pression ou toute tutelle extérieure, qu'elle soit américaine ou autre, qui tente d'imposer par la force au Liban une voie et un destin portant atteinte à sa souveraineté, à son indépendance et à sa dignité ».

Dans son communiqué, la formation pro-iranienne a mis en garde contre les « tentatives de reproduire » un accord similaire à celui du 17 mai 1983, date de la signature d'un accord de paix entre le Liban et Israël, parrainé à l'époque par les États-Unis sous le mandat du président Amine Gemayel. Cet accord n'avait jamais été ratifié par le Parlement libanais avant d'être annulé. « Alors que des tentatives sont en cours pour reproduire quelque chose de plus dangereux et déviant encore que l’accord du 17 mai, les autorité libanaises ignorent les leçons et enseignements de l’histoire (...) dans une violation explicite et flagrante de la Constitution libanaise et des lois », a prévenu le Hezbollah.

Réunis jeudi et vendredi à Washington, le Liban et Israël ont décidé de prolonger de 45 jours le cessez-le-feu, qui devait arriver à échéance dimanche. Ces pourparlers, menés côté libanais par l’ancien ambassadeur Simon Karam, sont qualifiés de « complot » par le Hezbollah, qui continue de se battre contre les forces israéliennes occupant une partie du Liban-Sud. Dans un communiqué publié au terme des négociations, la délégation libanaise s'est félicitée des résultats obtenus et a évoqué des « progrès diplomatiques tangibles en faveur du Liban ».

Décisions « impies »

« Qu'est-ce que l'implication des autorités libanaises dans les concessions depuis l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 a apporté au Liban ? Quels ont été les résultats des décisions impies des 5 et 7 août, notamment l'acceptation de la participation civile au « mécanisme » puis le lancement de négociations directes ? », s'est encore demandé le Hezbollah.

« Les autorités ont adopté cette approche sous prétexte qu'il s'agissait du seul moyen d'obtenir un cessez-le-feu et de mettre fin aux attaques israéliennes, malgré les violations constitutionnelles et l'absence de consensus national autour de cette option. Aujourd'hui, un mois après avoir suivi cette voie, quel en est le bilan pour le Liban ? Au lieu d'abandonner cette approche, elles se préparent à emprunter une voie politique et sécuritaire, ajoutant ainsi une nouvelle concession gratuite à l'ennemi », a encore critiqué le parti chiite. « Cet ennemi, après chaque cycle de négociations, réagit en intensifiant ses attaques, en ciblant davantage les villages et les villes libanaises, en continuant de tuer des Libanais, de détruire leurs maisons et de violer la souveraineté du pays », poursuit le communiqué.

Les prochaines séances de négociations comporteront un volet politique dont la deuxième session se tiendra en juin, et un volet sécuritaire qui débutera le 29 mai et en constitue l’axe central.

Le Hezbollah a par ailleurs appelé les autorités libanaises à travailler au retrait complet de l'armée israélienne du Liban, la cessation « définitive et totale » de l'agression, la libération des prisonniers, le « retour immédiat et digne » des déplacés dans leurs localités d'origine, ainsi que « la reconstruction sans aucune restriction, condition ni obstacle d'aucune sorte ». Le parti chiite a enfin dénoncé les « projets d'implantation » d'Israël au Liban, assurant que l’État hébreu cherche à priver le pays de ses ressources naturelles.

Critiques chiites

De son côté, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, réputé proche du Hezbollah, a aussi critiqué samedi les autorités, les accusant de s’aligner sur Washington contre la « résistance » et de pousser le Liban vers des tensions confessionnelles. « Indépendamment de notre manque de confiance envers l’autorité actuelle mise en place par le parrain américain, il est certain que celle-ci ne se soucie du Liban que pour assoir son pouvoir », a critiqué le dignitaire religieux.

Il a également estimé que « l’État libanais achète la sécurité auprès d’Israël au prix d'une atteinte à la paix civile ». Pour lui, « le danger le plus grand réside dans la démarche des autorités qui ont silencieusement donné leur accord à Washington pour ouvrir une voie sécuritaire entre l’armée sioniste et l’armée libanaise, afin de coordonner le désarmement de la résistance et d’empêcher toute force souveraine qui s’opposerait à l’hégémonie et aux ambitions d’Israël au Liban et dans la région ». Le mufti Kabalan a enfin considéré que le Liban fait face « à une crise confessionnelle qui nous rappelle les crises les plus dangereuses du pays et ce qu’elles signifient en termes de conflits intérieurs et de projets de guerre civile ».

