Liban-Israël

D’anciens détenus de Khiam réclament la peine de mort pour Amer Fakhoury

Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées devant le site du centre de détention pour crier leur colère après le retour du directeur de la prison au Liban.

Deux femmes portant les photos de leurs proches morts dans la prison de Khiam, alors que sur la pancarte, on peut lire : « Ce sont les agents israéliens qui ont tué les martyrs et trahi le pays ». Photo Mohammad Yassine

Un vif sentiment de colère mêlée à la douleur était perceptible hier chez les anciens détenus de Khiam (prison célèbre durant l’occupation israélienne du Liban-Sud) et dans les prisons israéliennes, qui se sont rendus devant le site du sinistre bâtiment, le temps d’un sit-in, pour exprimer leur indignation après le retour au Liban mercredi de Amer Fakhoury, ancien responsable de la milice pro-israélienne de l’Armée du Liban-Sud et directeur de la prison de Khiam durant l’occupation israélienne. Surnommé par les anciens détenus « boucher de Khiam », Amer Fakhoury est actuellement en détention. Il doit être entendu demain par la juge d’instruction militaire Najat Abou Chakra.

Devant le site de cette ancienne prison, dont il ne reste que des ruines, plusieurs centaines d’anciens détenus, leurs familles et celles des détenus morts des suites des tortures subies à Khiam ont appelé à infliger à Fakhoury les sanctions les plus sévères. Le sit-in était organisé à l’invitation de l’association des anciens détenus qui compte des membres du Hezbollah, du mouvement Amal, du Parti communiste et du PSNS (Parti syrien national social).


(Lire aussi : Amer Fakhoury sera interrogé mardi par le juge d’instruction militaire)



Les manifestants brandissaient des photos de détenus ayant péri à Khiam, ainsi que des pancartes sur lesquelles on pouvait lire notamment : « La peine de mort pour le boucher de Khiam », « Qui a facilité le retour du boucher ? »

« Non aux agents dans le pays des martyrs », « Ce sont les agents israéliens qui ont tué les martyrs et trahi le pays », « L’histoire n’oubliera pas… et les martyrs ne pardonneront pas ».Raja’i Abouhammine a passé huit ans dans cette prison où il a vécu les formes les plus horribles de torture. « Dix de nos compagnons de prison sont morts sous l’effet de la torture, d’autres ont contracté des maladies chroniques en raison des sévices mais aussi des conditions misérables dans lesquelles nous vivions. Ils sont décédés peu de temps après notre libération » en 2000, après le retrait israélien du Liban, explique-t-il à L’Orient-Le Jour. Se prononçant au nom des anciens détenus, il déclare que « les hommes au pouvoir accèdent à leurs postes aux dépens des détenus et de la résistance de leurs familles ». « Nous sommes nombreux à être convaincus que Amer Fakhoury bénéficie d’une couverture politique, sinon il n’aurait pas pu rentrer », affirme encore Raja’i à L’OLJ. « Les anciens détenus sont présents aujourd’hui pour crier leur colère et dire que son retour au Liban n’est qu’un des nombreux marchés qui sont en train d’être conclus dans ce pays », poursuit-il. Hier à Khiam, la colère était particulièrement forte. Une colère illustrée par les propos de Raja’i qui assure qu’aujourd’hui les ex-détenus demandent « qu’il soit torturé de la même façon qu’il ordonnait notre torture, que la nationalité libanaise lui soit retirée et qu’il soit condamné à la peine de mort puisqu’il est détenteur de la nationalité israélienne ».


(Lire aussi : « C’est Amer Fakhoury qui orchestrait les séances de torture » à la prison de Khiam)



Des procès contre Fakhoury

« Il est inconcevable de traiter ceux qui ont des liens avec l’ennemi (israélien) ou avec l’armée des traîtres (l’ALS) de la même manière » que toute autre personne poursuivie en justice, a estimé le député Kassem Hachem, membre du groupe parlementaire du président du Parlement Nabih Berry, qui s’est rendu hier sur les lieux afin de soutenir les manifestants. « Ceux qui œuvrent à accorder des facilités à ces agents doivent être sanctionnés comme eux », a-t-il martelé.

De son côté, Hanna Gharib, secrétaire général du Parti communiste, a appelé « à infliger des sanctions sévères, non seulement à Amer Fakhoury, mais à ceux qui ont œuvré pour qu’il rentre au Liban et sont toujours en liberté ».

Plusieurs autres allocutions ont également été prononcées appelant aussi à infliger à Fakhoury les sanctions les plus sévères et à ne pas faire preuve de bienveillance avec les collaborateurs avec Israël, notamment ceux qui avaient un rôle au sein de la prison de Khiam.

À Khiam, on annonçait aussi hier qu’à partir d’aujourd’hui, des procès seront intentés contre Fakhoury par d’anciens détenus et des familles de victimes.


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Et que ce qu'ont fait ceux que la Syrie a enlevé ?

Eleni Caridopoulou

20 h 31, le 20 septembre 2019

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Commentaires (4)

  • Et que ce qu'ont fait ceux que la Syrie a enlevé ?

    Eleni Caridopoulou

    20 h 31, le 20 septembre 2019

  • Un peu d'humanité ne fait pas du mal. Je sais la règle dans la rue politique et je connais la régle aussi dans la rue médiatique : Quand vous êtes dans la tourmente, il n'y a plus personne." Nicolas Sarkpzy

    Honneur et Patrie

    15 h 16, le 16 septembre 2019

  • C'est de leur plein droit de réclamer l'application de la peine de mort pour ce bourreau boucher . À ce que je vois , cet canaille n'a même pas besoin d'avocats , ça se bouscule au portillon pour le défendre, ici et là.

    FRIK-A-FRAK

    11 h 54, le 16 septembre 2019

  • LE PAYS A LA JUSTICE ET DES LOIS. CE N,EST PAS LES MANIPULES DES RUES QUI DECIDENT, QUE LA JUSTICE PRENNE SON COURS ET SE PRONONCE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    00 h 56, le 16 septembre 2019