Le chef religieux a remis le couvert dimanche lors d’une autre prise de parole relayée par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle) : « Ce que nous vivons aujourd’hui constitue un processus qui nous place face à une catastrophe encore plus grave que le 17 mai, car le pouvoir de ce pays cherche à brûler le Liban et sa coexistence civile à tout prix. »

Toujours dimanche, d’autres figures du Hezbollah et de son allié le mouvement Amal ont également profité du 43e anniversaire de l’accord du 17 mai 1983 pour critiquer celui conclu vendredi. Le député du groupe Berry, Kassem Hachem, a ainsi déclaré qu’Israël « tente de reproduire ce qu’il n’avait pas réussi à obtenir à l’époque », à savoir « soumettre » le Liban à son « hégémonie ». Dans un communiqué, le mouvement Amal, présidé par le chef du Parlement, a appelé les Libanais à « se rappeler de toutes les constantes qui ont permis de faire échouer les objectifs des guerres d’agression israéliennes, lesquelles, aujourd’hui comme hier, visent bien le Liban dans son modèle, son rôle et sa mission ». Il a aussi mis en garde contre « les dangers de tomber dans les pièges des divisions internes, dont seul l’ennemi israélien profite ».

Le député du Hezbollah Ihab Hamadé a déclaré que « la prolongation d’une trêve ou d’un cessez-le-feu ne constitue malheureusement, de la part des autorités libanaises, qu’une couverture offerte à l’ennemi israélien pour lui permettre de perpétuer sa politique de meurtre, de destruction et d’expansion géographique de son occupation ». Un autre élu du mouvement chiite, l’ancien ministre Hussein Hajj Hassan, a estimé que ces négociations directes avaient « plongé l’autorité dans une impasse ».

Le Hezbollah a vivement critiqué pendant le week end les négociations directes menées jeudi et vendredi à Washington entre les délégations libanaise et israélienne, appelant les autorités libanaises à s'abstenir de faire des « choix déviants » dans ces pourparlers. Le parti chiite leur a en outre demandé de « renoncer à l'illusion d'un accord de paix » avec l’État hébreu.« Nous appelons les autorités libanaises à ne pas aller trop loin dans des choix déviants avec l’ennemi, compte tenu des graves répercussions que cela aura sur la stabilité au Liban. Nous leur demandons aussi de mettre fin à la série de concessions gratuites (...) Nous exigeons qu'elles privilégient l'intérêt national et renoncent à l'illusion de parvenir à un accord de paix avec cet ennemi usurpateur, avide et...
commentaires (15)

“Qui vis pacem para bellum” Au president de la republique…..

Robert Moumdjian

11 h 38, le 20 mai 2026

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Commentaires (15)

  • “Qui vis pacem para bellum” Au president de la republique…..

    Robert Moumdjian

    11 h 38, le 20 mai 2026

  • Il serait plus logique que ces vendus renoncent à leurs armes et leur loyauté à un pays étranger aux dépens du leur. Ils ont encore le culot de parler d’occupation alors qu’ils ont utilisé tous les moyens offerts par un pays étranger pour faire envahir le notre avec toutes les destructions et les morts prévisibles pour satisfaire leurs maîtres sanguinaires qui n’ont même pas de pitié pour leur propre peuple qu’ils assassinent sans l’ombre d’une culpabilité ou de remords, pour conserver leur pouvoir usurpé par la terreur. Ils veulent reproduire le même she as chez nous.

    Sissi zayyat

    11 h 55, le 18 mai 2026

  • L’invasion de certaines régions du Liban par les vendus, à l’époque où notre pays n’était pas encore envahi, en dit long sur la volonté de paix de ces pions étrangers qui veulent détruire notre pays en prétextant le défendre. Le seul risque que nous courons serait de prêter attention à ce qu’ils racontent comme balivernes et de les laisser faire pour avoir l’exclusivité des armes et nous soumettre à leur volonté, comme le peuple iranien, par la terreur et les menaces incessantes suivies d’actes de sabotages et de pillages agrémentés d’assassinats des patriotes insoumis pour « combattre Israël

    Sissi zayyat

    11 h 48, le 18 mai 2026

  • Si les israéliens voulaient la paix au Liban, ils respecteraient au moins la trêve soi-disant reconduite mais ils veulent nous détruire et, à travers le hzb, détruire tout le Liban du sud au nord, de l'est à l'ouest et d'incomber la destruction du Liban au hzb est une aberration totale car c'est israel qui détruit notre pays et ce, depuis bien longtemps, avant même que le hzb n'existe, parti qui est le résultat entre autre de l'invasion israélienne de Beyrouth en 1982.

    MeK

    19 h 01, le 17 mai 2026

  • El tous les Libanais appellent Ha'zbala a renoncer a l'illusion de la victoire!!! Simple!

    Cadmos

    17 h 20, le 17 mai 2026

  • Déclarations sommes toutes habituelles, affligeantes et fourrées avec un mélange de mensonges, contrevérités, menaces ... Illusion de paix, c'est vrai que eux barbus nous offrent le vrai sans sourciller : guerre destructions, morts et réfugiés en pagaille, la perte de plus 500km2, ça c'est du concret et aucune place à l'illusion. L'intérêt national, celui q'ils ont piétiné en déclenchant une guerre contre l'avis de la majorité. La tutelle, ils préfèrent certes celle de l'Iran. Et enfin les rappels aux tentatives d'accord de 1983, et leurs conséquences ne sont que des menaces à peine voilées.

    Zeidan

    11 h 33, le 17 mai 2026

  • """ Le Hezbollah appelle les autorités à renoncer à « l'illusion de la paix » avec Israël """ vrai, faudra tout aussi bien renoncer a l'illusion de desarmer la milice iranienne !

    L’acidulé

    09 h 10, le 17 mai 2026

  • Le Hezbollah parle "d'atteinte à la paix civile". Normal! Pour lui, le mot "paix" est la pire des obscénité. Inadmissible! Insupportable! Si le pouvoir libanais tient à établir une paix extérieure, alors, il lui faudra bien déclencher une guerre intérieure. Logique!

    Yves Prevost

    08 h 07, le 17 mai 2026

  • Que le Hezbollah refuse toute négociation pouvant, éventuellement, aboutir une paix, ne surprend personne. La guerre étant son fond de commerce, son unique raison d'être. UN cauchemar pour lui: une paix qui réduirait au chômage ses miliciens et rendrait obsolète son arsenal, mais surtout, un, l'avènement d'un Etat souverain et fort qui empêcherait la poursuite de tous ses petis trafics. Cependant, là où cela devient franchement comique, c'est lorsqu'il accuse le pouvoir d'une " violation explicite et flagrante de la Constitution libanaise et des lois", lui qui a toujours vécu en dehors d'elles

    Yves Prevost

    07 h 52, le 17 mai 2026

  • Le peuple libanais appelle le Hezbollah à renoncer aux armes et à leurs intentions perpétuelles de guerres, de morts et de destructions.

    Achkar Carlos

    06 h 20, le 17 mai 2026

  • C’est devenu fastidieux de répondre à ces gens là. Toujours les mêmes bons “conseils” et les mêmes menaces de guerre civile. Leur seul but maintenant c’est défendre la dignité des Libanais, un nouveau slogan publicitaire. Plus ils reçoivent des coups et plus ils nous en veulent de vouloir sauver les plumes qui leur restent. On peut être criminel , vendu et stupide à la fois, la preuve !

    NG

    06 h 01, le 17 mai 2026

  • Et après de tuer de milliers de libanais et de laisser sans maison, travail et patrie à des milliers ces gens veulent qui ont les accepte et venir à faire du tourisme sur la tombe de ceux qu’ils ont assassiné?

    Jorge Jure

    05 h 42, le 17 mai 2026

  • Le fait de neutraliser les terroristes du Hezbollah s’appelle selon le Hezbollah et cie « concessions gratuites « vivement qu’ils dégagent et que l’armée libanaise prenne le relais. Le liban et les libanais… n’avons pas besoin de ces terroristes et mercenaires intégristes islamistes à la solde des enturbannés iraniens. Même le peuple iranien ne veut pas plus de ces enturbannés alors qu’au liban une minorité a subi un lavage de cerveau et pense que le Hezbollah sert les intérêts du liban .Alors qu’il n’obéit qu’aux ordres de sa hiérarchie des religieux et des gardiens de la révolution iranienne

    LE FRANCOPHONE

    00 h 59, le 17 mai 2026

  • Encore des menaces et toujours des menaces. Le Hezbollah oublie qu’il est le seul être armé, les autres ne le sont pas. Donc si tensions confessionnelles, c’est lui qui les provoquera. Voilà à quoi servent véritablement les armes iraniennes du Hezbollah: a terroriser les libanais non chiites.

    Ras le bol

    00 h 18, le 17 mai 2026

  • Le parquet ne pourrait il pas qualifier tous ces sois disants conseils de faire ou de ne pas faire faute de quoi il y aura des " conséquences" sur la stabilité intérieure comme des menaces contre la paix civile? On en a marre de ces menaces voilées dignes des films de mafia. On sait que le hezballah est criminel, donc il faut prendre ces menaces veloutées comme telles. Il faut aussi sortir du 2 poids 2 mesures. Israel est l'ennemi. Soit. Mais aussi le régime de Bachar : le hezballah et amal qui l'ont soutenu sont des traitres á la patrie. Il faut poursuivre leurs membres á ce titre.

    Moi

    22 h 52, le 16 mai 2026

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